Des toiles d’artistes flamands, un bureau Louis XV en placage d’ébène, un régulateur de parquet de Nicolas Petit… Dimanche 30 juin à Senlis, Maître Dominique Le Coënt-de Beaulieu présentera aux enchères un ensemble d’œuvres d’art et meubles prestigieux provenant de l’intérieur du Château de Wailly, situé dans la Somme.
Un ensemble de meubles prestigieux du Grand Siècle
Le 16 mai dernier, Maître Dominique Le Coënt-de Beaulieu dispersait une partie du mobilier du Château de Wailly, situé dans la Somme. Dimanche, le commissaire-priseur dévoilera la seconde partie de ce riche intérieur dans le cadre d’une vente de prestige organisée à l’Hôtel des ventes de Senlis. « Nous présenterons notamment un ensemble de meubles du XVIIIe siècle de très grande qualité, dont un bureau Louis XV (estimé entre 6 000 et 9 000 euros) en placage de bois de violette et un grand bureau plat très élégant en placage d’ébène (estimé entre 30 000 et 50 000 euros) », détaille Maître Le Coënt-de Beaulieu. Datant du début de l’époque Louis XV, ce dernier est pourvu d’une riche ornementation de bronzes vernis en forme de têtes de satyres, de masques de lion ou encore de fleurs de tournesols. « Ce bureau, caractéristique du Grand Siècle, est intéressant par sa taille qui dépasse les 1m60 de longueur », précise Jacques Bacot, expert en meubles et objets anciens.

Les enchérisseurs pourront également admirer un régulateur de parquet (estimé entre 20 000 et 25 000 euros), en placage de bois de rose et amarante. D’époque Louis XVI, il porte l’estampille du célèbre ébéniste parisien Nicolas Petit (1732-1791), reçu maître en 1761. « Avec son placage et ses ornementations de bronzes dorés, ce meuble est caractéristique du travail de Nicolas Petit, poursuit l’expert. Il possède en outre un très beau mécanisme, avec un mouvement à quantièmes, réalisé par le fournisseur horloger privilégié du Roi, Edmé Jean Causard. »

Toujours dans le mobilier XVIIIe, seront présentés un meuble d’entre-deux en sycomore (estimé entre 15 000 et 20 000 euros) avec panneaux en laque du Japon, ainsi qu’une suite de six fauteuils en hêtre (estimée entre 15 000 et 20 000 euros) de l’ébéniste Jean-Baptiste Lelarge (1743-1802), reçu maître en 1775. « Ces fauteuils sont garnis d’une belle tapisserie réalisée d’après les cartons de Roumy et sont intéressants du fait de leur nombre. En effet, ils sont plus souvent vendus par paire, ou par quatre. »

Une scène de chasse d’Abraham Hondius
Aux côtés des meubles XVIIIe, seront dispersés des tableaux flamands, dont une toile de 1668 signée Abraham Hondius (1631-1691) et estimée entre 20 000 et 30 000 euros. Cet artiste du siècle d’or néerlandais, actif à Rotterdam, Amsterdam, puis Londres, est connu principalement pour ses sujets animaliers et peintures de chasse inspirés des peintres flamands tels que Frans Snyders, Jan Fyt ou Paul de Vos. « Avec ce tableau, dont on connaît une esquisse conservée à la Fundaçao Cultural Emma Gordon Klabin à Sao Paulo, Abraham Hondius apporte une dynamique à travers un coloris aux tonalités contrastées et une touche vive qui lui permettent de rendre avec réalisme la robe des canidés, jusque dans la représentation de leurs colliers, détails qu’il aime rendre avec acuité », décrit Stéphane Pinta, expert en tableaux anciens au cabinet Turquin.

Des toiles de David de Coninck, Henri Lebasque et Emile Othon Friesz
Lors de cette vente de prestige, des tableaux de provenances diverses seront également présentés tels qu’une toile du peintre animalier flamand David de Coninck (1643/5-ca. 1699), un portrait ainsi qu’une nature morte d’Henri Lebasque (1865-1937), et un nu d’Emile Othon Friesz (1879-1949).
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