Le 11 septembre 2025 | Mis à jour le 11 septembre 2025

Les créations d’un inventeur d’automates dispersées aux enchères à Troyes

par Clémentine Pomeau-Peyre

A la fois fabricant et inventeur d’automates, mais aussi collectionneur, Michel Marcu a aussi été à l’origine d’un musée dans son village, ainsi que du premier festival de musique mécanique en France ! La maison Boisseau-Pomez lui rend hommage dans une vente dédiée le 23 septembre à Troyes. 

 

Sur les 110 automates de la collection présentés le 23 septembre par la maison Boisseau-Pomez à Troyes, plus de 70 sont des fabrications de Michel Marcu. Son fils Olivier se souvient d’avoir travaillé à ses côtés dans son atelier : « Entre 7 et 20 ans, je l’ai aidé, surtout pendant l’été. Il créait de nouveaux modèles en s’inspirant de pièces existantes, ou inventait des automates inédits qui étaient parfois repris par d’autres fabricants ». Michel Marcu notait sur des fiches accompagnant ses pièces quelques éléments sur la fabrication des prototypes, des sortes de notices qui seront délivrées le cas échéant avec les lots de la vente. Il apposait également une marque avec son nom et l’année de fabrication sur chacun de ses mécanismes. 

 

Fantaisie mécanique : le “Cul Fumeur”

Parmi les plus belles pièces, Olivier Marcu signale en souriant le « Cul Fumeur » : « il s’est inspiré du célèbre Pétoman du début du XXe siècle pour celui-ci, sauf que son automate aspire la fumée par la bouche et la recrache par le derrière ! ». Haut d’un mètre, ce personnage bouge également la tête et les yeux (300 à 500 euros). Pendant la mise en place de cette vente, Olivier Marcu a essayé de remettre en marche les pièces dans la mesure du possible, sans se lancer dans de grandes restaurations : « J’ai mis une goutte d’huile dans certains mécanismes, changé quelques pièces, et la plupart des automates fonctionnent ». 

 

 

Des engrenages, des vis, de la soie et de la porcelaine

Autodidacte, Michel Marcu produisait lui-même tous les engrenages, les vis sans fin, les vêtements de ses personnages pour lesquels il choisissait de la soie pour la fluidité du mouvement. Ces pièces détachées font d’ailleurs l’objet d’un gros lot de 42 cartons (1 500 à 3 000 euros). « Je me souviens en particulier des têtes en porcelaine s’exclame son fils, il fallait couler la porcelaine dans les moules, puis la retirer délicatement, la faire cuire… Il y avait énormément de pertes ! ». Sur son Arlequin et Colombine (800 à 1 000 euros), Michel Marcu a poussé le défi technique jusqu’à inclure tout le mécanisme dans le corps en biscuit, les personnages reposant sur de simples petits socles.

Olivier Marcu signale également le Grand Equilibriste fabriqué par son père (500 à 600 euros) : « Ce clown accomplit une succession de mouvements incroyables, l’échelle va dans un sens, les boules tournent dans le sens opposé, il lâche une main, les jambes se séparent… ». Il n’existe que deux exemplaires de ce clown en costume bleu d’un mètre vingt de haut. Son père a en revanche également fabriqué un modèle plus simple et moins grand, le clown blanc équilibriste (200 à 400 euros). 

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