Le 26 février 2026 | Mis à jour le 26 février 2026

Patek Philippe en passe de détrôner Rolex ? Le point sur la cote

par Magazine des enchères

Depuis ses débuts, la marque horlogère Patek Philippe s’est fait une spécialité des montres à complications sophistiquées. Elles alimentent un marché de collectionneur en progression constante.

 

A l’origine de l’entreprise suisse Patek Philippe fondée en 1839, deux hommes : Antoine Norbert de Patek et Jean Adrien Philippe. Le premier est un entrepreneur, le second un technicien hors pair. Dès le début, ils positionnent leur marque genevoise sur le créneau des garde-temps de haute qualité (Patek Philippe a déposé plus de 70 brevets depuis 1845). L’objectif ne change pas suite au rachat de l’entreprise par la famille Stern, actuels propriétaires. Ils célèbrent les 150 ans d’existence de la marque en sortant en 1989 « la montre la plus compliquée du monde » qui compte 33 complications.

La même année, la vente aux enchères « The Art of Patek » « lance le marché des collectionneurs pour cette marque, c’est un vrai point de départ », estime l’expert Geoffroy Ader qui ajoute qu’en octobre 2025 sa meilleure enchère était justement pour une Patek, vendue chez Artcurial. Il s’agissait d’une Big Arabic datée entre 1941 et 1952, référence 1526, calendrier perpétuel, adjugée 524 800 euros. L’expert espère une nouvelle envolée avec La Beyer N°17 vers 1985, référence 3940 : « une montre à calendrier perpétuel dont il n’existe que 25 exemplaires, 15 avec le calendrier en allemand, 10 avec le calendrier en français ». Cette série très limitée comme la marque aime les faire sera présentée aux enchères par la filiale suisse d’Artcurial Beurret Bailly Widmer le 11 mars, avec une estimation entre 220 000 et 440 000 euros.

 

Patek Philippe, “Beyer No. 17”. Ref. 3940, No. 770 017, circa 1985. Estimation : 220 000 – 440 000 euros.

 

Premiers prix autour de 4 000 à 5 000 euros

Ces montres exceptionnelles ne reflètent heureusement pas l’intégralité du marché, et il existe de très beaux modèles bien plus accessibles. L’expert estime que les premiers prix «  se situent autour de 4 000 à 5 000 euros environ pour de belles montres de poche, et autour de 8 000 à 12 000 euros pour une montre bracelet Time Only des années 1950-1960 ». Les Time only (qui ne donnent donc que l’heure, sans complication) se trouvent avec différentes esthétiques, mais ont toujours la touche d’élégance de Patek.

Avec un budget de 15 000 à 25 000 euros, « c’est le début des complications et de la gamme des Calatrava », indique Geoffroy Ader. La ligne Calatrava naît en 1932, c’est un modèle masculin simple et habillé, dont il va exister de nombreuses variantes : une lunette ornée du motif « clou de Paris », l’ajout d’un calendrier, de phases de lune, des boîtiers en acier, en or, sertis de diamants… Chaque particularité pouvant ajouter au prix.

Au delà de 50 000 euros se trouvent « les grandes complications, les quantièmes perpétuels par exemple, ainsi que les chronos… Et quand les deux sont réunis, complications et chrono, les prix dépassent les 100 000 euros », ajoute l’expert. Plus sportives que les Calatrava, les Nautilus existent depuis 1976, et en plusieurs tailles. Elles sont l’œuvre de l’horloger Gérald Genta, surnommé « le Fabergé des montres ». Les Nautilus possèdent un cadran octogonal et peuvent être équipées de phases de lune, réserves de marche, fonction chronographe, quantième annuel, double fuseau horaire… Les prix des Nautilus référence 5711 acier cadran bleu ont connu une envolée spectaculaire autour de 2020-2021, dépassant les 150 000 euros, mais ils sont désormais revenus à des fourchettes plus sages à partir de 80 000 euros environ.

 

 

Patek et Rolex, les deux marques reines

Sur le marché actuel « la demande est forte pour la marque Patek, elle est alimentée par les collectionneurs internationaux qui sont très présents en ligne. A chaque vente nous avons de nouveaux venus qui se lancent », se félicite Geoffroy Ader. Il remarque que cette marque se comporte depuis quelques temps mieux que Rolex sur la seconde main, « les prix se tassent pour Rolex, même si elle est toujours leader. En fait, ces deux marques cumulées représentent 80 % des résultats pour les montres en ventes aux enchères ». Depuis leur création, les deux marques reines travaillent un sillon différent, à Rolex les montres de l’aventure en mer en montagne ou en avion, à Patek les montres complexes plus discrètes. Et les amoureux de Patek ont souvent une approche un peu différente, plus historique et patrimoniale, avec des montres qui se transmettent de génération en génération. Quant à ceux qui collectionnent à la fois Rolex et Patek : « ils sont à la poursuite du mouton à cinq pattes, des séries limitées, de l’exceptionnel ».

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