Le 11 février à Paris, François et Sandrine Dupont disperseront aux enchères la collection de l’actrice, comédienne et dramaturge Marie Bell. Des décors de théâtre de Jean Hugo aux documents autographes de Jean Cocteau, cette vente livre un témoignage exceptionnel du monde artistique de la première moitié du XXe siècle.
« La vente des souvenirs littéraires de Marie Bell dresse le portrait d’une artiste hors du commun et un passionnant tableau du monde vibrant dans lequel elle a vécu », annonce l’ancien Ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon. Marie Bellon (1900-1985), dite Marie Bell, a incarné au théâtre les plus grands rôles féminins, de Roxane, lors de l’entrée de Cyrano de Bergerac au répertoire de la Comédie Française en 1938, à Phèdre qu’elle interprète avec un tel talent qu’André Malraux l’érige en exemple du « génie français ». Comédienne dramatique à la Comédie française et au théâtre du Gymnase qu’elle dirige pendant 25 ans, Marie Bell s’illustra également à l’écran, jouant pour les plus grands cinéastes tels Henri Georges Clouzot, Abel Gance, Julien Duvivier ou Luchino Visconti. Autant de facettes que la vente aux enchères orchestrée par François et Sandrine Dupont révélera le 11 février prochain à travers la dispersion d’ouvrages, documents autographes et tableaux modernes conservés jusqu’à ce jour par la famille de l’actrice et dramaturge.
Des esquisses de décors de Jean Hugo
Des pièces dont Marie Bell tint le rôle vedette demeurent les esquisses des décors conçus par Jean Hugo (1894-1984) pour Antoine et Cléopâtre, Andromaque ou Phèdre. Ce peintre et décorateur qui collabora notamment avec Pablo Picasso, Max Ernst et Jean Cocteau, lui fit don de plusieurs gouaches et paravents qu’il accompagnait de dédicaces affectueuses témoignant de leur relation intime : « A Marie mon serpent du vieux Nil amoureusement », « A Marie suave autant que la myrrhe », « A Marie avec qui ont voudrait consumer en baiser des royaumes ». Jean Hugo et Marie Bell se rencontrèrent en 1942, année au cours de laquelle la comédienne incarnait sur les planches le personnage d’Andromaque. « Jean Hugo ne sera pas associé à cette pièce mais ses décors seront utilisés l’année suivante pour Phèdre, dans une mise en scène de Jean-Louis Barrault », précisent les commissaires-priseurs. « J’assistai au premier acte sur le plateau, se souvient Jean Hugo. Marie Bell avait la couleur d’une perle dans des draperies couleur sang. »
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Coupe de fruits devant la méditerranée, jeune femme dans un paysage au ciel bleu
Paravent à deux feuilles double-face
Huile sur toile
L’un des panneaux signé
125 x 51 cm chaque panneau
Provenance : Appartement de Marie Bell à Monaco Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Marie Bell en Phèdre
Paravent à deux feuilles double-face
Pastel signé en bas de l’un des panneaux, encadré sous verre
122 x 49 cm chaque panneau
Cadre en bois cerusé
Provenance : Appartement de Marie Bell à Monaco Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour » Antoine et Cléopatre «
Gouache dédicacée au dos » A Marie avec amour Jean »
8 x 12 cm
Encadrée sous verre
Mouillures Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour » Antoine et Cléopatre «
Gouache dédicacée au dos : « A Marie avec qui on voudrait consumer en baiser des royaumes Jean »
6.5 x 12 cm
Mouillures
Encadrée sous verre Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour « Antoine et Cléopâtre »
Gouache et aquarelle dédicacée au dos
7 x 10.5 cm
Encadrée sous verre Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour « Antoine et Cléopâtre »
Gouache dédicacée au dos.
7 x 10.5 cm
Encadrée sous verre Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour ‘Antoine et Cléopâtre »
Gouache dédicacée au dos : » La courronne de l’univers se dénoue mais Marie est toujours dans mon coeur Jean »
7 x 10.5 cm
Encadrée sous verre
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour ‘ »Antoine et Cléopâtre »
Gouache dédicacée au dos : « A Marie mon serpent du vieux Nil amoureusement Jean »
6 x 10 cm
Encadrée sous verre
« Le serpent du vieux Nil est aussi une allusion à Cléopâtre :
…As-tu là ce joli serpent du Nil qui tue sans faire mal ? (Acte V scène II)
Peut-être le décor de cette scène avec Charmian, suivante de Cléopâtre et l’homme qui apporte le serpent.
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décors et costumes pour « Andromaque » à la Comédie-Française. 1939
Gouache au clair de lune sur papier noir dédicacée au dos : « Bonne fête Marie 15 Août 1939″
9.5 x 16 cm
Encadrée sous verre
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour « Antoine et Cléopâtre »
Lavis et lavis d’encre et gouache dédicacée au dos « A Marie suave autant que la myrrhe Jean «
4 x 8 cm
Encadrée sous verre
« Antoine et Cléopêtre »de William Shakespeare, 1945, mise en en scène Jean Louis Barrault, décor et costumes de Jean Hugo.
« Antoine et Cléopâtre, William shakespeare, 1945 Mise en scène Jean-Louis Barrault, décor et costume de Jean Hugo, Marie Bell est Cléopâtre
Acte V scène II :
Cléopâtre. Suave comme la myrrhe, aussi subtil que l’air, aussi tendre… O Antoine ! (Elle applique à son bras un second aspic.) Viens ! je vais te nourrir aussi. Pourquoi demeurer plus longtemps…
[Elle meurt] »
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Vase de fleurs et papillon
Gouache
Carte de voeux dédicacée et signée du 29.12.49
Encadrée sous verre
Mouillures
12 x 9 cm Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Esquisse de décor pour « Ruy Blas » 1938.
Gouache dédicacée » Marie, je t’embrasse Jean «
5 x 7.5 cm
Encadrée sous verre.
Une gouache similaire sous un angle différent et un peu plus détaillée, est conservée à la Bibliothèque-musée de la Comédie Française.
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Cartes de voeux 1958, 1959 et 1962.
Ensemble de six cartes de voeux montées sous verre représentant des vases de fleurs à l’encre et à la gouache enrichies de trois charmants messages.
13 x 7.5 cm,13 x 9 cm, 12 x 7.5 cm et 8 x 3.5 cm.
Mouillures
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Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Jean HUGO (1894 – 1984)
Vase de fleurs
Huile sur cartoin signée en bas à droite
28.5 x 18.5 cm Voir le lot
Par DUPONT & Associés – Hôtel des ventes de Morlaix à Paris
le 11/02/2022 : Christian BERARD (1902 – 1949) attribué à
Etudes de costumes
Deux gouaches sur papier rouge portant des mentions manuscrites au crayon.
49 x 25 cm
Porte une étiquette : « Robe de C.Berard Coll Marie Belle » et au dos la mention manuscrite » Prêt de Marie Bell expo. Jean Cocteau » et le cachet de la Galerie Proscenium 35, rue de Seine Paris 6e.
Sous verre. Pliures.
« Renaud et Armide » est la seule pièce de Jean Cocteau dans laquelle joue Marie Bell et dont les costumes sont de Christian Bérard. Toutefois ces maquettes de costumes pour Marie Bell en Armide ne semblent pas correspondre à la description qu’en fait Jean Hugo.
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Des œuvres et documents autographes de Gen Paul, Cocteau et Céline
Ces témoignages d’affection, Marie Bell en reçut de maintes personnalités, à l’instar des peintres Gen Paul et Christian Bérard, dont elle possédait plusieurs œuvres, du Ministre de la Culture de l’époque, André Malraux, ou encore des écrivains Jean Cocteau, André Gide, Louis Ferdinand Céline et Jean-Paul Sartre, dont la vente dévoile un ensemble de documents autographes et livres dédicacés. « Les grands auteurs de son temps manifestèrent leur marque d’amitié en lui offrant leurs œuvres sur grand papier ou accompagnés d’envois conservés par la tragédienne en témoignage de leur fidélité », expliquent François et Sandrine Dupont. Une note manuscrite de trois pages de Jean Cocteau (1 500 – 2 000 euros) et une édition originale de Mort à crédit de Céline, avec envoi (6 000 – 8 000 euros) côtoient ainsi à la vente un ensemble exceptionnel de livres illustrés à l’eau-forte, à la pointe sèche ou à l’aquatinte par Picasso. « Cette vente fait bien œuvre d’histoire, conclut Jean-Jacques Aillagon. Elle contribue à ce travail incessant d’édification de la mémoire des choses et de la compréhension de leur cours. Elle conserve la trace de nombreuses petites histoires et les échos qu’on y retrouve nous introduisent également dans le champ bouleversant de l’Histoire tout court. »
Jean Cocteau. Très belle louange manuscrite à Marie Bell, de 3 pages (21×27) de 35 lignes. Encadrée sous verre. « Salut à Marie Bell Madame Marie Bell témoigne d une grande race éteinte, et, loin d être une dernière écume de cette ancienne vague, elle en témoigne avec sa jeunesse, à l âge où les femmes hésitent entre le fruit et la fleur. Cette grande race morte n est autre que celle des tragédiennes. Aujourd’hui la frimousse remplace le visage, le naturel, la transcendance des sentiments, le charme, la crise, les voix acides, l organe grave et parfois même enroué dont le timbre de madame Yvonne de Bray donna l exemple. [Seulement madame Yvonne de Bray symbolise les reines de comédie et madame Bell les reines de tragédie, un de ces « monstres sacrés » que drape la pourpre des Césars et le sang des héros. [L’admirable chez madame Marie Bell c est qu’elle semble jouer en se jouant, alors que sa bouche hausse la moindre syllabe jusqu’au relief d une phrase ou d un geste. [Soit qu elle traîne à sa suite la honte innocente de Phèdre, la douce détresse de Bérénice, l orgueil outragé d Agrippine, c est toujours la tragédie assise sur son trône rouge et or, le vrai’ théâtre qui triomphe, sans oublier les feux du lustre que Charles Baudelaire préférait au spectacle. Jean Cocteau (avec son étoile) ». Estimation : 1 500 – 2 000 euros.