Le 26 avril, Dominique Le Coënt-de Beaulieu dispersait 362 lots lors d’une vente aux enchères de prestige organisée exclusivement en live depuis l’Hôtel des ventes de Senlis. Théâtre de batailles d’enchères acharnées, la vente a attiré sur le live plus de 1 330 internautes, une audience record pour le commissaire-priseur du groupe Actéon.
Dimanche dernier, Dominique Le Coënt-de Beaulieu organisait une vente aux enchères de prestige à l’Hôtel des ventes de Senlis. Conformément aux mesures sanitaires, la vente se tenait sans exposition préalable et exclusivement sur Internet. Une contrainte qui n’a pas réfréné les acheteurs, nombreux à prendre part aux enchères. « Je n’ai jamais vu de tels chiffres d’audience durant mes ventes live », confie le commissaire-priseur du groupe Actéon. « Plus de 1 330 personnes, aussi bien françaises et européennes qu’originaires du Canada, du Japon ou encore de la Turquie, étaient inscrites à la vente et 466 ordres d’achat secrets ont été déposés sur interencheres.com. Nous avons dépassé tous nos plus grands records d’audience sur le live, à commencer par celui enregistré lors de la vente du panneau de Cimabue le 27 octobre dernier qui avait attiré plus de 570 internautes. »
Des internautes dynamiques et un taux d’invendu exceptionnellement faible
Depuis le début du confinement, les enchérisseurs sont de plus en plus nombreux à tenter l’expérience des ventes 100 % live. « Les clients qui achètent habituellement en salle adoptent ce nouveau mode d’acquisition, tandis que les internautes fidèles d’Interencheres se polarisent sur les ventes qui sont maintenues », explique Dominique Le Coënt-de Beaulieu. Moins nombreuses, les pièces dispersées aux enchères sont alors d’autant plus disputées par les enchérisseurs. En témoignent le taux d’invendu exceptionnellement faible (0,04 %) et les batailles d’enchères successives enregistrées à l’Hôtel des ventes de Senlis dimanche dernier. « De nombreuses œuvres se sont vendues plus cher qu’à l’accoutumée, telle qu’une toile de Guy Legendre (né en 1946) qui a trouvé preneur à 744 euros (frais compris), alors que les œuvres de cet artiste se vendent plus volontiers autour de 300-400 euros. »
Guy Legendre (Né en 1946), « Ploumanach ». Huile sur toile signée en bas à droite et titrée au dos. 50 x 61 cm. Adjugé à 744 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis.
Une toile de Robert Lefèvre acquise par le Musée des Beaux-Arts de Caen
Les enchères se sont ainsi envolées pour un brillant sur papier (43 053 euros en live), un bureau d’époque Louis XV (26 040 euros), un panneau attribué au peintre romantique allemand Carl Gustav Carus (22 940 euros) ou encore un autoportrait attribué à Robert Lefèvre (22 320 euros). « L’intérêt était particulièrement soutenu pour Robert Lefèvre (1755-1830) dont nous présentions trois toiles. Elles provenaient de la collection d’un ami du peintre mais avaient la particularité de ne comporter aucune signature. Aussi, par prudence, nous les avions présentées comme étant attribuées à l’artiste, bien que leur authenticité laissait peu de place au doute.Le Musée des Beaux-Arts de Caen s’est d’ailleurs porté acquéreur, pour 2 976 euros, du Christ en croix avec Sainte Véronique à ses pieds, qui n’était autre que le projet d’une œuvre perdue de leur collection. »
Attribué à Robert Lefèvre (1755-1830), « Christ en croix avec Sainte Véronique à ses pieds ». Huile sur toile. (Restaurations et rentoilage). 57,5 x 39 cm. Porte au revers une ancienne étiquette recollée sur la nouvelle toile marquée « Christ en croix, projet pour une toile figurant au Musée de Caen ». Adjugé à 2 976 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis.
Une préemption par téléphone du musée Condé
Deux assiettes et un rafraîchissoir en porcelaine portant le monogramme d’Henri d’Orléans (1822-1897), le duc d’Aumale, ont quant à eux été préemptés par le musée Condé du château de Chantilly, qui, confiné, a usé de son droit à distance, par téléphone. « C’est une grande première dans le droit de préemption », explique le commissaire-priseur. « Les textes actuels ne prévoient pas les préemptions à distance. Un représentant des musées nationaux doit obligatoirement être présent en salle. Mais le ministère de la Culture, ainsi que la direction générale des Patrimoines et le service des Musées de France, ont été consultés avant la vente et ont accepté sans difficulté, compte tenu des circonstances exceptionnelles. » Financée par les Amis du musée Condé, cette acquisition vient ainsi compléter la riche collection d’arts de la table présentée depuis la fin du XIXe siècle au sein de l’institution oisienne.
[A gauche] Deux assiettes en porcelaine blanche et or à décor central du monogramme « H.O » couronné pour Henri d’Orléans, Duc d’Aumale. Porcelaine de Sèvres. Marquées au revers du tampon monogrammé « L.P » pour Louis-Philippe et datées de 1845. Diam. : 24 cm. Adjugé à 744 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis. [A droite] Petit rafraîchissoir en porcelaine blanche à décor du monogramme « H.O » couronné d’Henri d’Orléans, Duc d’Aumale. Porcelaine de Paris. Marqué en lettres rouges au revers :« Paul Blot Paris 3 rue de la Paix ». Seconde moitié du XIXe siècle. (Éclat au col, petit choc dans le fond). Haut. : 10 cm. Adjugé à 558 euros (frais compris) par Actéon Senlis le 26 avril à Senlis.
Un produit vendu total de près de 570 000 euros
« Cette vente est la preuve qu’avec des illustrations de qualité et des fiches fournies, les internautes et même les musées n’hésitent pas à enchérir sans avoir vu le lot. Il faut dire qu’avec les outils développés sur interencheres.com, les internautes peuvent zoomer au plus près de l’image et ainsi apprécier chaque détail de l’objet. » Totalisant 567 052 euros (frais compris) d’adjudications, la vente doit aussi son succès au long travail de préparation mené en amont par le commissaire-priseur et ses collaborateurs. « L’absence d’exposition publique nous oblige à compenser par la mise en place de renseignements sur mesure. Nombre de clients nous ont contactés pour obtenir des rapports de condition et des informations complémentaires et il nous a fallu répondre à chacun d’eux. C’est un travail long et fastidieux, mais c’est la clé de la réussite », conclue le commissaire-priseur qui, fort de ce succès, organisera ses prochaines ventes les 6 et 20 mai en live confiné depuis l’Hôtel des ventes de Senlis.
Découvrez notre sélection d’adjudications parmi les lots dispersés le 26 avril
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Robert LEFEVRE (1755-1830) Attribué à
« Autoportrait assis tenant une palette et ses pinceaux »
Huile sur toile.
(Deux petites restaurations au revers)
33 x 24 cm.
Cadre en bois et stuc doré à décors de frises de palmettes, d’époque Restauration.
Provenance :
Selon la tradition familiale cette oeuvre (et les deux autres présentées dans cette vente) a été achetée par un aïeul qui était un ami de Robert Lefèvre, puis conservée par descendance. Le sujet a toujours été connu comme l’autoportrait de l’artiste. La physionomie du personnage est d’ailleurs semblable à celle de l’autoportrait de Robert Lefèvre aujourd’hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Caen (ref d’inventaire n°278).
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Carl Gustav CARUS (1789 – 1869) attribué à
« Clair de lune sur une église près d’une rivière »
Huile sur panneau annotée au dos « Carl Gustav Carus »
35 x 45 cm.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Jean-Baptiste LALLEMAND (Dijon vers 1710 – Paris vers 1803)
« Baigneuses près d’une fontaine »
Huile sur toile.
(Restaurations anciennes, rentoilage et petits manques)
64,5 x 49 cm.
Cadre à pastel en bois redoré d’époque Louis XV.
Le certificat ancien que nous avons évoqué sera remis à l’acquéreur.
Correctif au catalogue le 24/04/2020 : Nombreuses restaurations.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Maurice DENIS (1870 – 1943)
« Vieille maison à Conches » 1914
Huile sur carton.
Signé et daté en bas à droite : « MAVD.1914 ».
32,5 x 24,5 cm
Exposition:
– Mi-juin-30 juin 1916, Paris, galerie Druet, Exposition d’oeuvres récentes de Maurice Denis et de sculpture de Mme Bernières Henraux.
Provenance:
– 1916, laissé en dépôt à la galerie Druet après l’exposition ; entré à la galerie le 1er juillet sous le n° 8690, à vendre 800 F net pour l’artiste – resté en dépôt chez Druet au moins jusqu’en 1918 – date de sortie de la galerie Druet inconnue.
Peu après la déclaration de guerre du 1er août 1914, Denis s’engage. Mobilisé en octobre, il est affecté début novembre 1914 à Conches-en-Ouche (Eure), dans le corps des gardes des voies de communication, (GVC), chargé de la protection des accès menant à la capitale. Il sera muté à Évreux le 15 décembre, et libéré le 20 mars 1915, suite à la naissance de son fils François. Denis prend des croquis sur le motif, et peint le soir dans la chambre d’hôtel où il loge.
Ce tableau reprend de façon très précise deux croquis dessinés au crayon léger, dans un carnet utilisé par Denis à Conches Le peintre se montre intéressé par la structure archaïque de la bâtisse, ses pans de bois, mais aussi par ses proportions et sa position inhabituelle par rapport à la route et peut-être au viaduc qui passe en hauteur, d’où le dessin peut avoir été pris. Cette oeuvre est référencée dans les Archives du Catalogue Raisonné de Maurice Denis sous le n°914.0043.
Un certificat de Madame Claire Denis sera remis à l’acquéreur.
Expert : Cabinet BRAME et LORENCEAU.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Georg Philip RUGENDAS (1666-1742) Attribué à
« Chocs de cavalerie »
Paire de toiles formant pendant, portant au revers des inscriptions sur la toile numéro 98 et des anciennes étiquettes d’expositions.
(Restaurations anciennes et rentoilage)
31,8 x 42,2 cm.
Expert : Cabinet TURQUIN, Monsieur Stéphane PINTA.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : C. BECHSTEIN, Berlin
Piano quart de queue modèle M en placage de noyer verni soyeux. Repose sur trois pieds en gaine munis de roulettes. Pédalier à trois pédales. Clavier à 52 touches en ivoire. Cadre en fonte dorée à cordes croisées numéroté 160494.
(Insolé sur la partie avant et le côté gauche, certaines touches en ivoire jaunies, petit accident du côté gauche en bas)
Haut. : 100 cm – Larg. : 152 cm – Prof. : 180,5 cm.
Poids brut : 430 kg.
Avec sa facture d’achat originale du 2 Juillet 1969. Resté en possession du même propriétaire depuis.
On y joint une petite banquette rectangulaire en bois teinté avec assise en skaï marron de style Louis XVI.
Haut. 49 cm – Larg. 76 cm – Prof. 35,5 cm.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : IRAN
Grande plaque en céramique émaillée polychrome et vernie représentant un portrait d’homme tenant une hache devant une architecture entièrement agrémentée de feuillages et oiseaux. Bordure fleurie ornée de réserves avec des caligraphies.
Epoque Kadjar, XIXe siècle.
(Léger fêle de (cuisson?) au milieu à droite)
Avec des fixations en acier.
50,5 x 39 cm
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Jean-Léon GEROME (1824-1904)
« Phryné devant l’aréopage »
Crayon noir.
Annoté sur le dessin supérieur « par JL.Gérôme » en bas.
Au revers de chaque desssin, cachet de la vente de la Succesion Aimé Morot.
(Insolé, un trou sur le dessin supérieur)
Dim. à vue : 20 x 32 cm chaque dessin.
Nos deux dessins sont préparatoires au tableau de même sujet peint par Gérôme en 1861 et conservé aujourd’hui à la Kunsthalle de Hambourg.
Expert : Cabinet de Bayser.
Nos deux dessins représentent une scène où le Tribunal d’Athènes s’apprête à condamner pour impiété la courtisane Phryné, modèle du grand sculpteur Praxitèle. Mais son avocat, Hypéride, la met nue pour dévoiler sa beauté. Admiratif et séduit, le Tribunal l’acquitte.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : Pablo PICASSO (1881-1973) édition Picasso Madoura plein feu.
Pichet à anse en terre cuite polychrome figurant un visage, porte en creux à l’arrière la date « 9.1.69 ».
Numéroté 193/500 au revers
Cachets en creux au revers : « Madoura plein feu » et « Edition Picasso ».
(Fêle à la base de l’anse)
Haut. : 31 cm
* Rappel : Conformément aux conditions de vente, le droit de suite sur ce lot est à la charge de l’acquéreur.
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : GRAND BUREAU PLAT en placage d’ébène toutes faces, ouvrant à cinq tiroirs dont quatre en caissons. Riche ornementation de bronzes vernis : chutes à têtes de satyre et masques de lion, fleurs de tournesols, entrées de serrures, encadrements et sabots. Pieds cambrés. Plateau gainé de cuir (rapporté).
Début de l’époque Louis XV.
(Façade insolée, petits accidents, réparations d’usage)
H. 78,5 x L. 168,5 x P. 81,5 cm
Expert : Cabinet BACOT – de LENCQUESAING
Par ACTEON SENLIS (HOTEL des VENTES de SENLIS Sarl) à Senlis
le 26/04/2020 : SUITE DE QUATRE APPLIQUES en bronze à patine brun-noir et bronze doré, éclairant à trois feux. Chacune ornée d’un dragon à trois têtes formant bras de lumière, avec dans leur gueule une bobèche. Se tenant sur un cartouche flanqué de rinceaux d’acanthe.
Fin du XIXème siècle – Début du XXème siècle.
(Petits manques à la patine, montées à l’électricité)
Haut. : 64 cm – Larg. : 39 cm – Prof. : 25 cm.
* Tous les prix sont indiqués frais de vente inclus.