5 choses à savoir sur Alberto Savinio, le frère caché de Giorgio De Chirico
Méconnu, Alberto Savinio est pourtant l’un des fondateurs du mouvement surréaliste. Peintre, écrivain, compositeur, il inventa un réalisme métaphysique dans l’ombre de son illustre frère Giorgio De Chirico. A l’occasion de la mise en vente à Toulouse d’une de ses toiles, retour sur l’œuvre de cet artiste énigmatique…
1. Un Italien né à Athènes
Alberto Savinio (1891-1952), de son vrai nom Andrea de Chirico, naît à Athènes le 25 août 1891, de deux parents expatriés italiens. Comme son frère aîné Giorgio De Chirico (1888-1978), sa Grèce natale influence profondément son œuvre. Il est fasciné par les ruines et la culture de la Grèce antique. Les dieux grecs peuplent ses écrits et se mêlent aux mythes romains, nordiques, égyptiens ou étrusques, pour décrire avec poésie un monde en proie aux guerres mondiales.
2. Un compositeur, écrivain et peintre
A Athènes, Savinio étudie la musique au conservatoire, tandis que son frère suit des cours de dessins et de peinture à l’académie des Beaux-Arts. Désireux d’embrasser une carrière musicale, il poursuit sa formation à Munich, rejoignant les cours du compositeur allemand Max Reger. En 1911, il s’établit à Paris où il s’illustre cette fois dans l’écriture à travers la publication en 1914 des Chants de la mi-mort, salués par André Breton. Mais déjà il s’attèle à une autre pratique artistique qui l’occupera plus encore dans les années 1920, la peinture. « Alberto Savinio est un artiste protéiforme qui multiplie les médiums artistiques. Il peint de nombreuses toiles lorsqu’il est à Paris, dont une Apparition du Printemps datée de 1929 et que nous présentions en vente le 29 novembre à Toulouse », détaille Olivier Cojean, clerc pour la maison de ventes Marambat-de Malafosse.

Alberto Savinio (1891-1952), Apparition du Printemps, huile sur toile, signée en haut à gauche et datée « 1929 », 54 x 65 cm. (rayure). Certificat Archivio Alberto Savinio 2018. Adjugé 207 900 euros (frais compris) par Marambat-de Malafosse le 29 novembre 2018 à Toulouse.
3. Un artiste avant-gardiste
A Paris, Savinio fréquente les milieux d’avant-garde et se lie d’amitié avec le poète Guillaume Apollinaire. Il côtoie les plus grands artistes de l’époque tels que Pablo Picasso, Francis Picabia, Jean Cocteau, ou Max Jacob. A la déclaration de guerre en 1914, Andrea Savinio et son frère se mobilisent en Italie, dans le district de Ferrara. Ils font la connaissance des peintres Carlo Carrà et Filippo De Pisis avec lesquels ils fondent la peinture métaphysique, un mouvement consistant à élever l’art au-dessus de la seule expérience sensorielle et des contingences du temps et de l’espace.
4. L’un des fondateurs du surréalisme
La peinture métaphysique qu’Alberto Savinio fonde avec Giorgio De Chirico, Carlo Carrà et Filippo De Pisis, annonce le surréalisme à travers des peintures figuratives donnant à voir des espaces imaginaires, des vestiges antiques baignés d’une douce lueur ou des décors énigmatiques peuplés de personnages immobiles et sans vie, où le temps semble s’être arrêté. « La toile de Savinio que nous présentions en vente est caractéristique de cette période surréaliste où l’artiste mêle le réel au fantasme. » Des formes mystérieuses s’enchevêtrent ainsi à l’arrière-plan et prennent place devant un paysage arboré des plus réalistes. « Dans son Anthologie de l’humour noir de 1940, André Breton attribuait d’ailleurs la paternité du mouvement surréaliste aux deux frères de Chirico : ‘Tout le mythe moderne encore en formation s’appuie à son origine sur les deux Å“uvres dans leur esprit presque indiscernables, d’Alberto Savinio et de son frère Giorgio De Chirico.’ »
5. Un peintre coté sur le marché italien
« Moins connu que son frère Giorgio De Chirico, le ‘Picasso italien’ dont la cote ne cesse de grimper ces dernières années, Alberto Savinio n’en reste pas moins coté sur le marché. Ses Å“uvres intéressent particulièrement les collectionneurs italiens. » Ses Å“uvres surréalistes des années 1920 sont les plus recherchées. Datée de 1929, la toile mise en vente à Toulouse a ainsi été adjugée à un collectionneur italien à près de 208 000 euros (frais compris), dépassant largement son estimation fixée entre 40 000 et 60 000 euros.
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