Le 2 octobre 2019 | Mis à jour le 3 octobre 2019

Pierre-Guillaume Klein : « Je crée chaque jour des musées éphémères. »

par Diane Zorzi

Depuis son plus jeune âge, Pierre-Guillaume Klein n’a qu’une idée en tête, devenir commissaire-priseur. Jeune diplômé, il travaille aujourd’hui au sein de l’étude de Maître Guillaume Le Floc’h à Saint-Cloud. Passionné et avide de connaissances, il raconte son quotidien, rythmé de découvertes artistiques dignes des plus beaux musées du monde.

 

Enfant, Pierre-Guillaume Klein s’émerveille devant les sculptures, tableaux et objets d’art qu’il rencontre aux détours des musées. A Rome, il découvre L’Enlèvement de Proserpine du Bernin, trônant en majesté à la Galleria Borghese. Mais du premier choc artistique, naît déjà une frustration. « J’étais devant cette sculpture d’une sensualité incroyable et je n’avais qu’une seule envie, toucher ce marbre avec lequel l’artiste était parvenu à rendre toute la souplesse et l’onctuosité de la chair. » Pierre-Guillaume Klein n’a alors plus qu’une idée en tête : trouver un métier convoquant outre la vue, l’ensemble des sens. « C’est ce besoin d’être au contact des œuvres qui m’a donné envie de devenir commissaire-priseur.»

Dès le lycée, Pierre-Guillaume Klein fréquente régulièrement les salles des ventes. L’été, il travaille à Saumur, au sein de l’étude de Maître Xavier de La Perraudière. « J’ai continué à travailler là-bas durant mes études de droit à Angers, puis j’ai rejoint Paris pour intégrer l’Ecole du Louvre. J’ai alors fait des stages dans des maisons de vente spécialisées en arts contemporain, tribal et asiatique. Je souhaitais aborder des spécialités différentes pour engranger le plus de connaissances possibles. » L’examen d’accès au stage de commissaire-priseur en poche, Pierre-Guillaume Klein intègre durant huit mois la maison Rouillac à Vendôme, avant de rejoindre l’étude Le Floc’h à Saint-Cloud, où il est finalement recruté en tant que commissaire-priseur salarié. « Avec Maître Guillaume Le Floc’h, j’ai découvert toute la richesse et la dualité du métier, avec d’un côté les ventes d’art et de l’autre les ventes judiciaires de matériel professionnel, qui nous permettent de rester connectés aux réalités concrètes. Le matin, je peux ainsi être amené à évaluer une pelleteuse et découvrir l’après-midi un joli salon où sommeillent peut-être des objets merveilleux, dignes des plus grands musées. C’est cette diversité qui me donne envie de me lever chaque jour ! »

 

« C’est incroyable de se dire que l’on a entre les mains un morceau de l’histoire de l’art, digne des plus beaux musées du monde ! »

 

En janvier dernier, Pierre-Guillaume Klein est sollicité pour effectuer l’un de ses premiers inventaires. « Nous avions été contactés par une femme qui souhaitait vendre quelques biens. Lorsque je suis entré dans son salon, je n’ai d’abord rien repéré de grande valeur. Mais alors que j’avançais dans la pièce, j’ai remarqué, accroché à un mur, un très beau panneau de laque. J’ai véritablement été saisi par l’œuvre et après quelques recherches, nous avons découvert qu’il s’agissait d’un triptyque authentique du peintre vietnamien Pham Hau [N.D.L.R. Le triptyque a été adjugé à 380 000 euros (frais compris) par Maître Guillaume Le Floc’h le 17 février à Saint-Cloud] ! Retrouver l’identité d’un objet, sortir un artiste de l’ombre, c’est l’aspect du métier qui me passionne le plus. » Avec le même enthousiasme, le commissaire-priseur confie encore sa toute dernière découverte : un gobelet du XVIIIe siècle, dont le musée d’Ecouen et le musée du Louvre possèdent un modèle identique. « C’est incroyable de se dire que l’on a entre les mains un morceau de l’histoire de l’art, digne des plus beaux musées du monde ! » Estimé à plus de 6 000 euros, le gobelet sera mis en vente le 6 octobre à Saint-Cloud aux côtés notamment d’une tête Fang du Gabon (estimée à plus de 50 000 euros) et d’un panneau florentin du XIVe siècle (estimé à plus de 15 000 euros). « Avec cette vente, nous avons en quelque sorte une partie du musée d’Ecouen, du musée du Louvre et du quai Branly ! C’est toute la magie du métier. Je crée chaque jour des musées éphémères. »

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