Le 26 avril 2022 | Mis à jour le 26 avril 2022

La vie électrique de Michel Siméon : une collection de curiosités scientifiques aux enchères à Neuilly-sur-Seine

par Clémentine Pomeau-Peyre

Plus de deux cents objets liés à l’électricité, aux expériences optiques ou à la télécommunication seront dispersés aux enchères le 10 mai à Neuilly-sur-Seine. Cette collection atypique fut constituée par Michel Siméon, un passionné de sciences et technologies qui consacra sa retraite à chiner, identifier et restaurer ces appareils insolites. 

 

« Dans cette vente figurent des objets dont je n’ai pas la moindre idée de l’utilité, certains même qui ne servent à rien mais tous magnifiques ! » Le commissaire-priseur Claude Aguttes ne cache pas son enthousiasme pour la dispersion de la collection Siméon qu’il organise le 10 mai prochain dans son étude de Neuilly-sur-Seine. Au programme, 218 appareils électriques, fabriqués entre 1850 et 1950 environ, rassemblés en différentes catégories : optique, tubes de Geissler, électricité statique et dynamique, électrothérapie, mesures et expériences, musique, télécommunication et radios et enfin téléphonie. Dans son catalogue, l’étude a prudemment inséré deux pages de lexique, afin de donner les définitions du tourniquet hydraulique, roue de Barlow ou de l’excitateur universel.

 

« La collection la plus étonnante de ma carrière »

« Tout a commencé avec un simple mail adressé à l’étude. Une personne installée à Lyon souhaitait vendre des milliers d’objets électriques mais sans connaître leur valeur. Le lendemain j’étais sur place, et je rencontrais les héritiers de Michel Siméon », se souvient le commissaire-priseur. Sur place, dans une villa au milieu d’un parc, il découvre l’une des plus étonnantes collection de sa longue carrière : « partout, dans les escaliers, dans la baignoire, dans toutes les pièces, des objets électriques que je ne connaissais pas du tout ! ». Pascal Siméon lui raconte alors la passion de son père Michel, ancien assureur, qui a consacré tout le temps de sa retraite à chiner, identifier et restaurer ces appareils… Ses héritiers souhaitent en faire quelque chose qui ressemble à un hommage. « En fait, ils cherchaient quelqu’un d’aussi fou – dans le sens positif du terme – que leur père pour s’occuper de sa collection ! » s’exclame Claude Aguttes. Le commissaire-priseur s’est appuyé sur les connaissances et les longues recherches de Pascal Siméon pour identifier chaque objet et son usage, avant de décider d’organiser une première vente d’un peu plus de 200 lots sur les 3 500 objets recensés (d’autres ventes viendront plus tard).

 

Tube de Geissler à large spirale centrale.

 

218 appareils électriques fabriqués entre 1850 et 1950

Les appareils montrant les progrès de l’éclairage sous toutes ses formes sont particulièrement décoratifs : les tubes de Geissler, ancêtres des néons, avec surtout celui qui affiche Paris en violet ou ceux qui éclairent de petites compositions florales dans un tube élargi, ou encore les différentes ampoules et tubes (lots 100 à 111) dont la lumière est unique. À noter que si ces appareils fonctionnent, c’est bien sans garantie que l’étude de Neuilly les propose.

Au chapitre des expériences amusantes et insolites, Claude Aguttes s’attarde notamment sur un marteau d’eau en verre, conçu pour constater la chute des solides. « Ce marteau ne sert à rien, mais il fonctionne très bien, et on entend le bruit de marteau lorsqu’on fait basculer le liquide c’est étonnant ». Ainsi que sur une machine de Wimshurst destinée à créer de l’électricité électrostatique : une manivelle actionne deux roues tournant en sens inverse, avec des bandes de tissu frottant au milieu… Le tour est joué et un arc électrique apparaît entre deux boules métalliques. 

 

Machine de Wimshurst en verre et métal, le socle en bois noirci.

 

Plus coquin, le lot 141, sur lequel il a été fait quelques recherches… Il ne s’agit finalement pas d’un fouet pour les liquides, mais bien de l’un des premiers vibromasseurs de l’histoire ! « Tous ces objets parlent finalement d’une époque ou la science, la technologie étaient encore compréhensibles pour le commun des mortels, analyse Claude Aguttes. Michel Siméon a rassemblé et restauré les ancêtres de tous nos appareils actuels ». Pour exemple, un haut-parleur Gaumont Lumière composé de deux éventails, à l’origine de l’invention du haut parleur de la marque ou les lots consacrés aux débuts de la téléphonie (de 213 à 219) parmi lesquels figurent un combiné à manivelle.

Volontairement, aucune estimation n’est donnée pour ces lots atypiques : « Je vais commencer à 50 euros pour le premier lot, et j’aviserai ensuite. Cette vente est une aventure, et je suis certain d’avoir des enchères de la part de décorateurs, de collectionneurs, et même éventuellement des préemptions ». Il a même fait le pari avec Pascal Siméon, le fils du collectionneur, de dépasser les 200 000 euros d’adjudications au total…

Enchérir | Suivez la collection Siméon le 10 mai en live sur interencheres.com

 

 

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