Le 22 janvier 2019 | Mis à jour le 25 janvier 2019

Deux refuges conçus par Jean Prouvé aux enchères à Dijon

par Diane Zorzi

Jeudi 31 janvier 2019 à Dijon, Maîtres Guilhem et Christophe Sadde proposeront aux enchères deux refuges emblématiques conçus par Jean Prouvé. Estimés à plus de 20 000 euros, ils furent construits en 1974 sur le Col de la Vanoise en Savoie.

 

Avis aux architectes et admirateurs de Jean Prouvé. Deux refuges conçus par le maître du préfabriqué seront mis aux enchères par Maîtres Guilhem et Christophe Sadde le 31 janvier 2019 à Dijon, expertisés par Emmanuel Eyraud. Ils furent construits en 1974 dans le Col de la Vanoise, avant d’être démontés au début des années 2010. « Ils ont fait partie du paysage de la Savoie durant plus de quarante ans, détaille un collaborateur de la maison de ventes Sadde. Ils ont été remplacés par des structures modernes pourvues de matériaux plus isolants. Ils sont aujourd’hui mis en vente par la Fédération des clubs alpins et de montagne (FFCAM). »

 

 

Deux refuges imaginés par Jean Prouvé et Léon Petroff 

Le premier refuge présente une superficie au sol de 174,24 m2, tandis que le second mesure 73,44 m2. Ils ont été conçus par l’architecte Jean Prouvé et l’ingénieur Léon Petroff à la fin des années 1960. « Dès 1969, tous deux imaginent des bâtiments presque identiques à ceux de la Vanoise, explique l’expert Emmanuel Eyraud. L’architecte urbaniste Guy Rey-Millet, travaillant au sein de l’Atelier d’Architecture en Montagne (A.A.M.), utilise leurs créations pour les adapter dans un environnement d’altitude et fait ainsi construire les deux refuges en 1974 sur le Col de la Vanoise. Ce système de préfabriqués avec ce type de structure primaire métallique (ossature verticale, ossature plancher et charpente tridimensionnelle) et avec les panneaux Matra est une conception d’ingénieur. Mais elle est aussi, en elle-même, une conception architecturale. Ces bâtiments sont ainsi tout autant une œuvre de savants du métal, que celle d’un architecte. »

 

 

Des constructions en préfabriqué typiques de l’après-guerre

Au lendemain de la guerre, Jean Prouvé s’illustra à travers des constructions en préfabriqué pourvues de matériaux légers et d’éléments facilement combinables. Il imagina ainsi en Lorraine des structures provisoires d’urgence, à faible coût, destinées aux personnes dans le besoin, à l’image de la « Maison des Jours Meilleurs » qu’il conçoit dans les années 1950 à la demande de l’abbé Pierre pour loger des sans-abris.

 

Des refuges estimés à plus de 20 000 euros

Aujourd’hui, les créations ingénieuses de Jean Prouvé s’échangent à prix d’or. Il faudra ainsi compter entre 20 000 et 30 000 euros pour le premier refuge et entre 30 000 et 50 000 euros pour le second. « Ils intéresseront les passionnés d’architecture, mais pourraient également attirer les associations montagnardes », note un collaborateur de la maison de ventes Sadde.

 

 

Crédit photo : Philippe Caire

 

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