Le 14 octobre 2021 | Mis à jour le 18 octobre 2021

L’école anglo-chinoise, une plongée au cœur des comptoirs européens

par Diane Zorzi

Le 17 octobre à Besançon, Jean-Paul Renoud-Grappin présentait aux enchères une vue du front de mer à Honam réalisée vers 1840. Cette toile de l’école anglo-chinoise, adjugée à plus de 67 000 euros, plongeait les enchérisseurs au cœur des comptoirs européens du XIXe siècle.

 

Les peintures dites « de l’école anglo-chinoise », ou « China trade paintings », connaissent ces dernières années un regain d’intérêt de la part de collectionneurs qui n’hésitent à pousser les enchères à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour s’offrir une scène de la vie quotidienne, la vue d’un port ou d’un front de mer. Réalisées bien souvent en série, ces œuvres liées aux explorations et conquêtes connurent leur heure de gloire aux XVIIIe et XIXe siècles, avec l’essor du marché des objets exotiques en Europe. « Dès le XVIIIe siècle, des ateliers mêlant peintres occidentaux et chinois furent créés, détaillent les experts du cabinet Ansas-Papillon. Ces derniers connurent un certain succès, recevant de nombreuses commandes, à la fois de marchands occidentaux, mais aussi de riches chinois. »

 

Le front de mer à Honam depuis le comptoir de Canton

Issue de l’école anglo-chinoise, la toile, adjugée 67 100 euros par Jean-Paul Renoud-Grappin le 17 octobre dernier à Besançon, livrait ainsi une vue du front de mer à Honam, dépeinte vers 1840 depuis les comptoirs européens de Canton, au bord de la rivière des perles. Foisonnante de détails, l’œuvre reprend le style méticuleux et descriptif des artistes chinois, trahissant dans le même temps l’influence anglaise, avec l’usage notamment de la technique de la peinture à l’huile. « Contrairement à d’autres peintures de cette époque, aucun navire occidental n’est ici visible. On y voit des embarcations servant pour le transport de marchandises comme les jonques, les tankas ou encore les bateaux de fleurs », poursuivent les experts. L’ombre des guerres de l’opium, secouant la région entre 1839 et 1860, est suggérée au second plan par la présence des Fort Folly, symboles de la défense militaire britannique. « Canton fut l’un des cinq ports qui furent ouverts au commerce avec l’Occident à la suite du traité de Nankin notifiant la fin de la première guerre de l’opium. La France, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis ou encore les Pays-Bas y avaient des comptoirs. Le commerce du thé y était particulièrement important et sous le contrôle étroit de la Chine »

 

Ecole Anglo-Chinoise (China Trade Painting), vers 1840 « Vue du Front de Mer à Honam » Huile sur toile Dim. 92 x 193,5 cm. Adjugée 67 100 euros.

 

Une toile de l’école anglo-chinoise acquise par un collectionneur suisse pour 67 100 euros

Un tableau similaire à notre toile est aujourd’hui conservé au National Maritime Museum de Greenwich à Londres. Ces œuvres paraient autrefois les demeures de marchands occidentaux et chinois ou étaient exportées en Europe, permettant aux commanditaires qui ne pouvaient entreprendre le voyage de se prendre à rêver devant ces paysages exotiques. Elles attirent aujourd’hui de nombreux collectionneurs principalement anglais, portugais, hongkongais ou encore singapouriens, avides de renouer avec la Chine d’antan. « Aujourd’hui, c’est un client suisse qui a acquis notre toile, la disputant jusqu’à 67 100 euros contre cinq enchérisseurs », s’enthousiasme Jean-Paul Renoud-Grappin. Une belle surprise pour le propriétaire qui croyait son tableau sans valeur, avant que le commissaire-priseur ne l’estime, avec les experts du cabinet Ansas-Papillon, entre 10 000 et 15 000 euros. 

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