Un des derniers trésors d’orfèvrerie gallo-romains encore en mains privées atteint des sommets aux enchères à Angers

20/03/2026

La maison Deloys a organisé, le 1er avril à Angers, la vente de trois collections d’objets antiques, dont un trésor d’orfèvrerie gallo-romain découvert à Reims au tout début du XXe siècle.

Les huit lots du trésor d’orfèvrerie gallo-romaine de Reims découvert en 1900 ont été vendus pour un total de 176 700 euros (avec frais). Une coupe circulaire, estimée 2 500 euros, a notamment trouvé preneur pour 49 600 euros (avec frais). 

À Reims, au printemps 1900, des ouvriers effectuent des travaux de terrassement dans une cave située à dix mètres sous terre. Alors qu’ils creusent, ils tombent sur  un puits dans lequel ont été déposés divers objets. Grâce à l’analyse d’archéologues, le voile est levé sur cette découverte inattendue. Le puits date de l’Antiquité et la vaisselle n’est rien de moins qu’un trésor composé de pièces en argent de l’époque romaine. Cet ensemble encore en mains privées, fait rare pour de telles pièces archéologiques, sera dispersé par la maison Deloys le 1er avril à Angers, en même temps que deux autres collections : l’une composée d’objets égyptiens et gréco-romains, l’autre notamment de vases grecs.

 

Un trésor gallo-romain du IIIe siècle après J.-C.

Répartie en une dizaine de lots, la vaisselle gallo-romaine trouvée à Reims et datant de la seconde moitié du IIIe siècle après J.-C. est composée d’une casserole estimée entre 1 500 et 2 000 euros, de trois assiettes circulaires en argent (estimation : 2000 euros -2 500 euros chacune), d’un plateau ovale en argent (1 500 euros – 2 000 euros), d’une grande coupe fragmentaire (300 euros – 500 euros), d’une cuillère à manche cylindrique (400 euros – 600 euros), de trois anneaux (150 euros) ainsi que d’une assiette circulaire incomplète (200 euros -300 euros).

Plateau ovale en argent, légèrement concave, sur pied ovale bas. Sur le rebord, une moulure de perles et de pirouettes. Il n'y a pas d'autre décor qu'un sillon étroit mais net, à l'intérieur, correspondant au tracé du pied. Au revers, un graffite presque effacé : AVC. Milieu du IIIème s. apr. J.-C. L. 19,4 cm.
Plateau ovale en argent, légèrement concave, sur pied ovale bas. Sur le rebord, une moulure de perles et de pirouettes. Il n’y a pas d’autre décor qu’un sillon étroit mais net, à l’intérieur, correspondant au tracé du pied. Au revers, un graffite presque effacé : AVC. Milieu du IIIème s. apr. J.-C. L. 19,4 cm. Estimation : 300 euros – 500 euros.

 

Des objets « d’une grande qualité, à l’image de l’artisanat gaulois, réputé en son temps pour son travail des métaux », nous informe l’expert Jean-Sylvain Caillou. La collection fut notamment présentée au grand public au musée du Luxembourg en 1989, lors de l’exposition « Trésors d’orfèvrerie gallo-romains », ainsi qu’au Musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon. On peut y observer sur certaines assiettes une forme de svastika, « symbole géométrique et solaire, courant dans la région à cette époque ».

Une collection conservée dans la même famille

La collection est restée dans la même famille rémoise depuis sa découverte. « Les antiquités étaient conservées à l’abri dans une vitrine », nous informe Florian d’Oysonville, commissaire-priseur de la vente.

Plateau ovale en argent, légèrement concave, sur pied ovale bas. Sur le rebord, une moulure de perles et de pirouettes. Il n'y a pas d'autre décor qu'un sillon étroit mais net, à l'intérieur, correspondant au tracé du pied. Au revers, un graffite presque effacé : AVC. Milieu du IIIème s. apr. J.-C. L. 19,4 cm.
Plateau ovale en argent, légèrement concave, sur pied ovale bas. Sur le rebord, une moulure de perles et de pirouettes. Il n’y a pas d’autre décor qu’un sillon étroit mais net, à l’intérieur, correspondant au tracé du pied. Au revers, un graffite presque effacé : AVC. Milieu du IIIème s. apr. J.-C. L. 19,4 cm. 1 500 euros – 2 000 euros.

Jean-Sylvain Caillou ajoute : « Si le trésor avait été trouvé aujourd’hui, l’État en serait en partie propriétaire, en raison de plusieurs lois votées depuis le milieu du XXe siècle. Ce qui fait que ce genre de vente va devenir de plus en plus rare. Il y a peu de pièces comparables sur le marché. »

Une acquisition de l’État ?

Florian d’Oysonville n’exclut pas que l’État puisse se manifester afin que ces vestiges rejoignent une collection publique. Cependant, ils pourraient également susciter l’intérêt de collectionneurs privés car, comme le souligne l’expert, « il y a parfois un vertige à l’idée de pouvoir acquérir un objet porteur de 2 000 ans d’histoire ». De surcroît, les estimations « attractives » et la clarté de la provenance devraient susciter un vif intérêt.

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