Le 1 février 2021 | Mis à jour le 10 février 2021

Un portrait présumé de Jeanne Hébuterne en vente près d’Orléans

par Diane Zorzi

Provenant de la collection de la modiste Louise Boulanger, un portrait présumé de Jeanne Hébuterne sera mis en vente par Matthieu Semont le 14 février à Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans. Estimé à plus de 2 000 euros, il évoque les sculptures longilignes du « prince de Montparnasse », Amedeo Modigliani.

 

Parmi les œuvres phares de la prochaine vente d’art et mobilier de la maison Philocale, une sculpture frappe par sa ressemblance avec les œuvres aux volumes simplifiés du « prince de Montparnasse », Amedeo Modigliani. Elle évoque les masques de la statuaire Baoulé de la Côte d’Ivoire, caractérisés par leurs lignes effilées et leur surface polie, qui nourrissent l’imaginaire de l’artiste durant l’entre-deux-guerres, tandis que son visage longiligne rappelle à bien des égards les portraits dans lesquels Modigliani célébrait la beauté de sa muse et amante, Jeanne Hébuterne (1898-1920). Autant d’analogies qui ont conduit Matthieu Semont à définir cette œuvre énigmatique comme un portrait présumé de Jeanne Hébuterne et à en attribuer l’exécution à son entourage.  « Aucun élément nous permet aujourd’hui de l’attribuer à Modigliani, toutefois la ressemblance avec les portraits qu’il réalisa de Jeanne Hébuterne est frappante », s’enthousiasme le commissaire-priseur. Cette œuvre pourrait ainsi aussi bien être un portrait qu’un autoportrait de Jeanne Hébuterne, peintre et modèle au destin tragique, qui se donna la mort à la veille des funérailles de son amant. 

 

Une sculpture provenant de la collection de Louise Boulanger

Exécuté en métal repoussé, martelé et incisé, ce masque étonnant, estimé entre 2 000 et 3 000 euros, provient de la collection de Louise Boulanger (1878-1950), une modiste, installée à Paris dans les années 1930, qui constitua tout au long de sa vie une importante collection mêlant des pièces de mobilier classiques à des œuvres résolument modernes. Conservée jusqu’alors précieusement par ses arrière-petites-filles, sa collection avait fait l’objet d’une première vente aux enchères le 30 juin dernier, durant laquelle une verseuse de la Turquie ottomane du XVIIIe siècle et une table d’appoint de Jean Dunand avaient trouvé respectivement preneur à 24 560 et 20 262 euros. Des œuvres prestigieuses que l’on imagine aisément côtoyer une sculpture signée d’un artiste illustre à l’image d’Amedeo Modigliani ou Jeanne Hébuterne.

 

Entourage de Jeanne Hébuterne (1898-1920). Portrait présumé de Jeanne Hébuterne. Métal spatuliforme repoussé. H : 30 L. 14 cm. Cloué sur un socle en bois trapézoïdal. H. 35,5 cm. Estimation : 2 000 – 3 000 euros.

 

Un portrait énigmatique d’Henri-Lucien Doucet

Lors de cette vente, un autre portrait présumé attisera la curiosité des enchérisseurs : une toile de 1887 attribuée à Henri-Lucien Doucet (1856-1895), un peintre et pastelliste français qui s’illustra à travers ses scènes mondaines, et dévoilant au sein même de la composition de mystérieuses armoiries. « J’ai découvert ce tableau monumental (181 x 149,5 cm), au style japonisant, dans un grenier, détaille Matthieu Semont. Il était dans un état médiocre, avec une toile distendue, de nombreux manques et des craquelures. Mais au fil des recherches, ce tableau est devenu particulièrement intriguant. J’ai retrouvé une estampe de l’œuvre accompagnée d’un envoi manuscrit de l’artiste adressé à une certaine Jenny Marie du Mesgnil, une jeune femme issue d’une famille d’aristocrates née dans les îles et qui épousa un membre de la famille Jousselin. Avec l’aide d’un groupe d’héraldistes, nous avons ainsi pu identifier les armoiries qui figurent en haut à droite du tableau : les armes d’alliance Jousselin-du Mesgnil. » Au dos de la toile apparaissent des étiquettes attestant de la présentation de l’œuvre lors de deux expositions à Munich et Chicago. Une fortune critique qui conduit à s’interroger sur la place qu’occupa à la fin du XIXe siècle cette énigmatique Madame du Mesgnil et qui préfigure de belles enchères pour ce tableau de qualité muséal, estimé entre 1 500 et 2 500 euros.

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Henri-Lucien Doucet (1856-1895). Portrait présumé de Jenny Marie du Mesgnil, 1887. Huile sur toile. Signé et daté 87 en bas à droite. Estimation : 1 500 – 2 500 euros.

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