Le 17 décembre 2020 | Mis à jour le 13 janvier 2021

Le Petit Palais préempte un panneau inédit d’Edgard Maxence

par Diane Zorzi

Découvert par la maison de ventes Millon, un panneau inédit du peintre symboliste Edgard Maxence a été préempté par le Petit Palais le 15 décembre à Paris. Figurant une Jeune femme jouant de la mandore, il avait exposé au Salon de 1910 et était resté jusqu’alors par descendance au sein de la même collection.

 

Rassemblant une riche collection d’œuvres symbolistes signées Gustave Moreau, Odilon Redon, Maurice Denis ou Alphonse Osbert, le Petit Palais s’enrichit d’un nouveau chef-d’œuvre du maître nantais Edgard Maxence (1871-1954). Préempté lors d’une vente aux enchères organisée par la maison Millon & Associés le 15 décembre dernier à Paris, ce panneau inédit sur le marché fut exposé au Salon de 1910, avant de rejoindre une collection privée dans laquelle il était jusqu’alors conservé.

 

Un panneau exposé au Salon de 1910

Représentant une Jeune femme jouant de la mandore, le panneau s’inscrit dans une série d’œuvres exécutées au début du XXe siècle et succédant à L’Ame de la forêt achetée par l’Etat lors de son exposition au Salon de 1898 et conservée aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts de Nantes. Cette série dévoile des portraits oniriques de jeunes femmes mystérieuses, prenant place dans des sous-bois et communiant avec la nature. Ici, une jeune femme rousse, à la peau diaphane et vêtue d’un habit Renaissance, joue de la vielle au cœur de la forêt. Présentée de trois-quarts et les yeux mi-clos, elle paraît plongée dans un rêve et évoque les personnages mythiques des légendes arthuriennes telles les fées Viviane ou Mélusine qui peuplent Brocéliande.

 

Edgard Maxence, une figure majeure du Symbolisme

Elève de Jules-Elie Delaunay et de Gustave Moreau, Edgard Maxence s’illustra à travers ces scènes teintées de mysticisme, s’inscrivant dans la lignée des préraphaélites. « Sa carrière fut couronnée de succès. Il exposa aux salons de la Rose Croix dans les années 1890 et reçut la médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900, précise la maison de ventes. Il est à nouveau considéré de nos jours comme l’une des figures majeures du Symbolisme. Ses peintures ésotériques ont été réévaluées par plusieurs achats successifs du musée d’Orsay, ainsi que par l’exposition que lui a consacrée le Musée des Beaux-Arts de Nantes, sa ville natale, en 2010. »

 

Edgard Maxence (1871-1954), « Jeune femme jouant de la mandore », huile sur panneau. 110 x 145 cm. Signé en bas à droite Edgard Maxence. Cadre d’origine probablement exécuté par l’artiste. Préempté par le Petit Palais lors de la vente du 15 décembre 2020 organisée par Millon & Associés à Paris. 

 

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