Le 9 octobre 2025 | Mis à jour le 9 octobre 2025

De Goldorak à Batman, une collection de 800 masques César dispersée aux enchères

par Clémentine Pomeau-Peyre

Vous avez toujours rêvé d’être Batman, Albator ou Tintin ? La vente organisée par Aibo Art Auction offre toutes ces possibilités en dispersant le 12 octobre une importante collection de masques et moules originaux César. 

 

L’histoire de la marque César commence en 1885, lorsque Jules César rachète une société fabriquant des masques à plumes pour l’installer à Saumur. Il propose alors des masques en papier mâché. Ce matériau sera ensuite remplacé par du carton embouti, et finalement en 1954, du plastique. « Sur les moules tels que nous les voyons dans la vente du 12 octobre, on appliquait une feuille de plastique chauffée qui était aspirée de façon à coller au moule, explique François Meyniel, expert et directeur associé au sein de la maison Aibo Art Auction. Les bordures étaient ensuite découpées, et le masque peint à la main avec l’aide de pochoirs ». Dans ses meilleures années, César sortait 35 000 masques par jour de ses ateliers. Et la fabrication est donc restée partiellement artisanale jusqu’à la fin dans les années 2000. 

« Lorsque l’entreprise a fermé ses portes, ce collectionneur a acheté une partie du fonds, et se trouve donc en possession d’une belle sélection de masques et surtout de matrices utilisées pour les fabriquer » détaille François Meyniel. Il a estimé les 171 moules, en résine et aluminium ou en fonte d’aluminium entre 50 et 6 500 euros, en fonction de différents critères : « la notoriété du personnage, la difficulté de réalisation du moule, l’esthétique de ces pièces qui sont de véritables sculptures… D’ailleurs l’entreprise employait de vrais artistes pour réaliser ces pièces ». Pour plus d’effet, ces matrices ont été soclées, ce qui leur donne un « effet sculpture indéniable ».

 

 

De Goldorak à Batman

Au plus haut dans les estimations, le moule matrice de Goldorak de 1978 est estimé entre 4 500 et 6 500 euros. « Avec ses grandes cornes, ce n’était pas un masque facile à réaliser, et encore moins à conserver longtemps par des enfants ! ». Ajoutons à cela la popularité du robot, et Goldorak dépasse le moule de Tintin (2 500 à 3 500 euros) sur l’échelle des estimations. Une des plus belles réussites de la maison César est la quantité et la qualité des licences obtenues pour réaliser les masques : Disney, Tintin… « A un moment de leur histoire, c’était probablement le plus important producteur de masques. Ils n’avaient que peu de compétition, comme par exemple l’espagnol Festa avec qui ils se sont associés pour certaines pièces, mais la qualité des pièces n’était pas la même », développe l’expert. 

Tous ces masques datent des années 1960 à 1980, et peuvent dont intéresser les nostalgiques de cette époque. François Meyniel imagine que les amateurs viendront de plusieurs origines : « ces pièces peuvent attirer les anciens fans du club Dorothée, ceux qui s’intéressent aux personnages de mangas, les tintinophiles ou encore ceux qui rassemblent des objets de super-héros comme Batman ! » Il rappelle au passage que le best-seller de la marque était les tortues Ninja, à retrouver dans la vente sous la forme d’un grand moule matrice d’un mètre réalisé en 1990 (1 200 à 1 800 euros). 

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