Le 12 avril 2022 | Mis à jour le 19 avril 2022

Un cachet ayant appartenu à l’empereur Qianlong aux enchères à Paris

par Diane Zorzi

A l’occasion de sa prochaine vente d’Arts d’Asie, la maison Beaussant Lefèvre présentera aux enchères un sceau impérial exceptionnel ayant appartenu à l’empereur Qianlong. Sculpté en néphrite vert épinard, ce cachet estimé à plus de 300 000 euros était conservé depuis près d’un siècle au sein de la même collection française.

 

 [Mise à jour, 16 avril 2022] Le cachet impérial Qianlong a été adjugé 914 400 euros (frais inclus) le 15 avril à Paris.

 

Ce cachet impérial, sculpté en néphrite vert épinard, sommeillait depuis près d’un siècle dans une collection privée française, celle de René Georgi (vers 1871-1961), où il a été découvert lors d’un inventaire, aux côtés d’objets en pierres dures. Il compte parmi ses illustres propriétaires nul autre que l’empereur Qianlong (1711-1799) qui, au XVIIIe siècle, réunit quelques 1 800 cachets d’une qualité inégalée, dont mille sont aujourd’hui conservés au musée de la Cité Interdite de Beijing. Sa vente, organisée par la maison Beaussant Lefèvre le 15 avril prochain à Paris, promet des enchères animées, à en juger les adjudications millionnaires qui rythment depuis deux décennies le marché de l’art asiatique. La maison de vente parisienne a d’ailleurs déjà eu l’occasion de proposer aux enchères des objets impériaux, à l’instar de deux cachets de l’empereur Qianlong en néphrite blanche adjugés respectivement 1,579 et 1,725 million d’euros en 2009 et 2014.

 

L’un des 1 800 cachets de l’empereur Qianlong

Fin lettré et artiste, l’empereur Qianlong attachait une importance toute particulière à la culture du sceau, dont l’usage en Chine remonte à l’époque des Royaumes Combattants (475-221 avant J.-C.). « Les lettrés cherchaient à combiner la calligraphie, la peinture et le sceau pour atteindre la perfection dans leurs créations artistiques, détaille Alice Jossaume, experte au cabinet Portier. L’utilisation des cachets impériaux de Qianlong était ainsi étroitement liée à sa politique, à sa culture et à ses goûts littéraires. » Chacun de ses 1 800 cachets était doté d’un usage particulier, ainsi que le révèle le Manuel de cachets de l’Empereur Qianlong de Qian Weicheng (1720-1772), dont le musée Guimet conserve un exemplaire. Notre sceau y est répertorié, associé à un usage approbateur – « Trésor de l’empereur Qianlong, appréciatif des personnes talentueuses » (Qianlong qin xian zhi bao) lit-on ainsi au revers.

 

 

Un sceau en néphrite vert épinard datant de la seconde partie du règne de Qianlong

Si les artisans chinois ont exploré au fil des siècles un panel de matériaux variés, les cachets les plus importants étaient, sous la dynastie Qing (1644-1912), façonnés en néphrite. Selon l’historien Wei Hong, actif entre 25 et 57 après J.-C., les cachets en néphrite deviennent après la dynastie Qin (221 – 207 avant J.-C.) l’apanage des empereurs, les ministres n’osant plus l’utiliser. « Pendant la dynastie Qing, la plupart des cachets impériaux sont en néphrite blanc ou céladon, précise Alice Jossaume. Après la victoire de la guerre avec Altishahr, au XVIIIe siècle, la cour utilise de plus en plus de néphrite vert épinard provenant de cette région à l’Ouest de la Chine ». Notre cachet peut ainsi être daté de la seconde partie du règne de Qianlong, lorsque l’Empire, après la défaite en 1759 des Khojas de l’Atishahr, reprend le contrôle du sud-ouest de l’actuelle province de Xinjiang. Il arbore un lion assis, posant sa patte antérieure gauche sur une balle enrubannée. « En Chine, les entrées des palais et résidences impériales sont souvent occupées par des statues de lions, explique l’experte. Ces fauves sont considérés comme des gardiens et symbolisent le pouvoir ».

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