Le 15 novembre 2021 | Mis à jour le 15 novembre 2021

Des meubles des Artisans de Marolles aux enchères à Tours

par Diane Zorzi

Les créations de Jean Touret et des Artisans de Marolles seront à l’honneur le 20 novembre à Tours, à l’occasion de la dispersion aux enchères d’un ensemble mobilier issu de cet atelier du Loir-et-Cher, emblématique des années d’après-guerre.

 

L’aventure de la coopérative de Marolles naît de la rencontre d’un artiste, peintre et sculpteur, promis à une belle carrière, Jean Touret (1916-2004), et d’artisans originaires du Loir-et-Cher. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jean Touret s’installe à Marolles, un petit village de 450 habitants, situé à quelques kilomètres de Blois. Au train de vie bourgeois qu’il menait avant-guerre, l’artiste préfère désormais les réjouissances de la campagne, partageant avec les hommes du village un même quotidien simple, rustique, en symbiose avec la nature. Avec les artisans du Loir-et-Cher, il fonde en 1950 l’atelier des « Artisans de Marolles », une association de production de meubles et objets décoratifs, dont il prend la direction artistique, réunissant un ébéniste, un ferronnier, un vannier et, bientôt, un céramiste – autant de savoirs-faires traditionnels qu’il entend valoriser, à rebours de l’industrialisation. Naissent des pièces de mobilier épurées, confectionnées à partir de matériaux naturels tel le chêne blond, dont la vente tourangelle du 20 novembre dévoile un florilège.

 

 

Artisans de Marolles et du Loir-et-Cher, sous la direction artistique de Jean Touret (1916-2004). Série de six chaises en chêne clair, le dossier rectangulaire et l’assise trapézoïdale sculptés en nid d’abeille à l’herminette. L’ensemble reposant sur quatre pieds fuselés. Estampillé au fer MAROLLES avec l’éléphant. Vers 1960. 95 x 40,5 x 45 cm. Estimation : 2 000 – 3 000 euros.

 

Un ensemble mobilier des « Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher » acquis dans les années 1960

L’ensemble mobilier présenté aux enchères à l’Hôtel des ventes Giraudeau à Tours fut acquis dans les années 1960 par un couple de la région et demeurait jusqu’alors dans la collection familiale. Il compte un tabouret au piètement tripode (400 – 600 euros), une table rectangulaire en chêne clair, reposant sur des pieds de métal laqué noir (3 000 – 5 000 euros), deux appliques en fer forgé à patine noire (400 – 600 euros), une enfilade ouvrant par quatre portes sculptées en nid d’abeille à l’herminette (estimée entre 2 000 et 3 000 euros), une série de six chaises à l’assise trapézoïdale (2 000 – 3 000 euros), un bureau rectangulaire réalisé sur commande (1 000 – 1 500 euros) et un meuble haut ouvrant par deux portes ajourées (1 500 – 2 000 euros). Ces cinq dernières pièces arborent l’emblématique estampille en forme d’éléphant.

 

La cote du mobilier des Artisans de Marolles

Les meubles de la vente tourangelle correspondent à la deuxième période du projet humaniste porté par Jean Touret, dite des « Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher ». En 1959, le mobilier des « Artisans de Marolles » rencontra un tel succès commercial que, pour répondre à la demande croissante, la coopérative accueillit en son sein de nouveaux artisans, originaires des communes voisines, donnant naissance aux « Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher ». Au départ de Jean Touret qui, en 1964, se détourne du projet pour se consacrer à la sculpture, le groupe, alors dénommé « Artisanat de Marolles », perdra de son unité et s’écartera progressivement du projet initial, insufflant un nouveau design aux pièces de mobilier. Aujourd’hui, les créations des premières heures, signées des « Artisans de Marolles » (1950-1959) et des « Artisans de Marolles et de Loir-et-Cher » (1959-1964), connaissent un succès grandissant sur le marché. En témoigne l’adjudication record portée à 32 400 euros pour une enfilade des « Artisans de Marolles » vendue par Guillaume Cornet en 2017 à Blois. Estimés de 400 à 5 000 euros, les meubles vendus à Tours le 20 novembre confirmeront sans aucun doute l’engouement pour cet artisanat qui se démarqua par ses créations rustiques, au design moderne, faisant appel à un savoir-faire séculaire, à une époque où la standardisation et la production en série étaient de mise.

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