Décès de Guy Loudmer, legs de 5 Caillebotte à Orsay, vol d’une œuvre de Banksy… les actus à retenir de la rentrée
Décès du commissaire-priseur Guy Loudmer, ouverture de la foire Performance Affair, legs de 5 Caillebotte au musée d’Orsay, vol d’un pochoir de Banksy… Pour ne rien manquer de l’actualité de l’art et de son marché, retrouvez les principaux faits et événements qui ont rythmé la rentrée…

Décès du commissaire-priseur Guy Loudmer

Guy Loudmer à Drouot, lors de la vente Lucien et Marcelle Bourdon, le 25 mars 1990. Adjudication totale : 500 millions de francs.
Le 27 août, le commissaire-priseur Guy Loudmer s’est éteint à l’âge de 86 ans, dans la commune de Sare au Pays basque. A la tête d’une étude parisienne particulièrement active dans les années 70 et 80, Guy Loudmer a marqué l’histoire de sa profession. A rebours de ses confrères généralistes, il fut l’un des premiers commissaires-priseurs à se spécialiser, privilégiant l’art moderne, les arts premiers et la bibliophilie du XXe siècle. Il organisa des ventes marquantes telles que la dispersion des collections de Marguerite et Aimé Maeght en 1982 et des époux Bourdon en 1990 comptant plusieurs Modigliani, Vlaminck et Derain.
Cette dernière vente, dite « vente du siècle », lui vaudra plusieurs mois de prison, accusé de détournement de fonds et d’abus de confiance aggravé. A la suite de cette affaire judiciaire, Guy Loudmer fut contraint de cesser son activité de commissaire-priseur et s’installa dans les locaux de la galerie Heinz Berggruen, grand marchand d’art parisien. En janvier dernier, ses archives professionnelles ont été acquises par la bibliothèque de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA).
Ouverture de la foire A Performance Affair
Lancée en 2018, la foire A Performance Affair revient à Bruxelles du 5 au 8 septembre. Cette seconde édition baptisée « re :production » interroge les notions de transferts et de reproductions des performances artistiques, dont peu d’artistes parviennent à tirer un revenu. Pour l’occasion, une trentaine d’artistes, tels que Ariane Loze (Galerie Michel Rein), Christian Jankowski (Lisson Gallery) ou Claudia Comte (Gladstone Gallery), sont invités à présenter leurs créations au public.
L’art chinois taxé à 15 % aux Etats-Unis
Le 1er septembre, un nouveau tarif douanier sur l’art et les antiquités chinois est entré en vigueur aux Etats-Unis. Le taux des droits d’importation est désormais surélevé de 10 à 15 %. Ce nouveau tarif s’applique à toutes les œuvres d’art, antiquités et pièces archéologiques d’origine chinoise, importées aux Etats-Unis, quel que soit le pays où elles ont été achetées. Cette taxe, qui intervient dans un contexte de guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, inquiète déjà l’ensemble des acteurs du marché de l’art. Elle pourrait notamment avoir des conséquences sur les ventes aux enchères en incitant les grandes maisons à organiser leurs ventes d’art asiatique en dehors des Etats-Unis, afin d’attirer des vendeurs internationaux.

Un legs de 5 Caillebotte pour le musée d’Orsay

Gustave Caillebotte, Portrait de Camille Daurelle dans le parc d’Yerres, 1877, Pastel sur papier© RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Patrice Schmidt
Le 2 septembre, le musée d’Orsay a annoncé l’entrée de cinq œuvres de Gustave Caillebotte dans ses collections, à la suite du legs de Madame Marie-Jeanne Daurelle, arrière-petite fille de Monsieur Jean Daurelle, maître d’hôtel du peintre. Décédée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans sans héritier, Marie-Jeanne Daurelle (1935-2019) avait décidé de faire don de l’ensemble de ses biens à la fondation Apprentis d’Auteuil, à l’exception de cinq œuvres de Caillebotte qu’elle possédait depuis des années dans son appartement de Levallois, à l’ouest de Paris, les conservant précieusement comme autant de photos de famille : trois peintures (Arbres en fleurs, Portrait de Jean Daurelle (en buste), Portrait de Jean Daurelle (en pied)), et deux pastels (Portrait de Camille Daurelle, Portrait de Camille Daurelle dans le parc d’Yerres). Ce legs est intervenu dans la plus grande discrétion, le musée d’Orsay n’ayant été informé en début d’année que par un simple coup de fil de notaire, sans aucun contact préalable avec la famille Daurelle. Il représente un enrichissement majeur pour les collections du musée, qui ne comptaient jusqu’alors que sept œuvres de l’artiste, parmi lesquelles Raboteurs de parquet ou encore Vue de toits (effets de neige).

Vol d’une œuvre de Banksy près du Centre Pompidou

Banksy, Fifty years since the uprising in Paris 1968. The birthplace of modern stencil art, panneau d’entrée du parking du Centre Georges Pompidou à Paris. © Photo Banksy
Dans la nuit du 1er au 2 septembre, un pochoir du street artist Banksy a été dérobé à Paris, probablement découpé à la scie. Peint sur l’envers du panneau d’entrée du parking souterrain du Centre Pompidou, il figurait un rat au visage masqué, brandissant un crayon, et était sous-titré « Fifty years since the uprising in Paris 1968. The birthplace of modern stencil art » (« Cinquante ans depuis les émeutes de 1968 à Paris. Le berceau de l’art du pochoir »). Le Centre Pompidou a déposé plainte « pour vol et dégradation, au sein d’un espace relevant de son périmètre ». Le pochoir était apparu le 25 juin 2018 et avait été revendiqué par l’artiste le lendemain sur son compte Instagram. Un précédent vol d’une œuvre de Banksy avait été dénoncé en janvier dernier sur une porte arrière du Bataclan.
Bertille Bak choisie pour la résidence de la Collection Pinault à Lens
Représentée par la galerie Xippas, Bertille Bak (née en 1983) a été choisie pour intégrer pendant dix mois la résidence d’artistes de la Collection Pinault à Lens. Portant un intérêt tout particulier aux cités minières, l’artiste, originaire d’Arras et lauréate de plusieurs prix d’art contemporain, compte y approfondir ses recherches portant sur les rapports entretenus entre les minorités et leurs territoires.
Haut de page