Des dessins de l’architecte Robert Mallet-Stevens en vente à Vichy
Le 14 mai, Etienne Laurent invite les enchérisseurs à explorer la Cité moderne imaginée par l’architecte Robert Mallet-Stevens (1886-1945), à travers un portfolio de trente-deux planches rehaussées au pochoir. Estimé entre 400 et 500 euros, ce rare recueil dévoile un florilège de projets architecturaux réalisés entre 1917 et 1921 par le futur architecte de la villa Noailles et fondateur de l’Union des Artistes Modernes.
« Une civilisation nouvelle, une science nouvelle, des besoins nouveaux, des matériaux nouveaux exigeaient des formes nouvelles ». D’abord marqué par les artistes de la Sécession viennoise tel Josef Hoffman, Robert Mallet-Stevens (1886-1945) s’est imposé comme l’une des figures majeures de l’esthétique moderne, défendant une nouvelle architecture basée sur le fonctionnalisme et le rationalisme, dans la lignée du Bauhaus.
Une cité moderne : un recueil d’architecture publié en 1922
En 1922, cet architecte autant que théoricien, publie un recueil d’architecture dévoilant sa conception de la Cité moderne. « Dans un cartonnage souligné d’un ruban vert, sont réunies trente-deux planches rehaussées au pochoir. Après avoir lu la préface passionnée de Frantz Jourdain, concepteur de la nouvelle Samaritaine et tenant du rationalisme en architecture, le lecteur ou plutôt l’explorateur découvre des bâtiments aux surfaces lisses, souvent symétriques, ponctuées d’ornements géométriques et de grandes surfaces vitrées », décrit Etienne Laurent qui présentera aux enchères depuis Vichy un rare exemplaire (estimé entre 400 et 500 euros) de ce portfolio le 14 mai en live sur interencheres.com.
Enchérir | Déposez un ordre d’achat secret ou suivez la vente du 14 mai en direct sur interencheres.com

De la Sécession viennoise à l’Architecture moderne
Réalisés entre 1917 et 1921, les trente-deux dessins, donnant à voir un projet de ville idéale pourvue de cinémas, de musées, de pavillons sportifs ou encore de halles, révèlent les influences multiples qui caractérisent le début de la carrière de Robert Mallet-Stevens. « Avec ce recueil, Mallet-Stevens se place dans le sillage de Josef Hoffmann, dont il découvre le Palais Stoclet, œuvre manifeste de la Sécession viennoise, alors qu’il se forme à l’École spéciale d’architecture de Paris. Mais on peut déceler également l’influence d’architectes comme Tony Garnier, avec sa Cité industrielle, ou Antonio Sant’Elia, avec sa Città Nuova. En somme, Une Cité Moderne constitue un jalon de la carrière de Mallet-Stevens. »

A cette époque, Mallet-Stevens commence peu à peu à se détacher de l’héritage viennois. En 1922, l’année même de la publication du recueil, il présente ainsi au Salon d’Automne une maquette du pavillon de l’Aéroclub, dans laquelle apparaissent les éléments stylistiques qui régiront désormais ses créations architecturales. « Le dynamisme y remplace la symétrie, la pureté prend le pas sur l’ornement et l’édifice s’organise autour d’un cylindre qui l’élève au-dessus des arêtes vives de sa base. Avec ce projet, Mallet-Stevens franchit un cap dans son art et sa réputation naissante est consolidée en 1923 par la commande des mécènes Charles et Marie-Laure de Noailles pour qui il conçoit une œuvre d’art totale : la villa Noailles, ce vaisseau blanc ouvert sur la Méditerranée et où prennent place le mobilier de Pierre Chareau et Eileen Gray, les tissus de Sonia Delaunay et les sculptures de Jacques Lipchitz. »

Haut de page