Un rare fauteuil d’apparat aux enchères dans l’Aisne
Un rare fauteuil d’apparat daté autour de 1840 sera vendu aux enchères par la commissaire-priseur Sophie Renard le 20 juin à Brasles, dans l’Aisne. Il pourrait émaner des ateliers de la maison Beurdeley, l’une des plus importantes dynasties de fabricants de meubles de luxe du XIXe siècle.
[Mise à jour, 4 septembre] Le fauteuil d’apparat a trouvé preneur à 30 256 euros (frais inclus).
Avec sa riche garniture de bronzes finement ciselés, dessinant des frises de palmettes et de rais de cœur, une figure de Diane en buste, des masques de Zéphir ou encore des profils de rythons à tête de chien, ce siège a tout d’une commande prestigieuse. Pour l’expert Jean-Baptiste Cottanceau, il pourrait s’agir d’un travail, daté autour de 1840, émanant des ateliers de la maison Beurdeley, l’une des plus importantes dynasties de fabricants de meubles de luxe active de 1818 à 1895.

Rare fauteuil d’apparat en acajou et placage d’acajou. Travail français vers 1840. Possiblement de la maison Beurdeley. Dimensions : hauteur 110 cm ; largeur : 74 cm, profondeur : 60 cm. Estimation : 8 000 – 12 000 euros.
Un fauteuil tiré d’un modèle gravé dans le Recueil de décorations de Percier et Fontaine
Installés tour à tour rue Saint Honoré et à l’angle du boulevard des Italiens, les Beurdeley se démarquèrent au XIXe siècle par la qualité de leurs montures en bronze et reçurent de nombreuses commandes officielles, œuvrant notamment à l’enrichissement du Garde-Meuble impérial. Pour confectionner leurs meubles, ces trois générations de fabricants s’inspiraient de modèles anciens. Notre fauteuil est d’ailleurs directement tiré d’un modèle gravé au sein du « Recueil de décorations intérieures » de Percier et Fontaine qui, à sa publication en 1802, posait les principes d’une décoration néoclassique puisant dans l’étude de l’antiquité, à rebours des vicissitudes de la mode. « On retrouve également dans ce recueil, ajoute l’expert, un grand fauteuil de même type présentant des consoles d’accotoirs au lion ailé monopode réalisées en bronze doré ». Portant une estampille apocryphe de Georges Jacob, notre fauteuil arbore une structure en acajou et placage d’acajou, et un large dossier en hémicycle, reposant sur quatre pieds arqués. Il sera vendu avec une estimation comprise entre 8 000 et 12 000 euros. Une évaluation raisonnable, à lire l’expert pour qui ce siège « fut sans aucun doute l’objet d’une commande spéciale et unique ».
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