Mardi 21 février 2017, une collection de 38 râpes à tabac sera mise en vente par Maître Yves Cosquéric à Brest et en Live sur Interencheres. Cet ensemble rare sur le marché date des XVIIe et XVIIIe siècles et réunit des pièces aux matières et décors luxueux.
Un ensemble inédit sur le marché
La réunion d’un ensemble aussi important de râpes à tabac est sans nul doute le fruit de longues années de recherches et l’oeuvre d’un passionné. « Les râpes à tabac sont rares sur le marché, explique Maître Yves Cosquéric. En dix ans, je n’en ai eu qu’une seule à vendre. » Cet ensemble est d’autant plus exceptionnel que la plupart des grilles d’origine ont été conservées.
Provenant d’une collection privée française, ces 38 râpes à tabac qui seront mises en vente le 21 février, datent des XVIIe et XVIIIe siècles et ont été réalisées dans des matières luxueuses telles que l’émail polychrome, le métal, l’ivoire ou le buis. Un riche décor peint, sculpté en relief ou ajouré accueille des armoiries, des devises, des portraits ou des scènes bibliques. « Les râpes étaient réservées à une clientèle haut de gamme qui les personnalisaient en fonction de leurs goûts. Elles pouvaient être offertes et faire l’objet, par exemple, d’un cadeau d’amoureux ».
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Pour la petite histoire…
Les râpes à tabac existent depuis le XVe siècle, époque à laquelle le tabac à priser est introduit en Europe. Elles étaient utilisées pour râper et réduire en poudre le tabac qui se présentait sous la forme d’une carotte, en rouleaux de feuilles ficelés. La feuille de tabac était frottée contre la grille et le tabac une fois moulu était ensuite déversé grâce à un bec verseur. Le tabac à priser était consommé par inhalation notamment pour ses prétendues vertus médicinales. Catherine de Médicis en était une grande consommatrice, pensant soigner ainsi ses maux de tête et migraines.
Retrouvez une sélection de râpes à tabac dans la galerie ci-dessous
Dans des cartouches. La râpe repercée à décor d’une fleur de Lys (quelques sauts d’émail en bordure, grille d’origine). Limoges, fin du XVIIème siècle. Long. 14 cm. Est. 3 000 / 4 000 euros.
Buis finement sculpté d’arabesques qui cernent un cartouche décoré d’une chasse à courre aux lièvres avec deux cavaliers et une meute de chiens. Dans une volute, elle porte la devise « JE SUIS FORCÉ ». Elle se termine par un bec verseur en coquille Saint-Jacques et est agrémentée d’une réserve tabatière bombée sur laquelle figure une armoirie (petites réparations d’usage, ancienne restauration, grille d’origine). France, XVIIIème siècle. Long. 21,5 cm. Les armes sont celles de la Famille de La Broise (pour le mari), originaire de Normandie. Est. 2 000 / 2 500 euros.
Entouré de trois fleurs de Lys présentées sur un globe couronné. L’Enfant est vêtu d’un drapé brodé de passementeries (grille d’origine maintenue par des tenons usés, petit manque à la coquille du bec, belle patine). France, début XVIIIème siècle. Long. 19,5 cm. Est. 1 500 / 2 000 euros.
A décor en partie supérieure d’un coq, le bec verseur se termine en tube (léger manque). Le couvercle pivotant est décoré d’une main qui présente un cœur enflammé, accompagné d’une devise amoureuse « JE TE DONNE TOUT » (grille d’origine, petite reprise). France, vers 1760. Long. 20 cm. Modèle décrit sous la figure 1, Planche 4, dans le bulletin de l’Archéologie de 1903. Est. 2 000 / 3 000 euros.
Surmontée du Saint Esprit. Au revers, la râpe possède une réserve formant tabatière, sur le couvercle de laquelle est gravée une devise « LA LIBERTE ME PLET ». Sous la devise, est gravé un oiseau, des feuillages et des rinceaux. Le couvercle de la tabatière est muni d’un petit anneau de préhension (grille d’origine). France, début XVIIIème siècle. Long. 15,7 cm. Ancienne collection Alaret. Cette collection a été prêtée lors d’une exposition sur « le Tabac, l’Art et La Curiosité » qui s’est déroulée au Musée Galliéra de Février à Mars 1937 (catalogue page 81 n° 945). Est. 3 000 / 4 000 euros.
Décor d’un cartouche en relief sculpté aux armes de France, entouré du collier de Saint Esprit et surmonté d’une couronne sculptée en relief et évidée. En-dessous du cartouche, elle s’agrémente de cœurs, motifs floraux et heaumes, marquée « VINCEN BAILLOIS » et datée 1742. L’écoulement du tabac s’effectue à l’extrémité inférieure par une coquille (léger manque à la coquille, grille postérieure, infimes fentes naturelles). France, XVIIIème siècle. Long. 19 cm. Est. 2 500 / 3 500 euros.
A couvercle pivotant à décor dans un médaillon d’une cage à oiseaux avec un chat devant, un aigle couronné en dessous, annoté « LES PETITS PIES NE SONT PAS POUR TOY ». Au dos, elle est sculptée d’un profil de Roi, cœurs et rinceaux, le bec verseur en tête d’animal (grille d’origine). France, XVIIIème siècle. Long. 21 cm. Est. 1 500 / 2 000 euros.
Le couvercle gravé est rehaussé à l’or. Il est orné d’un cartouche à décor d’arabesque, lambrequins et papiers fleuris. Signée « Dumarais » et gravée d’une devise « AIMONS DE MEME ». L’écoulement du tabac se fait dans un bec verseur à poussoir en forme de coquille à fond doré (grille d’origine). France, milieu XVIIIème siècle. Long. 17,3 cm. Référence : Ces modèles dont la matière est étonnante pour l’époque, étaient peu fréquents. Quelques modèles figurent au Musée le Secq des Tournelles à ROUEN. Est. 2 000 / 3 000 euros.