Le 9 février 2022 | Mis à jour le 9 février 2022

La collection de Jacques et Colette Ulmann dispersée aux enchères à Paris

par Diane Zorzi

La collection de Jacques et Colette Ulmann sera dispersée aux enchères les 10 et 11 février à Paris. Ce couple féru d’Art et d’Histoire rassembla durant plus de soixante ans un millier de dessins et tableaux, datés du XVIe au XXe siècle.

 

Si les tableaux anciens eurent leurs premières faveurs, Jacques (1917-2011) et Colette Ulmann (1920-2021) ont nourri, durant plus de soixante ans, une passion exacerbée pour le dessin. A partir des années 1950, ces deux médecins et figures de la Résistance ont constitué, au gré de leurs coups de cœur, une collection d’un millier d’œuvres sur papier qu’ils confiaient chérir et soigner comme un « personnage vivant ». « Elle a pris une place de plus en plus importante dans notre vie au fur et à mesure qu’elle grandissait. […] Au moins une fois, [nos enfants] sont passés après elle pour des raisons de fonds qui nous obligeaient à changer nos projets de vacances… »

 

Un couple passionné d’Art et d’Histoire

L’historienne de l’art Catherine Monbeig Goguel les a croisés à maintes reprises à la documentation du département des Arts graphiques du Louvre. Jacques et Colette Ulmann ne se contentaient pas d’accumuler les feuilles acquises chez des marchands ou en salles des ventes. Ils fréquentaient assidument les bibliothèques afin de mener des recherches et d’enrichir ainsi leurs pièces de fiches descriptives. « Il leur arrivait même de retourner chez les marchands qu’ils connaissaient bien pour les interviewer sur les provenances ou les origines géographiques des dessins », précise l’historienne qui se souvient notamment d’échanges savants noués avec le couple à l’occasion de leur don au musée du Louvre en 1999 d’un remarquable dessin anonyme italien du XVIIe siècle illustrant la Batrachomyomachie. « Jacques, en homme cultivé, avait reconnu le sujet rare, inspiré, dit-on, d’un poème grec d’Homère. » Avec le Louvre, le musée d’Orsay, la Villa Médicis à Rome ou le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme à Paris reçurent également des œuvres remarquables provenant de la collection Ulmann, d’une plaque en terre cuite du sculpteur Emmanuel Hannaux à un ensemble de lettres du sculpteur Bonnassieux.

 

Franz Snyders (Anvers, 1579 – 1657), Nature morte avec femme portant un plat. Plume et encre brune sur traits de crayon noir. (Dessin doublé, petites taches et épidermures, petite déchirure en bas au centre, pliure au centre). 25 x 40 cm. Estimation : 15 000 – 20 000 euros.

 

Mille dessins de Johan Thopas à František Kupka

Jacques et Colette Ulmann avaient l’habitude de fréquenter ensemble les galeries et hôtels des ventes. Le décès de Jacques en 2011 sonnait ainsi la fin de la collection, dix ans avec que Colette ne s’éteigne à son tour. A cette aventure exceptionnelle, une vente aux enchères rendra hommage les 10 et 11 février à Paris. Au catalogue figure un millier de tableaux et dessins, datés du XVIe au XXe siècle. Dans cet ensemble se côtoient des études de personnages de Victor-Jean Nicolle (4 000 – 6 000 euros), un Caprice architectural de Michel-Ange Challe (5 000 – 6 000 euros), des encres de Victor Hugo (15 000 à 30 000 euros) ou encore un fusain de František Kupka (6 000 – 8 000 euros). Eclectique, la collection Ulmann révèle néanmoins l’attachement particulier qu’entretenait le couple avec les œuvres issues des écoles hollandaises, flamandes et italiennes du XVIIe siècle. Ainsi deux rares portraits attribués à Johan Thopas (15 000 – 20 000 euros) dialogueront avec une Nature morte avec femme portant un plat de Franz Snyders (15 000 – 20 000 euros), une Cérémonie pontificale attribuée à Giovanni Battista Ricci (6 000 – 8 000 euros) ou encore un paysage de Domenico Campagnola (5 000 – 6 000 euros). « Une collection n’est pas qu’une accumulation d’objets sans vie, rappelaient Jacques et Colette Ulmann, mais un choix qui a été voulu et qui s’est construit au fil du temps ».

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