Le 24 octobre 2019 | Mis à jour le 7 novembre 2019

Ker-Xavier Roussel, Henri-Edmond Cross, Pierre Hodé : la collection de Victor Bossuat en vente à Versailles

par Diane Zorzi

Proche du cercle intellectuel de la Revue Blanche, Victor Bossuat constitua au début du XXe siècle une collection d’art moderne exceptionnelle, guidé par son ami le critique d’art Félix Fénéon. Une partie de sa collection sera dispersée aux enchères le 27 octobre à Versailles. Réunissant des toiles d’Henri-Edmond Cross, Ker-Xavier Roussel et Pierre Hodé, elle dévoile le goût de ce pharmacien parisien pour une figuration moderne, en marge du cubisme et de l’abstraction.

 

Un Paysage rose de Georges Seurat au musée d’Orsay, une Femme dormant d’André Lhôte au Musée de la faïence et des beaux-arts de Nevers… La collection de Victor Bossuat habille les murs d’institutions muséales prestigieuses. Au cours de la première moitié du XXe siècle, ce pharmacien parisien, originaire de Nevers et proche du cercle intellectuel de la Revue Blanche, réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres d’artistes nabis, néo-impressionnistes, expressionnistes ou encore issus de la première Ecole de Paris, guidé par son ami le critique d’art Félix Fénéon.

A voir au Musée de l’Orangerie | Félix Fénéon. Les temps nouveaux, de Seurat à Matisse

 

Dimanche à Versailles, quatre œuvres de sa collection seront présentées aux enchères. Signées Henri-Edmond Cross (1856-1910), Ker-Xavier Roussel (1867-1944) ou Pierre Hodé (1889-1942), et estimées de 1 500 à 20 000 euros, elles dévoilent la passion du collectionneur pour une figuration moderne, en marge des avants-gardes abstraites et cubistes.

 

 



Un pastel de Ker-Xavier Roussel estimé à plus de 5 000 euros

 

Ker-Xavier Roussel (1867-1944), Pastorale au serpent, vers 1926-1928, pastel sur papier signé en bas à gauche, 25 x 45 cm. Estimation : 5 000 – 7 000 euros.

Moins connu que ses amis Edouard Vuillard, Pierre Bonnard ou Félix Vallotton, Ker-Xavier Roussel (1867-1944) participa pourtant activement aux expérimentations nabies à l’aube du XXe siècle, livrant une œuvre décorative sensuelle et délicate, teintée de mélancolie. Baignées d’une lumière irréelle, ses scènes bucoliques et compositions mythologiques dévoilent une nature inquiétante et peuplée de symboles, à l’image de cette Pastorale au serpent, réalisée autour de 1926-1928 et estimée entre 5 000 et 7 000 euros. « Dans ce pastel sur papier, le charmeur de serpent est probablement une variation d’Orphée charmant les animaux », détaille Mathias Chivot, expert de l’artiste. « Le thème orphique parcourt en filigrane toute son œuvre. A partir des années 1920 jusqu’à sa mort en 1944, il exploite tour à tour la légende fleurie (le charme des sons qu’Orphée tire de son instrument) et le drame féroce qui livre le héros au cannibalisme des Ménades, dévoration qui, bien que rituelle, n’en est pas moins terrifiante et traduit certainement la conscience de Roussel à l’égard des infinies possibilités destructrices de l’humanité. » A noter que Ker-Xavier Roussel, artiste longtemps resté dans l’ombre, fait l’objet d’une rétrospective organisée jusqu’au 11 novembre au Musée des impressionnismes à Giverny

 

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