Le 22 juin 2021 | Mis à jour le 1 juillet 2021

La vitalité du dessin : les ventes aux enchères en marge du Salon

par Clémentine Pomeau-Peyre

A l’approche du Salon du dessin qui se tiendra début juillet au Palais Brongniart, les belles feuilles sont à l’honneur dans les premières ventes de l’été. Décryptage de ce marché dynamique et codifié, à travers une sélection de dessins présentés à partir du 25 juin aux enchères, de Lille à Limoges, en passant par l’Ile-de-France.

 

Après une annulation en 2020 et une série de reports successifs en 2021, le Salon du dessin est finalement annoncé du 1er au 4 juillet au Palais Brongniart. « Nous sommes ravis de recevoir tous ces passionnés du dessin, les galeries en particulier parce que leur activité est très compliquée depuis un an. En revanche, les dessins que le cabinet de Bayser présente en ventes aux enchères n’ont pas souffert de cette année de pandémie », analyse Louis de Bayser. Il se réjouit notamment de la vente d’une Académie du Bernin, le 20 mars dernier à Compiègne. Une œuvre splendide qui a atteint 1,937 millions d’euros. Sans forcément prétendre à de telles hauteurs, il faut guetter le 25 juin prochain un dessin de Fragonard présenté à Paris par l’étude Audap et associés : « Un grand nom, un sujet plaisant de paysage, un excellent état, ce dessin coche toutes les cases ». Cela justifie une estimation de 60 000 à 80 000 euros. Dans cette vente figurent également une feuille d’étude par Gustave Doré (300 à 500 euros), et deux intéressants dessins au fusain par Jean Royer représentant des panthères (500 à 800 euros), expertisés par le cabinet Maréchaux. 

 
 

La Force du dessin ancien

« Ce qui est vraiment recherché aujourd’hui, détaille Louis de Bayser, ce sont les dessins très graphiques, dont la composition est intelligible et visible de loin, parce que les collectionneurs aiment encadrer les œuvres et les avoir sur leurs murs. Les dessins préparatoires et études sont donc moins cotés, sauf s’ils portent une grande signature ». L’expert ajoute que les dessins XVIIIe ou antérieurs de belle qualité devenant difficiles à trouver, ils peuvent souvent donner lieu à de belles batailles d’enchères. La maison de ventes Aguttes peut s’en féliciter, puisqu’un dessin représentant L’apothéose de Saint Antoine, daté du XVIIe siècle, s’est envolé à 53 300 euros le 17 juin dernier. Deux portraits d’homme du XVIIe siècle, un par Lagneau et l’autre par Robert Nanteuil, ont trouvé preneur pour 1 560 et 4 810 euros au cours de la même vente. Le 30 juin, quelques belles pièces anciennes seront proposées à Paris par Thierry de Maigret, avec l’expertise du cabinet René Millet. « Beaucoup de paysages, un ensemble bien conservé, cohérent et intéressant » pour l’expert, qui note en particulier un Paysage de forêt par Gillis de Hondecoeter (1575-1638), plume et encre brune avec des rehauts de bleus, estimé 6 000 à 8 0000 euros, ou un Couple de paysans près d’un pont par Tobias Verhaecht (1561-1631), plume et encre brune, lavis brun estimé 3 000 à 4 000 euros. Pour ce dernier lot, René Millet souligne que l’auteur étant plus connu pour ses tableaux que pour ses dessins, ces derniers restent plus accessibles.

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Des feuilles XIXe et XXe plus accessibles

« Pour les dessins du XIXe siècle, l’amplitude de prix peut être vraiment forte selon l’artiste, explique Louis de Bayser, mais aussi le sujet du dessin, son intérêt par rapport à l’œuvre et son état de conservation. Mais l’offre est plus importante. Il est moins compliqué de trouver une belle œuvre XIXe qu’une du XVIIe ou du XVIIIe siècle ». Parmi les lots à retenir d’ici l’été, cinq dessins de Berthe Morisot qui seront mis aux enchères le 29 juin à Lille par Xavier Wattebled avec des estimations entre 1 200 et 1 800 euros. L’ensemble très plaisant est composé d’études de fillettes ou de portraits. A Limoges, Nicolas Constanty jouera une carte plus régionale dans sa vente prestige du 29 juin avec une sélection de dessin préparatoires par Theodore Russell Davis (1840-1894). Il s’agit d’études en vue de la réalisation d’assiettes en porcelaine par la manufacture Haviland, commandées par la Maison Blanche. Ces six études rondes, amusantes et colorées, sont estimées 1 000 à 1 500 euros pièce. En ce qui concerne le XXe siècle, Louis de Bayser souligne « qu’il en aura beaucoup au Salon du dessin cette année. Au vu des restrictions sanitaires, un certain nombre de marchands étrangers n’ont pas pu se libérer, et nous en avons profité pour ouvrir l’événement à de nouveau marchands français, plus spécialisés dans cette période ». Du côté des ventes aux enchères, il faut aller voir la vente de Saint-Germain-en-Laye du 26 juin. Au programme, un dessin aquarellé de Steinberg (300 à 400 euros) ou un dessin à l’encre de 1960 par Léon Arthur Tutundjian (500 à 600 euros). A Lille, Michelina au bonnet, un dessin au crayon sur papier de Balthus, sera au menu de la vente du 29 juin (25 000 à 35 000 euros), aux côtés de quatre dessins d’Albert Marquet estimés entre 300 et 600 euros pièce. 

 

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