Le 13 décembre 2022 | Mis à jour le 16 décembre 2022

Un flacon en opaline inédit d’Emile Gallé découvert lors d’un inventaire dans l’Aisne

par Magazine des enchères

Un flacon d’Emile Gallé hors du commun était dévoilé aux enchères par la commissaire-priseur Sophie Renard le 14 décembre à Brasles, dans l’Aisne. Découvert au hasard d’un inventaire, cet écrin végétal se distingue par l’usage de l’opaline, un matériau très rare dans l’œuvre du maître verrier de l’Ecole de Nancy.

 

C’est lors d’un inventaire que la commissaire-priseur Sophie Renard a découvert ce rare flacon d’Emile Gallé (1846-1904), l’une des pièces maîtresses de sa vente de Noël organisée le 14 décembre à Brasles et en live sur Interencheres. Cet objet, ayant échappé de peu à la déchetterie, a la particularité d’être exécuté en opaline, un matériau peu utilisé par le maître verrier de l’École de Nancy

 

Un décor végétal de douze éphémères finement ciselés

Fers de lance de l’Art nouveau, les artistes de l’Ecole de Nancy fondée par Emile Gallé puisent leur inspiration dans l’art gothique, le rococo, l’art islamique, mais plus encore dans la nature. En témoigne la devise « Ma racine est au fond des bois » inscrite aux portes des ateliers d’ébénisterie d’Emile Gallé. Pour chacune de ses créations, le maître verrier, ébéniste et céramiste, travaille avec virtuosité la matière, façonnant des formes et des décors évoquant le monde végétal ou animal. S’il n’embrasse pas une carrière scientifique, il suit les enseignements d’Alexandre Godron, se lie d’amitié avec maints botanistes de son époque et publie des articles scientifiques, traitant notamment des variations des orchidées lorraines, un sujet qu’il présente au congrès international de botanique, lors de l’Exposition universelle de 1900 à Paris. Arborant un décor de douze éphémères, ce flacon de 23 centimètres de hauteur illustre à merveille cet amour de la nature et des créatures qui anime Emile Gallé sa vie durant. 

 

Émile Gallé (1846-1904), flacon et son bouchon d’origine, de forme balustre sur piédouche en verre multicouche opaline bleu ciel, sur fond d’oxydations affleurantes. Décor de douze éphémères, gravé à la roue, en intaille et finement ciselé (accident et manque au col). Signé et porte une étiquette manuscrite sous le piédouche « J. Sueur ».
Hauteur totale avec le bouchon : 23 cm. Adjugé 4 428 euros.

 

Un flacon en opaline hors du commun

Le flacon est réalisé en verre multicouche, une technique consistant à superposer des couches de verres de couleurs différentes. Le processus, utilisé pour faire apparaître un motif en relief, permet ici de révéler l’opaline bleue ciel des douze éphémères qui surgissent de la structure de forme balustre aux tons bruns patinés. « C’est un modèle que l’on retrouve, pour sa forme, au Musée de Nancy, détaille l’expert Jean-Marc Maury. Mais l’usage de l’opaline est très rare dans l’oeuvre d’Emile Gallé. Avec ce flacon, le maître verrier parvient à se rapprocher des nuances d’un arbre. » A l’instar des insectes gravés à la roue, en intaille et finement ciselés, les enchères ont pris leur envol pour cet écrin végétal hors du commun. Inédit sur le marché, il a trouvé preneur à 4 428 euros (frais inclus), soit le double de l’estimation fixée entre 1 500 et 2 000 euros. « L’acheteur est un collectionneur de verrerie, notamment de Gallé et Daum, détaille Sophie Renard. Il est impatient de découvrir en vrai ce vase, qu’il a acheté sur photos !« 

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