Le 22 novembre 2015 | Mis à jour le 27 novembre 2015

Deux portraits inédits de Vigée Le Brun resurgissent !

par Interencheres

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[Lot du jour] Une inconnue aux pommettes rosées et à la robe d’un bleu éclatant, une jeune comtesse aux cheveux lâches et à la pose détendue… Treize ans les séparent et pourtant ces deux portraits sont tous deux de la main d’Elisabeth Louise Vigée Le Brun, la plus célèbre portraitiste française de l’Ancien Régime. Alors que la rétrospective qui lui est consacrée au Grand Palais bat son plein, ces deux portraits inédits de la peintre officielle de Marie-Antoinette seront proposés durant les ventes de fin d’année.
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Réputée pour sa grande beauté et l’élégance de son art, Vigée Le Brun (1755-1842) sut très rapidement trouver sa place dans les cercles fermés de l’aristocratie de la fin du XVIIIe siècle. Louée pour le caractère vivant de ses compositions et la manière dont elle transcrivait les carnations, elle savait également distraire ses modèles pendant des temps de pose généralement très longs. Séparés par plus d’une décennie, deux de ses portraits ovales seront prochainement mis en vente à quelques jours d’intervalle : le premier, un portrait de femme au pastel (58 x 47 cm) de 1774, par Maître Matthias Jakobowicz le dimanche 29 novembre 2015 au château de Vaux-le-Vicomte et sur le Live d’Interencheres ; le second, une huile sur toile (92 x 72 cm) de 1787 figurant la comtesse de Béon, par Maître Jalenques le samedi 5 décembre 2015 à Clermont-Ferrand et également sur le Live d’Interencheres.
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Estimé 10 000 à 12 000 euros, le pastel est une œuvre de jeunesse, le goût de cette technique lui ayant été transmis par son père, Louis Vigée. Au crayon noir en bas à gauche, l’artiste signe de son nom de jeune fille, « Mademoiselle Vigée », son mariage n’intervenant que deux ans plus tard en 1776. Quant au modèle, il n’est pas formellement identifié : « le carnet de commandes de l’artiste pour l’année 1774 recense plusieurs demandes de portrait, le doute plane donc encore sur son identité, explique l’expert Louis de Bayser. Papier marouflé sur toile présenté dans son cadre d’origine, cette œuvre remarquable se distingue par la beauté de la matière, la brillance des étoffes et la variété et l’éclat des bleus, obtenus grâce à l’utilisation inégalable du pastel par l’artiste. L’estimation reste abordable pour ce portrait en très bon état, qui trouvera de nombreux échos au Grand Palais, l’exposition regroupant une quarantaine de pastels ».
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A gauche : Portrait de femme, 1774, pastel, 58 x 47 cm, est. 10 000 – 12 000 euros.
A droite : Portrait de la Comtesse de Béon, 1787, huile sur toile, 92 x 72 cm, est. 200 000 – 300 000 euros.
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Elégant et moins classique, le second portrait représente la comtesse de Béon, nommée en 1782 « dame à accompagner » de la fille de Louis XV, Madame Adélaïde. « Vigée Le Brun utilise pour ce portrait toutes les recettes qui ont fait sa réputation : une tendance à l’idéalisation qui respecte néanmoins les traits du modèle, une coiffure délicatement retenue par un ruban et une pose légèrement désaxée avec le buste tourné vers la gauche et le regard porté vers la droite, constate l’expert du cabinet Turquin, Julie Ducher. On note par ailleurs quelques ressemblances avec le portrait de Madame d’Aguesseau (1789), aujourd’hui conservé à la National Gallery, à commencer par la couleur bordeaux du vêtement. Le portrait est également caractérisé par une simplicité propre à la production de l’artiste : les ornements sont délaissés au profit d’une tenue sobre loin des vêtements d’apparat, les cheveux de la comtesse retombent souplement et de manière asymétrique sur l’épaule, la pose n’est pas rigide… L’artiste attire ainsi notre regard sur la seule figure du modèle. »
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20151027-vigee-banniere2Outre sa toile d’origine et sa provenance (l’œuvre a été conservée par la descendance de la portraiturée), la datation est également importante : « 1787 est l’une des plus belles années de production de l’artiste, explique Julie Ducher. C’est au Salon de cette année que Vigée Le Brun expose le portrait de Marie-Antoinette entourée de ses enfants – actuellement visible au Grand Palais – qui marque son importance politique auprès de la cour. »
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Quant à l’accueil réservé à ce portrait par le marché, Julie Ducher est confiante. « Cette remarquable toile est estimée 200 000 à 300 000 euros, une estimation raisonnable quand on sait que la duchesse de Guiche, fille de la duchesse de Polignac – pourtant plus tardive, datée de 1794 – avait été adjugée 350 000 euros en 2013, précise-t-elle. Il y a fort à parier que notre comtesse de Béon, première version de son état, remportera encore plus de succès malgré un vernis encrassé car facile à nettoyer. Nul doute aussi que l’actuelle présence médiatique de l’artiste dans le domaine culturel sera également opportune. Cette pièce digne d’un musée peut intéresser les particuliers comme les institutions, et pourquoi pas le marché américain, à l’instar du commissaire de l’exposition au Grand Palais, Joseph Baillio, lui-même américain et preuve vivante de cette culture francophile outre-Atlantique. »
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Lien vers l’annonce de la vente aux enchères de Maître Jakobowicz
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Lien vers l’annonce de la vente aux enchères de Maître Jalenques

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