Le 10 février 2026 | Mis à jour le 10 février 2026

Une centaine d’œuvres d’Henry Triqueti aux enchères à Paris

par Magazine des enchères

La maison de ventes Ader dispersera le 12 février à Paris une centaine d’œuvres d’Henry de Triqueti, sculpteur virtuose de la fin du XIXe siècle, rare sur le marché. Décryptage.

 

Le commissaire-priseur David Nordmann décrit le style d’Henry de Triqueti (1803-1874) comme « un romantisme d’inspiration préraphaélite à l’anglaise ». Cet artiste méconnu est le sujet central de la vente organisée par Ader le 12 février. Né dans une famille fortunée, Henry de Triqueti a pu se consacrer à son art sans se soucier de rentabilité. « Son éducation, sa grande culture, sa fortune personnelle et sa grande religiosité en font un artiste qui circule avec aisance dans tous les milieux, et il reçoit rapidement des commandes de premier plan », note l’historienne Marie Clarac. Il crée notamment les portes de l’église de la Madeleine, le christ du tombeau de Napoléon, ou celui du prince Albert à Windsor. Car Henry de Triqueti était également populaire outre manche, il a épousé Julia Philippine Foster, fille d’un sculpteur britannique, et a passé une partie de sa vie à Londres : « il y a reçu l’élégant surnom de sculpteur des princes » rappelle Marie Clarac.

 

Une magnifique Marie-Madeleine en ivoire

« L’essentiel de son œuvre est constituée de commandes publiques ou de de grandes familles comme la famille d’Orléans, cela explique qu’il y en ait eu très peu sur le marché », analyse David Nordmann. Parmi les pièces remarquables de la vente, retenons l’ivoire de la Miséricorde divine accueillant le repentir (50 000 à 80 000 euros). Il s’agit d’un objet de dévotion très finement sculpté montrant Marie-Madeleine agenouillée implorant la miséricorde. Ou une pièce plus familiale, le Buste médaillon représentant sa fille Blanche, alors âgée de 15 ans, en marbre blanc (20 000 à 40 000 euros). Ou encore les deux Anges thuriféraires en terre cuite : modelés à genoux et tenant des ostensoirs, il s’agit des modèles pour les bas-reliefs du panneau de David installé dans la chapelle Wolsey à Windsor en 1852 (5 000 à 8 000 euros).)

 

 

Un fonds d’atelier unique sur le marché

Les trois sculptures démontrent à la fois le talent de Triqueti, mais aussi sa capacité à s’adapter à différents supports et différents thèmes. A noter que l’une des pièces maîtresses de la vente n’est pas signée de sa main, mais de son amie de cœur Susan Durant : son buste en marbre blanc intitulé Ruth et daté de 1869 (40 000 à 60 000 euros) a été conservé dans la famille de l’artiste. Comme son grand-père avant lui, Henry de Triqueti était en effet collectionneur d’art, et c’est l’ensemble des trésors de son château du Perthuis (dans la famille depuis la fin du XVIIIe siècle) qui sera dispersé.

« L’essentiel de son fonds d’atelier a alimenté l’école des Beaux-Arts, le musée de Montargis et le musée d’Orléans », ajoute le commissaire-priseur. Ce fonds est donc unique car la vente des archives familiales de l’artiste comporte des dessins préparatoires, des sculptures inachevées, des cadeaux destinés à ses proches… L’ensemble devrait attirer à la fois les amateurs internationaux de cet artiste ainsi que « les institutions qui souhaitent compléter leurs collections ou simplement posséder une seule de ses œuvres », estime David Nordmann.

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