Le 2 juin 2022 | Mis à jour le 2 juin 2022

Lalique : quatre bijoux inédits aux enchères à Alençon

par Clémentine Pomeau-Peyre

Une sirène figée dans le cristal, une abeille butinant une pensée, deux portraits de jeunes femmes gravés dans l’ivoire… Toute la délicatesse de René Lalique est illustrée avec les quatre bijoux mis en vente par l’étude Orne Enchères le 4 juin à Alençon.

 

« Ils ont été conservés dans la même famille depuis leur achat en 1912 et 1913. C’est une très belle découverte », s’enthousiasme la commissaire-priseur Charlotte Antoine. « Ils avaient été très peu portés, conservés dans un coffre, avec leur facture d’origine ce qui permet de les situer précisément ». Ces factures sont reproduites sur le catalogue, mais ne sont pas proposées à la vente. Le plus précieux de ces bijoux est le pendentif orné d’un motif en ivoire gravé de deux têtes féminines, sur le thème de la tendresse (40 000 à 60 000 euros). Une inspiration typiquement Art nouveau. « Mais sur ces pièces un peu tardives, les formes sont déjà plus rigides, on sent la bascule vers l’Art déco », estime l’expert Marc Boutemy. Principalement connu pour ses verreries, René Lalique (1860-1945) a pourtant débuté sa carrière à la fin du XIXe siècle en créant des bijoux. Il commence avec des pierres et matériaux précieux classiques avant d’explorer toutes les possibilités offertes par le verre, l’émail, l’ivoire et les pierres semi-précieuses. L’Exposition universelle de 1900 le sacre comme l’inventeur du bijou moderne, grâce à des créations spectaculaires très avant-gardistes pour l’époque. Le second pendentif de la vente, estimé entre 8 000 et 10 000 euros, figure une sirène avec une double queue de poisson en cristal, dans un cadre en or jaune en partie émaillé. La sirène fait partie des motifs récurrents de René Lalique, qui l’a utilisée notamment sur des objets décoratifs en verre, parmi d’autres évocations de l’eau – poissons, grenouilles, libellules…

 

René Lalique (1860-1945), vers 1910, pendentif orné d’un motif lancéolé en ivoire représentant deux jeunes femmes sur le thème de la tendresse. Le cadre en or jaune en partie émaillé bleu retenant des fleurs de glycines en verre moulé-pressé et retenant un saphir ovale, 65 x 73 mm. Estimation : 40 000 – 60 000 euros.

 

René Lalique, le maître du bijou moderne

Deux plus petits bijoux complètent cet ensemble : une chevalière de dame sertie d’un saphir rose synthétique de belle taille, monture en émail plique-à-jour (technique proche du cloisonné) estimée entre 5 000 et 6 000 euros, et une broche en forme d’abeille sur une pensée, en verre moulé pressé gris ponctué d’une perle (400 à 500 euros), illustrant le goût du maître verrier pour tous les motifs issus de la nature, jusqu’aux plus petits insectes et plantes. Charlotte Antoine avoue avoir été frappée par « l’harmonie des couleurs sur ces pièces, harmonie réalisée avec des matériaux très différents, du verre, du métal, de l’ivoire… la qualité d’exécution est unique ». La valeur de ces pièces ne tient pas tellement à la préciosité des matériaux, même si un très joli saphir figure sur le pendentif en ivoire, elle tient surtout, selon Marc Boutemy, « à la signature de Lalique sur une période très recherchée, le début du XXe siècle, à la rareté de ces pièces, puisqu’il s’agit très probablement d’exemplaires uniques, mais aussi à la qualité du travail sur l’or émaillé ou encore le verre pressé. ». Il souligne que les estimations sont extrêmement raisonnables et que la vente pourrait réserver de belles surprises.

Enchérir | Suivez la vente de bijoux de René Lalique le 4 juin en live sur interencheres.com

 

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