Le 6 février 2021 | Mis à jour le 12 février 2021

Ernest Quost, un maître de la peinture florale cher à Van Gogh

par Diane Zorzi

Le 9 février à Deuil-la-Barre, Valérie Régis présentait aux enchères 80 œuvres provenant du fonds d’atelier d’Ernest Quost. Spécialisé dans la peinture florale, cet artiste impressionniste méconnu retint l’attention d’un des plus grands génies de l’art moderne, Vincent Van Gogh.

 

Ernest Quost (1842-1931) fut admiré par les plus grands artistes de sa génération tel Vincent Van Gogh qui évoquait en des termes élogieux ses « magnifiques roses » et l’appelait affectueusement « La Rose trémière », en référence à sa spécialité, la peinture florale. Pourtant, la postérité n’a pas retenu son nom et l’artiste, loué de son vivant et médaillé à plusieurs reprises lors du Salon des artistes français et à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1889, devait tomber dans l’oubli, absent tant sur le marché de l’art qu’au sein des musées. Jusqu’aux années 1970, la famille conserva en effet l’ensemble de l’atelier de leur aïeul, ne permettant pas à Ernest Quost d’être exposé et révélé au plus grand nombre. « Le cachet d’Ernest Quost n’a pas dépassé les murs de la demeure familiale avant la fin du siècle précédent. Quelques très belles adjudications ont été enregistrées pour des œuvres datées des dernières années de sa carrière, mais Ernest Quost reste aujourd’hui méconnu et peu présent dans les ventes aux enchères », détaille Jules Régis, collaborateur auprès de Valérie Régis qui dispersait aux enchères le 9 février à Deuil-la-Barre l’atelier de ce peintre de talent qui dépeignit la flore avec grâce, durant plus de 80 ans. 

 

Des toiles d’Ernest Quost adjugées jusqu’à près de 5 000 euros

Ernest Quost vécut près d’un siècle de bouleversements artistiques, assistant tant à l’apparition de l’impressionnisme que de la vogue japonisante. Il livre ainsi une série de scènes parisiennes de boulevards ou de bals populaires et adapte le langage impressionniste à son genre de prédilection, dépeignant ses motifs floraux au gré d’une touche rapide et divisée. Les estampes japonaises lui inspirent également des compositions épurées, aux tonalités délicates telle une Branche fleurie (adjugée à 4 464 euros, frais compris), mettant en scène une fleur exotique, loin de la flore des prairies françaises qui apparaissent quant à elles au sein de toiles verdoyantes, dévoilant des bovins qui inspireront à son élève Pierre-Eugène Montézin parmi ses plus belles toiles animalières. Autant d’œuvres, restées jusqu’alors à l’ombre de l’atelier et qui ont attiré le 9 février une centaine d’enchérisseurs, principalement français et anglais. « Les œuvres ont trouvé en moyenne preneur autour de 200 euros et les belles enchères se sont succédées, avec une adjudication à près de 5 000 euros pour la toile japonisante figurant une Branche fleurie et 3 968 euros pour la composition Jeté de fleurs. » 

 

 

Un carton portant la mention d’Odilon Redon

A cette vente de fonds d’atelier succédait l’après-midi une importante dispersion de tableaux du XIXe siècle, dont un pastel provenant de l’atelier d’Ernest Quost et estimé entre 200 et 300 euros. Figurant des fleurs jaunes dans un vase bleu, ce carton portait au dos une annotation étonnante, accompagnée d’un cachet d’exportation de la Douane centrale de Paris : « Odilon Redon – Bordeaux 1840 – Paris 1916 – A son élève Melle E.W. Larivière – 1904 ». Si cette mention ne permettait pas d’attribuer l’œuvre au peintre symboliste, elle n’a pas manqué d’attiser la curiosité des amateurs et spécialistes qui ont poussé les enchères jusqu’à 1 922 euros. 

ECOLE FRANÇAISE (XIX-XXe), « Le vase bleu », Pastel sur carton. Annoté au dos : « ODILON REDON – BORDEAU 1840- PARIS 1916 – A SON ELEVE MELLE E.W. LARIVIERE – 1904 » – Etiquette manuscrite B408 – Trace d’un cachet et cachet d’exportation de la Douane centrale de Paris. Usures, et petits manques sur les bords, rousseurs. Provenance : Fonds d’atelier Ernest Quost. Adjugé à 1 922 euros (frais compris). 

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