Le 8 février 2024 | Mis à jour le 8 février 2024

Des laques de Pham Hau et Alix Aymé aux enchères à Saint-Ouen

par Magazine des enchères

Le 17 février à Saint-Ouen-sur-Seine, la maison Oxio dévoilera une riche sélection d’œuvres d’art asiatiques, dont une Vue de Tolède d’Alix Aymé et un rare paravent de l’artiste vietnamien Pham Hau. 

 

La vente « Morceaux choisis » », organisée par la maison Oxio le 17 février à Saint-Ouen, près de Paris, fait la part belle à l’Asie. Une vitrine-armoire de style sino-japonais côtoie un service en argent de Sanju Saku et une toile de T’ang Haywen. Et même lorsque l’artiste est français, le sujet dépayse : ici, un carton En Chine signé Marie Laurencin. Mais la vacation doit avant tout sa richesse à la présentation de sept œuvres en laque réalisées par des artistes prestigieux, dont Pham Hau et Alix Aymé. « Elles nous ont été confiées par différents clients qui avaient eu connaissance du dynamisme de notre maison pour la spécialité des Arts d’Asie, détaille le commissaire-priseur François Bounie. Nous avons d’abord estimé ces laques sur photos, et avons immédiatement identifié le travail de chacun des artistes grâce aux signatures et aux styles uniques de chacune ».

 

Une Vue de Tolède par Alix Aymé

L’un des lots très attendus de la vente est une Vue de Tolède des années 1955-1960, signée en bas à droite par Alix Aymé (1894-1989) et provenant d’une maison du sud de la France. En 1920, l’artiste épouse Paul de Fautereau-Vassel avec qui elle voyage à Hanoï, où elle enseigne le dessin au lycée français. Après sa séparation avec le professeur de lettres, elle retourne vivre en Indochine pour préparer l’Exposition coloniale internationale de 1931. C’est à cette période qu’elle devient professeur de l’École des beaux-arts de l’Indochine, aux côtés du peintre Joseph Inguimberty avec qui elle participe au développement d’un département dédié à la laque, technique qu’elle acquiert auprès d’un maître laqueur japonais. Ensemble, ils s’attèlent à rétablir l’intérêt autour de la laque en formant une nouvelle génération d’artistes laqueurs, dont fait partie Pham Hau.

 

Alix Aymé (1894-1989). Vue de Tolède, vers 1955-1960. Laque sur panneau de bois. Signé en bas à droite. H. 77 cm – L. 153,5 cm. Estimation : 20 000 – 25 000 euros.

 

Le panneau, estimé de 20 000 à 25 000 euros, est caractéristique du traitement qu’Alix Aymé emploie habituellement pour cette thématique, avec un cadrage panoramique, une perspective profonde et un large éventail de couleurs – autant d’éléments qu’elle doit à sa formation auprès de Maurice Denis. L’artiste est célèbre pour avoir participé à la modernisation de la technique des laques par le déploiement de la gamme de couleurs. Ici, elle use de tons riches et nuancés, allant du bleu à l’orange.

 

Un paysage du Tonkin par Pham Hau

Autre pièce maîtresse de la vente : un paravent à six feuilles réalisé par Pham Hau (1903-1995). « Il était accroché au mur dans une salle à manger. Les panneaux étaient réunis par une large baguette en bois au niveau du piétement, que nous avons retirée afin de lui redonner sa fonction originelle », précise le commissaire-priseur. Ces dernières années, l’artiste vietnamien suscite un engouement croissant sur le marché. Et pour cause, il est considéré comme l’un des plus grands maîtres laqueurs du XXe siècle. « Ici, on reconnaît très bien le travail de l’artiste, avec ce goût pour représenter son Tonkin natal, l’art de la composition, le choix harmonieux des couleurs, et bien sûr la qualité inégalable du travail de la laque, légèrement en relief », décrit François Bounie.

 

Pham Hau (1903-1995). Paysage du Tonkin. Rare Paravent à six feuilles. Laque en léger relief sur six panneaux de bois. Chaque panneau : H. 100,5 cm – L. 28,5 cm. Dimensions totales : H. 100,5 cm – L. 172,5 cm. Estimation : 60 000 – 120 000 euros. 

 

En 1929, alors qu’il travaille à la gare de Hanoï, Pham Hau intègre la quatrième promotion de l’École des beaux-arts de l’Indochine. Il y apprend l’art de la peinture, mais aussi de la laque auprès de professeurs comme Victor Tardieu, Joseph Iguimberty et Alix Aymé qui lui enseigneront la maîtrise de cet art ancestral, tout en l’enjoignant à le moderniser à l’aune des influences de la peinture occidentale moderne. 

Si le panneau est estimé de 60 000 à 120 000 euros, les résultats récents laissent présager une belle bataille d’enchères. Rappelons qu’un triptyque en laque dévoilant une Harde en pleine jungle avait trouvé preneur à 380 000 euros sous le marteau de Guillaume Le Floc’h en 2019 à Saint-Cloud, alors qu’il était estimé… 70 000 euros. 

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