Le 2 septembre 2021 | Mis à jour le 20 septembre 2021

Un trésor découvert lors de la restauration d’un manoir dans le Finistère

par Diane Zorzi

Plus de deux cents pièces d’or, frappées sous le règne de Louis XIII et Louis XIV, ont été découvertes lors de travaux de restauration menés dans un manoir à Plozevet, dans le Finistère. Le trésor est estimé à plus de 250 000 euros et sera vendu aux enchères le 29 septembre à Angers.

 

C’est un trésor à plus de 250 000 euros que s’apprête à présenter aux enchères la maison de vente Deloys à Angers. Composé de 239 pièces d’or, frappées sous le règne de Louis XIII et Louis XIV, il a été mis à jour dans un manoir à Plozevet, dans le Finistère, lors d’une restauration initiée par ses propriétaires. Pour réunir deux bâtiments, une grange et une crèche, ce couple avait sollicité en 2019 trois tailleurs de pierre qui ont eu l’heureux privilège de découvrir le précieux butin. Lors des travaux, les artisans ont mis d’abord la main sur une boîte en métal, insérée à l’intérieur d’un mur et remplie de pièces d’or, avant de retrouver quelques jours plus tard, au-dessus d’une poutre, une bourse contenant un second lot de pièces.

 

239 pièces d’or frappées sous le règne de Louis XIII et Louis XIV

Parmi les 239 pièces d’or, datées de 1638 à 1692, 23 ont été émises sous Louis XIII et 216 sous Louis XIV. La plus rare n’est autre qu’un double Louis d’or à la mèche longue de 1646. « Cette dernière est si rare qu’elle ne figure pas dans le Gadoury, livre de référence dans ce domaine, et elle est répertoriée à seulement 120 exemplaires dans l’ouvrage Droulers », détaillent Xavier de la Perraudière et Florian d’Oysonville, annonçant une estimation de 10 000 à 15 000 euros pour cette monnaie frappée à Dijon. Une autre monnaie devrait attirer l’attention des collectionneurs et musées : un Louis d’or à la Croix des Templiers de 1640, estimé entre 7 000 et 8 000 euros. Soigneusement authentifiées, les 239 pièces proviennent de 19 villes différentes. « Avant d’être centralisée à Pessac, dans les années 1970, la monnaie était frappée dans de nombreux ateliers répartis partout en France », précisent les commissaires-priseurs.

 

 

A la découverte du trésor, les propriétaires actuels du manoir ont aussitôt prévenu la préfecture du Finistère qui a mandaté le Service régional d’archéologie préventive afin d’authentifier les pièces et de mener des recherches dans les archives. Celles-ci ont révélé que la partie la plus ancienne du manoir datait du XIIIe siècle et qu’elle aurait appartenu à une famille de riches commerçants ou exploitants agricoles. « L’identité des derniers habitants connus du manoir remonte au milieu du XVIIIe siècle. La mer d’Iroise était particulièrement prospère au XVIIe siècle, notamment grâce au transport des vins de Bordeaux vers l’Angleterre et de celui des céréales vers le Nord de l’Europe. La région connut un déclin économique entre 1750 et 1850, dû en partie au développement des ports en Normandie, puis un rebond grâce à la pêche au ‘grand loin’ et à l’essor de l’industrie de la conserverie sardinière. »

 

Un trésor estimé à plus de 250 000 euros

Ce trésor est estimé de 250 000 à 300 000 euros, mais devrait réserver de belles surprises lors de la vente aux enchères organisée le 29 septembre à Angers et en live sur Interencheres. Le fruit de la vente sera partagé entre le couple et les trois artisans, dont l’un est Compagnon du devoir. De quoi faire rêver tous les chasseurs de trésors… 

Enchérir | Suivez la vente de pièces d’or le 29 septembre en live sur interencheres.com

 

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