Le 5 juin 2024 | Mis à jour le 4 septembre 2024

Une collection de céramiques et verreries d’après-guerre aux enchères à Limoges

par Clémentine Pomeau-Peyre

Le commissaire-priseur Nicolas Constanty disperse, les 13 et 14 juin, un très bel ensemble de céramiques, verreries et sculptures modernes et contemporaines. Avec quelques belles surprises en perspective.

 

[Mise à jour, 4 septembre] La sculpture totem de Jacky Coville a trouvé preneur à 15 872 euros (frais inclus) et le Baiser de Jacques Pouchain à 7 192 euros. 

 

« Cette collection a été assemblée pièce par pièce par un couple de collectionneurs en un peu plus de 60 ans, détaille Nicolas Constanty. Ils vivaient en alternance entre Paris et le Sud de la France, et achetaient de nouvelles pièces à chaque voyage ». Le commissaire-priseur a calculé qu’à plus de 70 %, les 500 lots sont issus de deux régions : Uzès et ses alentours, et le centre potier de La Borne dans le Cher.

 

70 céramiques de Gisèle Buthod-Garçon

« A force de fréquenter les galeries, les ateliers, ils ont noué des liens d’amitié avec certains artistes, leur achetant des pièces en direct ». Citons par exemple les presque 70 céramiques de Gisèle Buthod-Garçon (née en 1954). Installée à Saint-Quentin-la-Porterie dans le Gard, cette artiste expérimente depuis les années 1980 les techniques de raku qu’elle associe parfois avec de l’émail pour créer des objets et sculptures. Retenons dans la vente la « Quiétude » de 2013 (2 000 à 3 000 euros) ou « la Faille » (1 500 à 2 000 euros). « C’est pratiquement un fond d’atelier de cette artiste que nous proposons, car sa proximité avec les collectionneurs leur a permis d’acquérir des pièces modernes comme des œuvres du début de sa carrière », estime Nicolas Constanty.

 

 

Des pièces estimées de 50 à 10 000 euros

A suivre également, une dizaine de lots signés Elizabeth Joulia (1925-2003), qui avait installé son four à La Borne. La sélection est représentative de sa réflexion sur les formes organiques (« Sphère », sculpture en forme de graine éclatée, 5 000 à 7 000 euros) ou de ses inspirations africaines (« Masque n°4 » en grès 8 000 à 10 000 euros). Ou le travail de Pierre Bayle (1945-2004) sur la terre sigillée (argile très fine qui se vitrifie à la cuisson), notamment sur sa sculpture « Guêpes » (500 à 600 euros).

 

 

« Comme il s’agit de pièces qui datent toutes de l’après-guerre et jusqu’aux dernières années, nous avons parfois pu contacter les artistes directement afin d’être certain des attributions et d’affiner les fiches descriptives », se réjouit le commissaire-priseur de Limoges Enchères après neuf mois de travail sur le catalogue. Il se souvient notamment de discussions avec Bernard Dejonghe, six lots au catalogue dont une « Meule vive » en verre optique massif moulé (2 000 à 3 000 euros) et une « Meule dormante » en grès émaillé (4 000 à 5 000 euros).

« Certaines pièces vont débuter autour de 100 euros, annonce Nicolas Constanty, la vente est accessible pour des amateurs débutants, mais nous attendons de jolis prix autour de 10 000 euros pour les pièces les plus importantes ». En feront peut être partie le perroquet totem en grès de Jacky Coville (né en 1936) ou la sculpture signée d’Axel Cassel (1955-2015) « En forme de feuille, comme deux feuilles de Ginkgo 3 » en bois, toutes deux estimés entre 6 000 et 8 000 euros.

 

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