Le 10 juin 2021 | Mis à jour le 10 juin 2021

Un dessin historique de Matisse redécouvert près de Manosque

par Interencheres

Un dessin de Matisse, disparu depuis 1948, a été découvert dans le sud de la France par Jennifer Primpied-Rolland. Dévoilant une étude préparatoire pour un décor commandé par Nelson Rockfeller, il sera mis en vente le 26 juin prochain à Manosque.


Ce dessin d’Henri Matisse (1869-1964) sommeillait depuis des décennies au-dessus d’une armoire dans une demeure du sud de la France. Ses propriétaires ignoraient qu’ils détenaient une œuvre connue des historiens de l’art et spécialistes de Matisse. Réalisé en 1938, le fusain avait disparu depuis son exposition lors de la grande rétrospective dédiée à Matisse au printemps 1948 au Philadelphia Museum of Art. Il fut offert par l’artiste, puis transmis à une religieuse du Couvent des Minimes, avant de changer à nouveau de main, par voie de successions diverses. L’expert Agnès Sevestre-Barbé est parvenue à retracer l’histoire de ce Portrait d’Hélène Mercier, née Princesse Galitzine, assise.

 

Le portrait d’une des muses favorites de Matisse

Le modèle n’est autre que Hélène Galitzine-Mercier (1912 – 1966), l’une des muses favorites de Matisse, avec Lydia Delectorskaya. Elle est ici représentée assise sur un fauteuil, les bras croisés au-dessus du dossier. Son attitude rappelle la posture alanguie qu’elle adopte dans l’huile sur toile Femme nue drapée, conservée à la Tate de Londres, ou dans l’Odalisque à la culotte rouge du musée de l’Orangerie. Comme l’indique Agnès Sevestre-Barbé, Hélène accompagne aussi Lydia dans le décor, baptisé Le Chant, commandé par Nelson Rockefeller pour son penthouse de Manhattan. Matisse réalisa en 1938 avec Fernand Léger les encadrements peints pour les cheminées du salon de l’appartement de la Cinquième Avenue de l’ancien vice-président des Etats-Unis. Le dessin de Manosque fait partie des études imaginées par Matisse pour cette fastueuse commande. Le peintre avait l’habitude de réaliser de nombreux travaux préparatoires avant de s’atteler à l’œuvre définitive. Chaque dessin est essentiel dans son processus de création et c’est au fusain qu’il établit un premier contact avec ses modèles. Aussi, ce dessin au fusain pourrait être le premier de la série, selon l’experte. Il fut en outre intégré dans une publication des Cahiers d’art en 1939, aux côtés d’un autre dessin représentant Hélène Galitzine-Mercier, réalisé à un jour d’intervalle et tendant déjà à une simplification des traits et des détails.

 

Henri Matisse (1869-1954), Portrait d’Hélène Mercier, née Princesse Galitzine, assise, 1938. Dessin au fusain et à l’estompe, signé et daté 22/10/38 en bas à gauche. Estimation sur demande.

 

De Matisse à Line Vautrin, une vente riche et éclectique

Le 26 juin, le dessin de Matisse sera accompagné d’un riche ensemble de lots éclectiques. Citons deux vues urbaines de Charles Malle (né en 1935), Honfleur, le vieux bassin et Quai de Seine, estimées de 2 000 à 4 000 euros, un miroir de Line Vautrin (1913-1997) à glace bombée et à triple encadrement de talosel, estimé entre 12 000 et 16 000 euros, et une sculpture en bronze, Le ruban, d’Henri Laurens (1885-1954), estimée entre 28 500 et 30 000 euros.

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