Le 22 octobre 2020 | Mis à jour le 27 octobre 2020

Le fonds d’atelier du peintre symboliste Léon Printemps aux enchères à Vaux-le-Pénil

par Lucie Rocher

Le 24 octobre à Vaux-le-Pénil, en Seine-et-Marne, Matthias Jakobowicz dispersera plus de 140 œuvres provenant du fonds d’atelier de Léon Printemps. Elève de Gustave Moreau, cet artiste s’illustra, à la fin du XIXe siècle, à travers ses portraits, paysages ou scènes mythiques et allégoriques, empreints d’onirisme dans la lignée des peintres symbolistes. 

 

Léon Printemps, un élève de Gustave Moreau

Né dans la région lilloise, Léon Printemps (1871-1945) s’attèle à la peinture dès l’âge de treize ans, encouragé par son oncle et mentor le sculpteur Jules Printemps (1851-1989). Il intègre les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1888, rejoint l’atelier de Gustave Moreau en 1892, et s’entoure d’artistes avant-gardistes tels que Rouault, Matisse et le peintre belge Henri Evenepoel. « La rencontre avec Moreau, le maître du Symbolisme, sera déterminante pour sa sensibilité. Il adhère pleinement aux thèses artistiques de son professeur, exposant douze tableaux au dernier Salon de la Rose-Croix en mars 1897 », détaille l’expert Dominique Voutay. S’inscrivant dans la lignée des peintres symbolistes, Léon Printemps reçoit de nombreux prix tout au long de sa carrière et expose dès 1893 au Salon des Artistes Français, un rendez-vous annuel auquel il restera fidèle jusqu’à son décès en 1945. « Aujourd’hui, plusieurs institutions et musées français conservent son œuvre notamment à Châlons-en-Champagne (Don du baron Alphonse de Rothschild), Châtenay-Malabry, Cholet, Compiègne, Noirmoutier, Paris, Riom ou Versailles », précise le commissaire-priseur Matthias Jakobowicz qui présentera le 24 octobre à Vaux-le-Pénil et en live sur Interencheres près de 150 œuvres inédites, estimées de 30 à 1 200 euros et provenant du fonds d’atelier de Léon Printemps.

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La douceur de vivre bretonne, parisienne et méditerranéenne

« Peut-on imaginer un nom de peintre plus évocateur et plus poétique que celui de Léon Printemps ? Les scénaristes les plus chevronnés, les auteurs les plus aguerris, les romanciers les plus en verve n’auraient jamais osé nommer un artiste du vocable saisonnier le plus saisissant, le plus vivant, le plus régénérateur et le plus riche de promesses ! Et pourtant, Léon Printemps a bien existé, poète pictural des grâces féminines et des charmes symbolistes de la nature, peintre de l’intime et de la douceur de vivre », poursuit l’expert. Au gré de ses pérégrinations en Bretagne, dans le Midi, en Hollande ou à Paris, le peintre immortalise avec douceur et poésie les paysages qui défilent sous ses yeux. Ainsi les toiles La Seine et le Pont Neuf (100 – 150 euros), la Vue de l’Exposition Universelle depuis la Seine (100 – 150 euros) ou encore Le Jardin des Tuileries dépeignent une capitale paisible et déserte, les huiles sur panneau Le Calvaire de Trestignel à Perros-Guirec (80 – 100 euros) ou La côte rocheuse en Bretagne (50 – 80 euros) dévoilent les contrées sauvages de Bretagne, et l’huile sur toile Cap d’Antibes (80 – 100 euros) rend compte du calme et de la volupté méditerranéenne. 

 

 

Un portraitiste reconnu

Paysagiste de talent, Léon Printemps s’illustre encore davantage à travers ses portraits pour lesquels il reçoit des commandes de personnalités prestigieuses, du couple princier de Waldeck au Prince Youssoupoff, célèbre meurtrier de Raspoutine. S’il le délaisse un temps, il renoue avec le genre du portrait à la naissance de sa fille, dont il immortalise les traits dans un portrait de 1909, Lucile au nœud rose (150 – 200 euros). Mais la mort tragique de cette dernière en 1910 le conduit à abandonner de nouveau cet art, jusqu’à la naissance de son fils René en 1911 qui lui insuffle un nouvel élan créatif. 

 

 

Un poète pictural des grâces féminines

Ce sont les charmes féminins qui lui inspirent enfin ses toiles les plus symbolistes, des œuvres particulièrement plébiscitées sur le marché comme en témoigne l’adjudication record à 9 750 euros enregistrée pour L’Eveil à la source lors d’une vente organisée par la maison Cornette de Saint-Cyr en mars dernier. Figures mythiques dans Ophélie (500 – 800 euros) ou allégoriques dans La Rêverie d’été (400 – 600 euros) ou  Le parfum des fleurs (800 – 1 200 euros), ses muses dévoilent leurs courbes sensuelles et évoluent dans des milieux naturels, souvent aquatiques et baignés d’une atmosphère onirique.

 

 

A noter que la vente du fond d’atelier sera précédée, au matin, de la dispersion de la bibliothèque d’entomologie et d’histoire naturelle de Jacques Chassain qui se tiendra également à Vaux-le-Pénil et en live sur Interencheres.

         

Découvrez nos coups de cœur parmi les 141 lots du fonds d’atelier de Léon Printemps

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