Le 8 décembre 2020 | Mis à jour le 17 décembre 2020
Orfèvrerie : une aiguière du XVIIe siècle et un plateau Qianlong en vente à Montpellier
par Magazine des enchères
A l’occasion de leur vente mobilière de Noël du 12 décembre, Bertrand de Latour et Jean-Christophe Guiseppi présenteront aux enchères un bel ensemble de pièces en étain et argent, dont une rare aiguière du XVIIe siècle. Estimée à plus de 1 800 euros, elle sera mise en vente aux côtés d’une sélection de pièces d’art africains et asiatiques, dont une plaque en bronze et émaux exceptionnelle provenant des ateliers de l’Empereur Qianlong.
Parmi les 275 lots proposés à la vente le 12 décembre à Montpellier, une pièce devrait particulièrement retenir l’attention des collectionneurs d’orfèvrerie : une aiguière en étain, estimée à plus de 1 800 euros. Ainsi que l’atteste son poinçon identifié comme celui d’Antoine I Retif, maître potier d’étain en 1657, cette aiguière est datée de la seconde moitié du XVIIe siècle. Elle s’inscrit dans la tradition des aiguières à « anse tournée » ou « anse droite », élaborées autour de 1550 et prisées des milieux aristocratiques et bourgeois durant plus d’un siècle. Elle est l’un des rares témoignages de la vaisselle de table de cette époque, nombre de pièces ayant été fondues au gré des guerres et effets de mode. « Les aiguières du XVIIe siècle sont très rares sur le marché. Les modèles présentés aux enchères sont le plus souvent datés du XIXe siècle« , précise l’expert Philippe Boucaud.
Exécutée en étain, métal particulièrement populaire au XVIIe siècle, l’aiguière arbore sur son couvercle et son corps un riche décor de godrons, tandis que son déversoir est souligné d’un rang de perles, « un détail unique » pour l’expert. Sa provenance a également pu être identifiée grâce aux armoiries d’un abbé, gravées sur le couvercle et le corps. « L’identification des armoiries, l’ancienneté, la finesse des décors et l’état de conservation remarquable font de cette aiguière, une pièce unique et exceptionnelle. »
Exceptionnelle aiguière en étain à col plat, couverte sur piédouche mouluré, anse carrée et long déversoir couvert, XVIIe siècle. Hauteur : 21,5 cm. Estimation :1 800 – 2 200 euros.
Du XVIIe siècle français à l’époque Qianlong
A cet objet caractéristique du goût français du XVIIe siècle, succédera un plateau en bronze doré et émaux cloisonnés de l’époque Qianlong (1711-1799). Retrouvé dans un château français et estimé à plus de 10 000 euros, il arbore au revers la marque Qianlong, très convoitée des collectionneurs : « Fabriqué à la période Qian Long, Palais d’été, deuxième atelier ». « Des plateaux avec une telle qualité d’émaux cloisonnés ont déjà été présentés aux enchères, mais c’est la première fois que l’on découvre un plateau de ce type portant la marque des ateliers de l’Empereur », s’enthousiasme l’experte en Arts d’Asie, Véronique Prévot.
Originaire de la péninsule arabique, la technique du cloisonné gagne la Chine au XIIIe siècle, où elle connaît un succès fulgurant. Les artisans chinois s’approprient cette technique et deviennent dès le XIVe siècle des virtuoses célébrés jusqu’en Europe. « Notre plateau est un exemple remarquable et raffiné de la qualité du travail au XVIIIe siècle à la cour de l’empereur Qianlong. Il devait probablement servir, au vu de sa taille restreinte, à disposer des fruits lors du thé ».
Reposant sur quatre pieds ajourés, le plateau dévoile un décor de fleurs et rinceaux, riche en symboles. Quatre fleurs de lotus y symbolisent la fertilité, la perfection et la pureté, tandis que la composition faite de la répétition de mêmes motifs évoque tant le mandala, support de méditation bouddhiste, que le rayonnement de l’Empire du Milieu. « Quand à l’octogone qui encadre la composition centrale, il nous rappelle que le chiffre huit symbolise la prospérité en Chine et évoque également les huit rayons de la loi bouddhique, les huit pétales de lotus, les huit trésors du Bouddhisme ou encore les huit piliers du ciel ». Autant de symboles qui présagent des enchères fructueuses…
Plateau carré en bronze et émaux cloisonnés, époque Qian Long. Dimensions : 23,7 x 23 x 2,6 cm. Estimation : 10 000 – 15 000 euros.
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