La maison Rouillac dispersera le 28 octobre à Beaune (Côte-d’Or) la collection de Jean-Claude Picot, notamment composée d’une quinzaine de camions de pompiers fabriqués entre 1939 et 1980.
« Jean-Claude Picot est un enfant du feu. » C’est en ces termes que Brice Langlois, le commissaire-priseur de la vente, présente le collectionneur. Fils d’un capitaine de pompiers, il devient lui-même sapeur-pompier volontaire dès l’âge de 13 ans, puis secouriste à 17 ans. Il ouvre ensuite son propre atelier de carrosserie, où il construit des ambulances et, bien sûr, des camions de pompiers. C’est justement grâce à son métier qu’il compose, au fil des décennies, une collection à laquelle il souhaite aujourd’hui « donner une nouvelle vie ». Elle sera dispersée le 28 octobre à Beaune par la maison Rouillac.
D’un atelier de carrosserie à un musée
« Dans le cadre de son activité professionnelle, Jean-Claude Picot a été confronté à du vieux matériel qui devait être remplacé », explique Brice Langlois. Il ajoute : « Au lieu de les abandonner, ses clients lui donnaient ces quasi-épaves, qu’il a précieusement conservées jusqu’à sa retraite, période à laquelle il les a restaurées. » L’étape suivante consiste à ouvrir un musée consacré à l’histoire des sapeurs-pompiers. L’aventure dure quatre ans, avant qu’une grande partie de la collection ne soit dispersée aux enchères.

Le collectionneur conserve alors une quinzaine de camions et quelques motopompes, dont il a aujourd’hui décidé de se séparer. Il a pour cela fait appel à la maison Rouillac, qui avait déjà organisé en 2023 la vente de la collection du musée du Poids lourd.

Laffly, Delahaye, Goélette : des camions de pompiers restaurés
Brice Langlois l’affirme : «Jean-Claude Picot n’a compté ni son temps ni son argent » pour redonner leur éclat à ces camions récupérés dans « un état lamentable », au point d’en remettre certains en état de marche. Le Laffly type BS C2 de 1939, estimé entre 8 000 et 12 000 euros, a ainsi nécessité plus de 1 200 heures de restauration, et la Delahaye B163 de 1950, estimée entre 5 000 et 8 000 euros, près de 1 100 heures. Brice Langlois a pour sa part une préférence pour la Goélette type R2086 de Renault, produite en 1969 (3 000 à 5 000 euros) : « un camion tout en rondeurs, ce qui lui confère un certain charme, des formes que l’on ne retrouve plus dans les camions de pompiers actuels ».

Tous les camions sont vendus avec un carnet d’entretien retraçant les travaux réalisés et un dossier de factures. Treize d’entre eux disposent d’une carte grise de collection. Le Mercedes Unimog 421 B de 1971, estimé entre 8 000 et 12 000 euros, est fourni avec une carte grise classique. Le Citroën C35 de 1980 (3 000 à 5 000 euros) est accompagné d’une attestation de la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE), qui permet d’obtenir un certificat d’immatriculation « véhicule de collection ».
Une exposition à Beaune avant la vente
Connue des passionnés de camions, et en particulier de camions de sapeurs-pompiers, cette collection suscite déjà des marques d’intérêt. Les enchérisseurs pourront découvrir les véhicules lors de l’exposition publique, le 27 octobre.
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