Le 26 octobre 2021 | Mis à jour le 26 octobre 2021

Eugène Printz, de Casablanca à Bordeaux

par Diane Zorzi

Le 6 novembre à Bordeaux, Antoine Briscadieu présentera aux enchères un ensemble mobilier d’Eugène Printz inédit sur le marché. Il fut réalisé par le maître Art déco dans les années 1930, pour une villa à Casablanca, au Maroc.

 

Le 28 avril 1925, des millions de visiteurs, venus des quatre coins du globe, se pressent sur l’esplanade des Invalides. Là, des pavillons se déploient sur vingt-trois hectares pour accueillir l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. L’événement révèle au monde les créations d’une génération d’artistes décorateurs, résolument tournés vers l’avenir. Parmi eux, Eugène Printz (1889-1948) incarne l’avènement d’un nouveau style, l’Art déco. L’ébéniste y présente un ensemble mobilier conçu en collaboration avec Pierre Chareau. Sa carrière est lancée. Ses créations raffinées, autant qu’ingénieuses et fonctionnelles, séduisent. Dès lors, Eugène Printz est de tous les salons et s’attire les faveurs des institutions, à l’instar du Mobilier national qui le sollicite pour aménager le bureau-salon du maréchal Lyautey, ainsi que d’une clientèle bourgeoise internationale. Au début des années 1930, il reçoit ainsi la commande d’un ensemble mobilier destiné à décorer une villa privée à Casablanca, au Maroc, dont plusieurs pièces, imaginées en harmonie avec les lieux, seront dispersées aux enchères par Antoine Briscadieu le 6 novembre à Bordeaux et en live sur Interencheres.

 

 

Un ensemble mobilier réalisé pour une villa à Casablanca

Une photographie d’époque, prise in situ, donne un aperçu de cet ensemble décoratif, dévoilant la pièce maîtresse de la vente, un tapis de 33,5 m2 en trois parties, exécuté en laine et orné de motifs triangulaires traités en turquoise et beige, sur un fond de couleur chocolat (estimé entre 20 000 et 30 000 euros). « Sur ce cliché, on aperçoit également une table-console (ou bureau), d’un modèle identique à celui conservé au Palais de la Porte Dorée, dans le salon ovale du Maréchal Lyautey, qui a été vendue aux enchères en 2017 à Paris, ainsi qu’un cabinet de Jules Leleu vendu quant à lui par Antoine Briscadieu en 2020 à Bordeaux », détaille Emmanuel Eyraud, expert en arts du XXe siècle. En outre, les enchérisseurs reconnaîtront au mur le miroir circulaire, pourvu d’un encadrement en laiton patiné, qui leur sera proposé lors de cette vacation, avec une estimation comprise entre 8 000 et 12 000 euros.

 

 

Un secrétaire-commode présenté au Salon des Artistes Décorateurs de 1936

Sa renommée internationale, Eugène Printz la doit à ses meubles d’une grande qualité d’exécution, mêlant le luxe à la sobriété. Leurs lignes géométriques élégantes sont souvent exaltées par l’usage d’essences de bois précieux tels que le palmier ou le bois de violette. Ici, une chaise moderniste en bois de violette (1 500 – 2 000 euros) arbore des pieds et montants curvilignes, tandis qu’un secrétaire-commode (8 000 – 12 000 euros), fait du même placage, s’élève au gré de lignes ondulantes, formant un corps trapézoïdal, rehaussé d’un piétement en laiton patiné. Deux modèles identiques à ces pièces de mobilier furent présentées au Salon des Artistes Décorateurs à Paris en 1936. A cette époque, Eugène Printz, au faîte de sa gloire, imagine le bureau personnel de Jeanne Lanvin et conçoit un ensemble décoratif destiné à parer les appartements privés de la princesse de La Tour d’Auvergne, au château de Grosbois. Installé au 81 rue de Miromesnil, l’ébéniste et décorateur travaillera jusqu’à la fin de sa vie pour une clientèle fortunée, séduite par ses meubles élégants et ingénieux. Deux ans avant sa mort, Eugène Printz innovera encore en exposant au Salon des Artistes Décorateurs une salle à manger, dont la fabrication bon marché la destinait à une production en série, accessible à un plus large public.

Enchérir | Suivez la vente de l’ensemble décoratif d’Eugène Printz le 6 novembre en live sur interencheres.com

 

Eugène Printz (1879-1948), secrétaire-commode réalisé pour une villa à Casablanca, dans les années 1930. Estampillé du monogramme C. P. dans un cercle en marqueterie de bois de bout en bas à droite. H.: 116 cm – L.: 153 cm – l.: 36 cm. Estimation : 8 000 – 12 000 euros.

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