A l’occasion de sa grande vente de fin d’année, la maison Aguttes propose une sélection d’automobiles italiennes, dont une magnifique collection de Fiat et de Lancia, rares en France. Des Alfa Romeo de course et la Ferrari BB 512i de Jean-Paul Belmondo complèteront ce rendez-vous incontournable des amateurs de voitures de collection.
S’il n’est pas rare de croiser des automobiles italiennes dans les ventes aux enchères, celles-ci ont souvent été commercialisées sur le sol français. La vente de la maison Aguttes en compte d’ailleurs plusieurs exemplaires, mais l’amateur de raretés sera davantage attiré par une série de modèles italiens n’ayant jamais été distribués en France. C’est le cas de plusieurs Fiat d’avant-guerre. La plus ancienne est la 505 Torpedo de 1924, dotée d’une belle patine (10 000 — 15 000 euros). La plus recherchée reste cependant la 1100 ES coupé Pininfarina de 1951, époque durant laquelle ces voitures étaient carrossées à l’unité et à la main. Ce modèle n’est autre que l’un des dix exemplaires produits et éligibles à la course Mille Miglia historique. Autant d’éléments qui justifient son estimation comprise entre 120 000 et 180 000 euros. Autre rareté, un cabriolet 6 cylindres 1 500 de 1939, carrossé par Balbo, arbore des lignes harmonieuses, fruits d’un mélange d’influences américaines et italiennes (60 000 — 100 000 euros).
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1924 – FIAT 505 TORPÉDO
Belle patine
Intéressant torpédo
Rare sur le marché
Vendue sans carte grise
Châssis n° 5241627
A la sortie de la Première Guerre Mondiale, l’heure est à la reconstruction et la demande de solutions de mobilité est forte. Le constructeur automobile italien dispose déjà de la 501 à son catalogue, mais les ingénieurs planchent sur un véhicule plus performant. La 505 repose sur un châssis échelle et propose des dimensions extérieures plus importantes, un empattement plus long et un capot plus arrondi. Fiat commercialise dès lors le véhicule en châssis nu, ou en versions cabriolet, roadster et berline 4-portes. Pour les versions cabriolet et roadster, le constructeur a placé les roues de secours à l’extérieur de la carrosserie, derrière les ailes. L’intérieur est doté d’un tableau de bord plat avec compteurs placés au centre. Le volant se trouve sur le côté droit de la voiture. Selon la version, il y avait une ou deux portes pour les passagers avant, qui étaient assis sur une banquette. Une deuxième banquette était placée à l’arrière pour deux autres occupants. Fiat a installé le même système de suspenssion que sur la 501 avec deux essieux rigides et des ressorts à lames. Mais elle a amélioré le véhicule avec un démarreur électrique, des freins sur les quatre roues et une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports. Sous le capot, la 505 était équipée d’un moteur de 2,3 l à quatre cylindres avec des soupapes latérales qui fournissaient plus de couple que la 501, et de ce fait, le châssis était utilisé comme plate-forme pour les véhicules utilitaires. La 505 sera produite de 1919 à 1925 avant de laisser place à la 507.
La voiture que nous présentons est une Fiat 505 Torpédo fabriquée en 1924. Elle a bénéficié d’une restauration complète il y a de nombreuses années et se trouve aujourd’hui dans un bon état général. On notera la belle patine de l’ensemble qui lui confère un certain charme. Sa carrosserie présente une teinte verte avec rappel de cette couleur sur le châssis, les jantes ou encore les tambours de freins. Dans l’habitacle on retrouve une sellerie de cuir noir avec moquettes assorties. Le tableau de bord en bois possède un élégant liseré clair que l’on retrouve également sur les boiseries des portes. Les différents compteurs sont bien présents et en bon état. Sous le capot, on retrouve le 4-cylindres 3,0 l tipo 105 qui nécessitera une remise en route. La capote de notre torpédo se trouve également dans un état satisfaisant, et on notera la présence de side-screens contemporains permettant de se protéger des intempéries. Notre bel exemplaire est aujourd’hui présenté à la vente sans prix de réserve, il constituee ainsi une belle opportunité pour tout amateur de la marque turinoise. Voir le lot
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1966 – FIAT 1500 COUPÉ PININFARINA
Style Pininfarina
Modèle rare
Mécanique facile
Sans carte grise
Châssis n° 118K*045234
Lancée à l’automne 1961, la Fiat 1500 berline succède à la 1200 Granluce. Le constructeur turinois, dont l’image est essentiellement associée à la production de voitures de grande série, souhaite cependant faire son entrée sur le marché de marques au tempérament plus sportif et aller concurrencer notamment les anglaises MG et Triumph, ainsi que son compatriote Alfa Romeo. C’est dans ce contexte qu’un accord est signé avec la célèbre entreprise de carrosserie voisine, Pininfarina, à laquelle est confiée la mission d’élaborer une version cabriolet et coupé de la 1500. Le résultat se traduit par une carrosserie au trait équilibré et des lignes allongées très séduisantes contenues entre des phares ronds à l’avant et des feux arrière positionnés verticalement du plus bel effet. Jusqu’à la fin de l’année 1964, les cabriolets et coupés seront pourvus d’un moteur 4-cylindres de 67 ch et d’une boîte de vitesses manuelle à quatre rapports. En 1965, les deux versions héritent des évolutions techniques apportées sur les 1500 C Berline et Familiare. Ainsi, la puissance du moteur est portée à 75 ch, tandis que la boîte de vitesses compte désormais cinq rapports. La vitesse de pointe passe de 160 à 165 km/h, le 0 à 100 km/h est parcouru en 15,1 secondes. En plus des versions standard dotées du simple arbre à cames 1 500 cm3, des versions sportives S bénéficieront de la collaboration avec OSCA (i.e., les frères Maserati) et de moteurs double arbres 1 500 cm3 de 80 ch, puis 1 600 cm3 de 90 ch lointains cousins du moteur de la barquette MT4 de compétition. La production des 1500, cabriolet et coupé, prendra fin en 1967, la 1500 Coupé n’ayant été assemblée qu’à environ 2 200 exemplaires. Autres signes révélateurs de la montée en gamme de la Fiat 1500, les versions signées Pininfarina bénéficieront d’assises et dossiers revêtus de cuir (option sur demande dès 1963) et d’un tableau de bord élégant doté d’une instrumentation complète. Enfin, dernier détail propre aux millésimes 1965 et 1966, le sigle trapézoïdal cède sa place à celui rond entouré de lauriers, en hommage au glorieux passé de la marque en compétition au début du siècle. Le Coupé 1500 Pininfarina présenté ici est donc d’une grande rareté. Ce très élégant coupé a semble-t-il roulé jusqu’au début des années 1990. Il se présente aujourd’hui à nous comme une auto à laisser dans son jus et à remettre en route facilement ou, pour celui qui voudrait une auto en état concours, comme une très intéressante base de restauration. Le moteur n’est pas bloqué, la plateforme présente quelques traces de rouille, et l’intérieur des déchirures. Voir le lot
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1939 – FIAT 1500 B Cabriolet BALBO
Rare carrosserie Balbo
Présumée unique
Moteur 6-cylindres
Titre de circulation italien
Châssis n° 33045
Présentée au Salon International de Milan le 9 novembre 1935, la Fiat 1500 se fait remarquer par sa ligne résolument novatrice. Ce nouveau modèle de la marque s’inscrit dans le haut de gamme. Mieux, il répond à un cahier des charges prenant désormais en compte les considérations aérodynamiques qui vont influer sur la conception même de la voiture. Précurseur dans ce domaine, Fiat dispose déjà d’un tunnel de mesures grandeur nature. La 1500 sera donc le premier modèle dont les lignes seront élaborées selon un concept novateur pour l’époque : l’aérodynamisme. Développée en soufflerie, la carrosserie de la 1500 étonne par sa calandre avant très inclinée destinée à réduire la traînée aérodynamique. Ce qui ne l’empêchera pas d’être remplacée par une calandre verticale plus conventionnelle en 1940, sans doute sous l’effet de la mode. Quoiqu’il en soit, cette même ligne sera également reprise sur les Fiat 1100 et 2800. La carrosserie qui habille la 1500 abrite un châssis échelle avec une suspension avant indépenndante qui constitue une première sur un modèle de la marque. Son moteur est un 6-cylindres de 1 493 cm3 à soupapes en tête développant 45 ch, transmis aux roues arrière par une boîte de vitesses à quatre rapports, permettant une vitesse maximale de l’ordre de 113 km/h. Ce bloc moteur restera d’ailleurs pendant longtemps parmi les plus petits 6-cylindres au monde. Aux côtés de la berline standard, Fiat complète sa gamme en développant la version cabriolet. Au total, 25 650 exemplaires de la 1500 seront produits. Comme cela était d’usage à l’époque, la 1500 sera également proposée en version châssis seul pour les carrossiers indépendants. En 1939, peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Fiat présentera une seconde série à peine retouchée de son premier modèle : la 1500 B. Cette version produite à 9 906 exemplaires verra la puissance de ses freins augmenter. Suivront les versions 1500 C en 1940, avec une ligne retouchée et une calandre plus imposante. Puis la 1500 D, en 1948, avec une puissance moteur augmentée à 47 ch, une nouvelle direction et de nouvelles suspensions avant. La Fiat 1500B de la collection Anna Lisa sortit des ateliers de la Carrozzeria Italiana di Torino, autrement connue sous le nom de Balbo, en août 1939, à quelques semaines de la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Cette fameuse carrosserie fut créée par Alfonso Balbo en 1914, se faisant rapidement remarquer pour ses hard tops, qui transformaient habilement des torpédos en carrosseries intérieures. La Fiat qui illustre ces pages et caractéristiques des productions Balbo des années 1940, avec des lignes très américaines, grâce à une calandre très prononcée, des ailes hyper stylisées et l’adoption des spats à l’arrière, La voiture connut seulement une poignée de propriétaires avant d’être restaurée à grands frais au tout début des années 1990. Elle arbore aujourd’hui une superbe patine et semble nécessiter une petite remise en route avant d’emmener son futur propriétaire en balade à l’assaut des cols alpins, en direction des plus prisés concours d’élégance. Voir le lot
Des Alfa Romeo de carrossiers
Dans cette vente prestigieuse, la marque italienne Alfa Romeo est également représentée, avec quelques-unes des plus grandes classiques, à commencer par une 6C 2500 S Freccia d’Oro de 1950, l’aboutissement d’une lignée prestigieuse née avant la guerre. En témoigne sa ligne encore marquée par les ailes semi-apparentes, la conduite à droite et le moteur 6C 2 500 identique aux modèles de compétition. Avec sa carrosserie usine soudée au châssis, elle annonce pourtant déjà la transformation radicale du constructeur. Rarissime, ce modèle en bel état de présentation est estimé entre 200 000 et 400 000 euros. Les amateurs remarqueront aussi l’Alfa Romeo 2600 SZ de 1966 qui n’a été produite qu’à 105 exemplaires (100 000 — 150 000 euros) et son héritière directe, l’Alfa Romeo 3000 SZ de 1990, comptant seulement 3 300 km au compteur (50 000 — 80 000 euros). La plus convoitée de toutes reste cependant l’Alfa Romeo Giulia TZ de 1965 ex Peter Kaus, exceptionnelle par son état d’origine, les automobiles de course étant le plus souvent accidentées. Dotée de ses moteurs, châssis, boîte de vitesses et pont d’origine, elle est l’une des plus originales de la petite série de 112 exemplaires produits (800 000 — 1 200 000 euros).
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1950 – ALFA ROMEO 6C 2500 S Freccia D’Oro
Incarnation du prestige Alfa Romeo
Modèle rarissime
Eligible aux Mille Miglia
Vendue sans carte grise
Châssis n° 916671
Moteur n° 927157
Entamée en 1939, la production de l’Alfa Romeo 6C 2500 s’inscrit dans la continuité du savoir-faire et de l’esprit automobile italien par excellence grâce à des ingénieurs de talent, dont le célèbre Vittorio Jano. Mais également à des carrossiers aussi réputés que Farina, Touring, Zagato, Ghia et Castagna. Déclinée en plusieurs versions allant des luxueuses berlines 5-places et limousines 6/7-places à des modèles plus sportifs, berlinettes, cabriolets et spiders, la 6C 2500 se révèle à l’époque d’une grande polyvalence, s’imposant aussi bien dans les plus prestigieux concours d’élégance qu’à l’occasion de compétitions sur route et sur piste. La Seconde Guerre mondiale mettra un coup d’arrêt au succès de ce modèle. Milan est bombardé à plusieurs reprises et les usines Alfa Romeo en grande partie détruites. À l’heure de la reconstruction, la marque au biscione décide de rebâtir au même endroit et sera en mesure de relancer sa production en 1946 avec la reprise d’un modèle d’avantguerre. La 6C 2500 incarne pplus que jamais la pérennité en perpétuant la grande tradition des sportives Alfa Romeo. Grâce à son moteur six cylindres de 2 443 cm3 à double arbre à cames en tête conçu pour la compétition, son freinage à tambours ailetés généreusement dimensionnés, son châssis nouvelle version avec essieu arrière à roues indépendantes de type Porsche parmi les plus avancés de toute la production mondiale et une direction précise, la 6C 2500 demeure une référence face à la concurrence et maintient ainsi le statut et la réputation la marque. L’Alfa-Romeo 6C 2500 Sport Freccia d’Oro (flèche d’or) fut donc la première voiture de l’après-guerre construite et commercialisée par la firme milanaise. Le système de fixation de sa carrosserie a été modifié. Il n’est plus boulonné, mais soudé aux longerons du châssis. Carrossée en interne, mais fortement influencée par le style Touring, ce nouveau Coupé 4/5-places se caractérise également par une silhouette moderne « deux volumes » à queue arrondie surnommée Gobbone (grande bosse). Comme cela est encore de tradition chez Alfa Romeo, le poste de conduite est à droite. Les Freccia d’Oro étaient assemblées par la Carrozzeria Alfa et équipées d’un moteur développant 90 ch qui permettait d’atteindre 155 km/h. Les premiers exemplaires furent vendus à partir de 1947 et jusqu’en 1952. Durant ces six années, un peu moins de 2 200 exemplaires de l’élégante berline 6C 2500 sortirent des usines de Portello, dont seulement 680 en version Freccia d’Oro. Il n’en resterait actuellement que 56 exemplaires dans le monde. Preuve de leurs excellentes performances et de leur fiabilité à toute épreuve, les Freccia d’Oro se sont illustrées à l’occasion de la première édition de la fameuse et rude Carrera Panamericana courue au Mexique en 1950. Piero Taruffi se classant à la 4e place, et Bonni-Bonetto à la 8e place. La Freccia d’Oro est une véritable icône de style, parmi les plus belles voitures de tous les temps. Elle incarne l’ultime chapitre de l’une des Alfa Romeo les plus prestigieuses et la fin de l’âge d’or de la marque. L’exemplaire de la collection Anna-Lisa a été livré neuf le 22 janvier 1951 à son premier propriétaire italien, Constantini Sevilli, qui la conserva durant trente-sept ans. Les différents actes de propriété dont nous disposons font état de sa vente le 21 novembre 1988 à messieurs Amilcare Spinapolice et Pietro Piacquadio. Cette Freccia d’Oro est ensuite acquise par Giuseppe Pappalardo le 23 septembre 1992, puis par un quatrième propriétaire le 11 mars 1994 avant de rejoindre la collection Anna-Lisa le 1er juillet 2019. Elle se présente complète, en bon état général, intérieur et extérieur, avec son moteur à redémarrer. Son compteur affiche 44 021 km. Notons qu’elle n’arbore plus sa couleur d‘origine Rosso Amaranto conservée jusque dans les années 1990. Cette Alfa Romeo rarissime constitue un superbe projet à laisser en l’état, ou pour une restauration complète qui redonnerait tout son brio à cette ambassadrice des plus belles heures de la marque. Voir le lot
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1990 – ALFA ROMEO 3000 SZ Moins de 3 300 km au compteur
Style avant-gardiste Zagato
Seulement 1 035 exemplaires
Cote en hausse
Vendue sans carte grise
Châssis n° 03000061
Autre exercice de style portant la griffe Zagato, l’Alfa Romeo 3000 SZ n’est pas passée inaperçue dans le paysage automobile du début des années 1990. Un modèle qui, trente ans plus tard, continue à faire tourner les têtes sur son passage. Dévoilé au salon de Genève 1989, ce modèle que d’aucuns prirent pour un concept car, n’est autre que le nouveau coupé sportif Alfa Romeo de l’époque. Mieux : il renoue avec la tradition de la propulsion chère aux puristes de la marque. Initialement baptisé du nom de code ES30 (pour Experimental Sportscar 3.0 l), ce projet mené conjointement par Amato Zagato, fils de Ugo, et le centre de Style Fiat, a laissé place à l’appellation SZ. Le modèle est proposé dans une couleur unique : le Rosso Alfa. Un seul exemplaire sera noir : celui réservé à Andrea Zagato. La voiture a été conçue techniquement d’après l’étude de Giorgio Pianta, ingénieur et directeur de l’équipe Fiat et Lancia en rallye. Sa plate-forme, ses suspensions montées sur rotules et ses freins à disques auto-venntilés de 284 mm de diamètre proviennent de la 75 Turbo Evoluzione Gr. A. Sa boîte-pont positionnée à l’arrière et la grande rigidité de sa caisse lui donnent une tenue de route très équilibrée par la répartition des masses quasi idéale (56/44) entre l’avant et l’arrière et un grip latéral évalué à 1,4 G permet une vitesse élevée en courbe. Son moteur est le V6 Alfa Romeo (Busso) de 2 959 cm3, ouvert à 60°, à deux soupapes par cylindre de la 75 3.0 America. Préparé par le département course Auto Delta de l’usine, il passe de 190 ch à 210/220 ch à 6 200 tr/min, permettant des accélérations de 0 à 100 en 7 secondes et une vitesse maxi de 250 km/h. Il est implanté à l’avant en position longitudinale et, au grand bonheur des puristes, accouplé à un ensemble transmission comprenant la boîte manuelle à cinq rapports qui transfère la puissance à l’essieu arrière, doté d’un pont de Dion. Dessinée et conçue en interne chez Alfa Romeo, la 3000 SZ se caractérise par des lignes massives qui lui ont valu le surnom amical de « il Mostro » (Le Monstre) par les admirateurs de la marque. Pour autant, son profil atypique a été calculé en soufflerie pour atteindre un inattendu CX de 0,30. Tous les éléments de carrosserie sont réalisés par en matériaux composites, à l’exception du spoiler fait en carbone et du toit en aluminium, typique de Zagato avec sa grande surface vitrée et son arrière abrupt qui rappellent la Giulia TZ des années 1960. La production du châssis-coque assurée chez Zagato sera volontairement limitée à 1 036 exemplaires numérotés, identifiés par une petite plaque sur la console centrale (dont 38 prototypes et modèles de pré-série). L’Alfa Romeo 3000 SZ de la collection Anna-Lisa est la 38e produite. Sa première immatriculation date du 18 juillet 1990. Elle est accompagnée de l’ensemble de sa documentation d’époque en italien ainsi que de son carnet d’entretien. Sa robe extérieure présente une belle patine d’époque. Son habitacle futuriste et dépouillé a conservé son volant trois branches, ses superbes sièges baquets en cuir Connoly fauve d’origine et un tableau de bord recouvert de cuir noir.
Ce modèle rarissime, chef d’oeuvre de la Carrozzeria Zagato, est un authentique collector pour les admirateurs de la marque et de voitures de sport en général. Doté d’un V6 à la voix de Diva qui ravira les plus mélomanes, cette italienne est la dernière propulsion Alfa avant la naissance de la 8C Competizione en 2008. Voir le lot
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1965 – ALFA ROMEO GIULIA TZ
L’une des plus originale Alfa Romeo TZ répertoriée
Dans la collection Rosso Bianco de Peter Kaus pendant près de 10 ans
Authentifiée et remise en route chez RS Historics
Opportunité unique d’acquérir une TZ à l’historique limpide et jamais accidentée
Vendue sans carte grise
Châssis n° AR750091
Moteur n° 00108
Carrosserie n° 818
L’Alfa Romeo TZ est assurément l’une des plus belles machines de course, toutes marques confondues, jamais produites durant les années 1960. Afin de pérenniser la réputation des versions sportives de sa Giulietta, la marque au biscione décide dès 1959 d’entamer la conception de la remplaçante de la SZ. Ainsi nait le projet 105.11 qui engendrera l’Alfa Romeo Giulia TZ, pour Tubolare Zagato. Contrairement à la SZ, la TZ sera conçue comme une authentique voiture de compétition-client qui sera homologuée pour la route, mais également en GT grâce au minimum de 100 exemplaires produits (112 seront finalement fabriqués). Le châssis de l’Alfa Romeo Giulia TZ est confié à deux ingénieurs de renom : Giuseppe Busso et Gioacchino Colombo, transfuges de Ferrari où ils ont travaillé sur la 125 S. Leur choix se porte sur une structure tubulaire (tubolare en italien) en acier soudée offrant une répartition des masses idéale et un poids de seulement 125 kg. Il est équipé de freins à disques (inboard à l’arrière) et de susspensions indépendantes sur les quatre roues. La carrosserie en aluminium est de nouveau confiée à Zagato et à son designer Ercole Spada qui réalise une étude aérodynamique poussée. En résulte une sobriété des lignes synonyme d’efficacité, depuis la fine calandre jusqu’à l’arrière en pan coupé baptisé « coda tronca » destiné à améliorer l’aérodynamisme et augmenter les performances. Une solution élaborée par Zagato pour ses voitures de compétition à partir des travaux de l’aérodynamicien Kamm. Côté moteur, la TZ est équipée du fameux moteur 4-cylindres en ligne, 8-soupapes, double arbre à cames en tête Alfa Romeo, bloc et culasse aluminium, alimenté par deux carburateurs Weber double corps 40. D’une cylindrée de 1 570 cm3, il développe 112 ch dans sa version routière et 160 ch dans sa variante compéti – tion grâce à une culasse à double allumage, le fameux Twin Spark. Affichant à peine 660 kg à la pesée, l’ensemble était ainsi capable d’atteindre une vitesse maxi de 216 km/h. N’ayant pas la capacité de produire le châssis tubulaire, Alfa Romeo fera sous-traiter sa construction par la SAI Ambrosini (Societa Aeronautica Italiana) à Passignano. L’assemblage sera quant à lui confié à la société Auto Delta dirigée par les ingénieurs Carlo Chiti et Ludovico Chizzola. Ensemble, ils aideront Alfa Romeo à terminer le projet TZ et à construire les 100 premiers exemplaires. C’est ainsi qu’en mai 1963, Auto Delta deviendra le département compétition officiel d’Alfa Romeo. La même année, la voiture remporte ses premiers lauriers en compétition en signant une victoire de catégorie à la Coppa FISA, à Monza, entre les mains de Lorenzo Bandini, suivie d’un autre succès de catégorie aux 12 Heures de Sebring en 1964. Auréolée d’une victoire au classement général à la Coupe des Alpes 1964 avec Jean Rolland et Gaby Augias, la TZ remportera à plu – sieurs reprises sa catégorie, entre 1964 et 1967, dans les épreuves les plus difficiles et les plus prestigieuses comme les 24 Heures du Mans, la Targa Florio, les 1000 Km du Nürburgring ou encore le Tour de France Automobile. L’opportunité de redécouvrir une Alfa Romeo Giulia TZ est extrêmement rare, surtout quand elle possède un historique aussi clair que celui de celle que nous vous présentons à la vente aujourd’hui. Dans un premier temps, plusieurs éléments visuels laissaient penser que nous étions bien en face d’une des TZ les plus authen – tiques au monde. Au fur et à mesure de nos recherches, cela s’est confirmé. Selon le certi – ficat délivré le 30 septembre 2019 par le Centre de Documentation Alfa Romeo, le châssis AR 750091 est sorti des ateliers Zagato le 2 avril 1965 de couleur rouge avec un intérieur noir. Vendu dès le lendemain à un certain Giovanni Bellichi, elle est envoyée à Milan. Nous savons qu’elle changera plusieurs fois de mains aux cours des dix premières années de sa vie, sans jamais quitter l’Italie. Tout cela est confirmé par des documents d’époque émanant de l’administration italienne en notre possession et qui seront confiés à l’acquéreur. Le 2 mars 1977, elle est immatriculée à Rome au nom de Girolami Vittorugo, un gentleman driver bien connu pour avoir possédé plusieurs pur-sang italiens. Notre TZ, immatriculée « Roma T02276 », vient compléter son garage et côtoiera pendant plus de six ans une célèbre Ferrari 250 GT Tour de France aluminium (0667 GT) immatriculée « Roma P16747 ». C’est certainement à cette période que la voiture est repeinte en blanc et que les arches de roues arrière sont élargies en vue de participer à des courses locales. Vittorugo s’en séparera le 17 mars 1983, et la voiture rejoindra quelques années plus tard la collection du marchand hollandais Rudy Pas, puis de von Wenger en Allemagne, avant d’être achetée par le célèbre collectionneur Peter Kaus. Connu à travers le monde pour la qualité de sa collection « Rosso Bianco », ce dernier avait rassemblé un ensemble exceptionnel de plus de 200 voitures de sport, parmi les plus belles et les plus rares. Si la collection fut dispersée en 2006, une première partie exclusivement composée de voitures carrossées par Zagato fut présentée aux enchères à Paris le 17 décembre1990. C’est à cette occasion qu’elle fut achetée par son avant dernier propriétaire et jalousement conservée à l’abri des regards et de la lumière pendant près de 28 ans. Intouchée tout au long de cette période, la voiture est en tous points identique aux photos prises 28 ans plus tôt dans le catalogue de vente de
1990 (joint au dossier, avec un exceptionnel catalogue de pièces de rechange d’origine !). Depuis sa redécouverte, la voiture fut envoyée en Italie, sur ses terres, chez RS Historics, faisant autorité sur ce type de véhicule, afin d’obtenir
un rapport complet sur son état et les modifications éventuelles qu’elle aurait reçu au cours de sa vie. Le verdict fut sans appel : châssis, moteur, boite de vitesses, pont : l’ensemble est conforme et d’origine. Bien sûr, quelques éléments comme le volant, les sièges ou encore les freins ont été remplacés mais ils le furent dans les années 1980. Après le changement de l’allumage et du condensateur, le moteur a pu être remis en route sans difficulté. Cette Alfa Romeo Giulia TZ à l’historique limpide et jamais accidentée est une opportunité unique d’acquérir celle que l’on surnomme « Baby GTO », un des chefs d’oeuvre signé Zagato et l’une des
voitures les plus performantes et compétitives de son époque. Voir le lot
Par AGUTTES à Neuilly-sur-Seine
le 12/12/2021 : 1966 – ALFA ROMEO 2600 SZ
Produit à 105 exemplaires
Modèle extrêmement rare
Griffe d’un grand carrossier
Vendue sans carte grise
Châssis n° 856088
Présentée en 1961, l’Alfa Romeo 2600 constituait une évolution de la version 2000. Il s’agit d’un modèle haut de gamme disponible à l’époque dans les versions Berline, Sprint (coupé dessiné par Bertone) et Spider (Touring). Toutes reçurent un nouveau moteur 6-cylindres en ligne de 2 584 cm³ avec pompe à essence électrique (deux carburateurs double corps sur la berline et trois double corps sur les Sprint et Spider) afin d’être en mesure de rivaliser avec la concurrence. L’Alfa Romeo 2600 sera, de surcroît, la dernière à disposer du 6-cylindres en ligne à deux arbres à cames. Le carrossier Zagato ne tarde pas à se mettre également à l’œuvre sur cette nouvelle base et présente en novembre 1962 sa vision du Coupé 2600. Ce prototype présente des lignes totalement novatrices par rapport à l’offre Alfa Romeo. Le maestro italien va ensuite faire évoluer son projet et proposera quelques mois plus tard quatre nouveaux prototypes avec des lignes de carrosserie affinées. Ainsi, à partir de 1965, la version 2600 Spriint Zagato (SZ) sera disponible auprès d’Alfa Romeo puisqu’elle intègre la gamme du constructeur. A l’exception de sa carrosserie, moteur et châssis demeurent identiques avec la version de base. La 2600 SZ est donc motorisée par le 6-cylindres en ligne de 2 584 cm3 alimenté par trois carburateurs Solex pour une puissance totale de 145 ch. Bénéficiant d’une aérodynamique plus travaillée, la 2600 SZ affiche de meilleurs performances avec une vitesse maximale de 210 km/h (soit 17 km/h de mieux par rapport à la 2600 Sprint) et met 30,9 secondes pour parcourir les 1 000 m départ arrêté. Malgré ce gain de performance et ce style signé Zagato, la production du modèle restera confidentielle. Le procédé de fabrication des 2600 SZ reste en effet artisanal et synonyme de prix élevé. Ainsi, de 1965 à 1967, seulement 105 exemplaires de l’Alfa Romeo 2600 SZ ont été réalisés, dont les 5 prototypes mentionnés précédemment. D’où l’extrême rareté de ce modèle très exclusif aujourd’hui très recherché sur le marché. L’exemplaire que nous présentons a été produit le 14 décembre 1966 et livré neuf dans sa couleur d’origine Grigio Chiaro Metallizzato, intérieur skaï noir, le 31 décembre 1966 à Franco De Angelis. Les documents qui accompagnent cette 2600 SZ font ensuite état de sa vente successive le 8 juillet 1978 à Giuseppe Leone, puis le 6 mai 1987 à Antonio Briganti. Cette voiture intégrera ensuite la collection Anna-Lisa le 1er juillet 2019. Nous disposons d’un dossier complet (photos et factures) attestant que cette voiture a bénéficié d’une restauration complète achevée en juin 1992. Tant sur le plan de sa carrosserie avec démontage de sa caisse et peinture intégrale dans sa teinte actuelle. Que de sa mécanique avec une réfection également complète de son moteur 6-cylindres en ligne chez le renommé Conrero. Dans cette très rare configuration Zagato, la Sprint 2600 offre le caractère sportif dont les autres versions, plus bourgeoises, ne disposent pas. Ce modèle incarne la fin des Alfa Romeo de prestige faites selon les désirs de clients sportifs et fortunés. Voir le lot
La Ferrari de Jean-Paul Belmondo
Le clou de la vente sera néanmoins la Ferrari BB 512i de 1982, proposée dans une rare teinte Argento Medio. Elle a non seulement été la monture de l’acteur Jean-Paul Belmondo de 1986 à 2002, mais elle sort aussi d’une restauration de très haut niveau, représentant un coût de plus de 250 000 euros. Elle est bien entendu vendue avec toutes les preuves de son appartenance au Magnifique, y compris son autographe inscrit à l’intérieur (350 000 — 450 000 euros). Citons pour finir la Lamborghini 400 GT de 1967 (160 000 — 220 000 euros), la Maserati Bora 4.9 (50 000 — 70 000 euros) ou encore la Mercedes 190 2.5-16 EVO II de 1990 dans un état immaculé (165 000 — 180 000 euros).