Le 11 janvier 2024 | Mis à jour le 24 janvier 2024

Le peintre de l’âme landaise Jean-Roger Sourgen aux enchères à Bordeaux

par Magazine des enchères

Peintre autodidacte très attaché à sa région, Jean-Roger Sourgen a élaboré une œuvre contemplative qui séduit aujourd’hui tous les amoureux des Landes. Onze de ses toiles seront vendues aux enchères le 20 janvier à Bordeaux chez Briscadieu.

 

[Mise à jour, 23 janvier 2024] Étang landais,  estimé entre 15 000 et 20 000 euros, a été adjugé 110 000 euros (frais inclus).

 

« Jean Roger Sourgen est le peintre des Landes sans aucun folklore », constate l’experte Philippine Maréchaux. Onze des œuvres contemplatives de ce peintre figurent au catalogue de la vente Briscadieu du 20 janvier, avec des estimations entre 400 et 20 000 euros. « Les écarts s’expliquent par la taille des toiles, les plus grandes mesurent 140 x 115, les plus petites 10 x 15 cm, mais aussi par la période de fabrication, les peintures plus tardives sont moins cotées », détaille l’experte. 

En revanche, les sujets ne varient pas beaucoup : « des étangs, des dunes, des forêts, c’est la répétition thématique de Jean-Roger Sourgen, c’est aussi la force de ce peintre ». A noter qu’après un séjour au Maroc dans les années 1915, Sourgen a également produit quelques tableaux inspirés des souks, mais ces toiles sont peu appréciées sur le marché, tout comme ses représentations de grands bouquets fleuris. 

« Rêver, peindre, chasser »

Né en 1883 dans une ferme des Landes, Jean-Roger Sourgen (1883-1978) ne se destine absolument pas à une carrière artistique. Passionné par la chasse et la nature, il exerce de nombreux métiers. C’est sa rencontre avec le peintre Alex Lizal, lui aussi originaire des Landes, qui va faire naître sa vocation. « Il est d’abord le factotum d’Alex Lizal, à partir de 1905 environ, et commence à peindre avec lui vers 1910. Et c’est après 1925 et son installation à Hossegor que sa peinture devient vraiment intéressante », estime Philippine Maréchaux.

Sur sa maison imaginée par l’architecte Henri Godbarge, Sourgen fait inscrire au fronton « Rêver, peindre, chasser ». Un programme qu’il va suivre scrupuleusement, créant alors une œuvre singulière très reconnaissable. Les trois grandes peintures de la vente de l’étude Briscadieu en offrent un bel exemple : il s’agit de trois compositions à partir des mêmes éléments, arbres, étang et sable, dans une atmosphère un peu brumeuse, qui dégage une belle sérénité. L’experte précise qu’il « existe aussi de lui des toiles plus tourmentées, avec des arbres aux tronc tordus, mais elles sont plus rares… En revanche il ne s’est jamais lancé dans des compositions avec des oiseaux, des chasseurs… ». Ces toiles poétiques et silencieuses ont valu à Jean-Roger Sourgen le surnom de « peintre de l’âme landaise ». 

 

Jean-Roger Sourgen (1883-1978). Soir de Printemps à Hossegor, 1941. Huile sur toile, signée, datée « 1941» en bas droite et titrée en bas à gauche, 100 x 137 cm. Estimation : 12 000 – 15 000 euros.

 

Un marché régional actif 

Le marché autour des œuvres de Sourgen reste essentiellement régional, et ses amateurs se trouvent dans le sud-ouest de la France. L’étude Briscadieu inscrit régulièrement ses toiles dans sa vente de début d’année consacrée aux peintures bordelaises et du sud-ouest. « L’année dernière nous avons décroché un nouveau record pour une de ses peintures, adjugée 100 000 euros, s’enthousiasme l’experte, elle était typique de son art, et de très grande taille, 127 x 190 cm ».

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