Le 28 mai 2024 | Mis à jour le 12 juin 2024

Le mobilier d’un manoir Art nouveau aux enchères à Reims

par Clémentine Pomeau-Peyre

Il existe de nombreuses manières de meubler une maison d’architecte ancienne. Le propriétaire d’un manoir Art nouveau, construit dans la région rémoise par Louis Sorel, a clairement opté pour l’originalité, mêlant les styles, de l’Art nouveau au design d’après-guerre. Une partie de son mobilier sera dispersé aux enchères par la maison Collet-Luneau le 2 juin à Reims. Visite.

 

[Mise à jour, 12 juin] La paire de fauteuils Art Déco en bois laqué, estimée entre 300 et 500 euros, a trouvé preneur à 1 830 euros (frais inclus). 

 

Parmi les presque 600 lots de la vente organisée le 2 juin prochain par Ivoire Reims, une centaine (du lot 180 au lot 302) se distingue par une origine particulière. Il s’agit d’une partie de l’ameublement d’un manoir Art nouveau de la région rémoise. « Il a été construit par Louis Sorel, l’architecte à l’origine de la villa Demoiselle de Reims, une très belle demeure qui a été rachetée et restaurée par les propriétaires du groupe champenois Vranken Pommery Monopole », détaille Séverine Luneau, commissaire-priseur au sein de la maison Collet-Luneau.

 

Louis Sorel, l’Art dans Tout

Louis Sorel a fait partie du mouvement artistique « l’Art dans Tout » qui, à la charnière des XIXe et XXe siècles, réunissait des architectes, des peintres, des graveurs ou des sculpteurs soucieux de décloisonner les frontières entre arts majeurs et arts mineurs, production artistique et industrielle. L’objectif était de produire un art accessible à tous. C’est un peu le chemin suivi par le vendeur de la vacation de juin, dont les meubles et objets d’art « forment un ensemble cohérent et de bon goût, rassemblé sans l’aide d’un décorateur », souligne la commissaire-priseur.

Plusieurs inspirations composent ce décor composé à partir de pièces accessibles. Et d’abord l’Art déco, au travers de meubles : deux paires de fauteuils estimées 300 à 500 euros chacune, un secrétaire par Oscar Mobili en placage de loupe à décor géométrique (300 à 500 euros) ou un amusant bureau de forme ovale marqueté de paysages (300 à 500 euros) ; mais aussi d’objets de décoration tels qu’une lampe veilleuse en régule par Max le Verrier (400 à 600 euros) ou le bas-relief en plâtre patiné doré d’après Pico, intitulé La Danse (1 000 à 1 500 euros). 

 

 

Un décor éclectique, de l’Art nouveau au design d’après-guerre

Au catalogue figurent également quelques pièces Art nouveau, dont une petite table de salon à deux plateaux par Louis Majorelle (600 à 800 euros). « Cet amateur a également glissé des pièces plus contemporaines dans son décor », précise Séverine Luneau. Quelques photos d’ambiance publiées dans le catalogue le montrent effectivement : une sculpture dorée très moderne et un peu osée (Plaisir solitaire en plâtre laqué or, 400 à 600 euros) dans un bureau tendu de brun, ou des lampadaires design (par Goffredo Reggiani, lampadaire dit « muguet » en métal, 300 à 500 euros) au dessus de sièges plus classiques dans une pièces agrémentée de touches de couleurs vives.

Le design d’après guerre est également présent sous la forme d’un meuble de rangement en plastique par Joe Colombo (200 à 300 euros), une chaise longue LC4 d’après Charlotte Perriand et Le Corbusier (1 500 à 2 000 euros) ou un étonnant miroir mural éclairant Kalmar en résine moulée daté des années 1970 (100 à 150 euros). Terminons avec une pièce insolite, issue de la même collection : un Solex MBK bleu transparent des années 1980, en bon état avec ses sacoches (400 à 500 euros) !

Enchérir | Suivez la vente du mobilier du manoir de Louis Sorel le 2 juin en live sur interencheres.com

 

 

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