Le 25 novembre 2022 | Mis à jour le 30 novembre 2022

Une collection de souvenirs militaires de l’ancienne monarchie aux enchères à Roanne

par Michel Fradin

Le 2 décembre à Roanne, Véronique Ingels dispersera une partie de la collection de souvenirs militaires d’un amateur éclairé, restée jusqu’alors en dépôt au château de Plassenburg en Bavière, où les collections du musée Friedrich der Grosse illustrent l’histoire militaire prussienne du XVIIIe siècle. Au programme, un rare sabre des Volontaires de Clermont-Prince et un pistolet de la Gendarmerie de France expertisés par Michel Fradin.

 

C’est une collection exceptionnelle d’armes et objets de l’ancienne monarchie que dispersera aux enchères Véronique Ingels le 2 décembre à Roanne. Propriété d’un amateur éclairé, elle demeurait jusqu’alors en dépôt au château de Plassenburg en Bavière où les collections du musée Friedrich der Grosse illustrent l’histoire militaire prussienne du XVIIIe siècle. Cet ensemble est centré sur la guerre de sept ans et met en perspective certains des ennemis d’alors : France, Autriche, Prusse et Russie. Les objets sont majoritairement français : tableaux, miniatures, ordonnances du roi, pièces d’uniformes, gibernes et cuirs, mors de cavalerie, poires à poudre… Une large place est réservée aux armes blanches françaises avec souvent un marquage régimentaire et provenant de collections prestigieuses ou ayant fait l’objet d’articles et d’illustrations dans des ouvrages ou magazines spécialisés. 

 

Un rare sabre des Volontaires de Clermont-Prince

L’une des pièces maîtresses de la vente n’est autre qu’un sabre des Volontaires de Clermont-Prince, estimé entre 3 800 et 5 000 euros. Ce régiment fut créé par Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont en 1758. C’est un corps mixte, recruté à l’étranger et composé d’hommes d’infanterie, de cavaliers et de deux pièces d’artillerie. A la différence des cavaliers et des dragons des régiments permanents qui sont armés d’un modèle de sabre réglementé en 1750, les cavaliers des Volontaires Etrangers de Clermont-Prince sont dotés d’un sabre particulier. Notre arme, d’allure très germanique, est impressionnante de par sa monture « à la hongroise » avec une palmette massive destinée à protéger efficacement la main du cavalier. La lame courbe de notre exemplaire est gravée du nom du régiment sous un cheval cabrant, ainsi que de celui du responsable de la fabrication des sabres, le Sieur Knecht à Solingen. Les exemplaires survivants de cette belle arme, fabriquée en petit nombre pour une troupe éphémère, sont évidemment très rares.

 

Très rare sabre pour le régiment des Volontaires de Clermont-Prince, 1758 – 1766. Monture à la hongroise en laiton, calotte longue fixée à la fusée par un clou, fusée recouverte de cuir, coquille latérale à deux branches, lame plate à dos gravée « Régiment des Volontaires de Clermont Prince » sous un cheval cabrant et sur le dos « Jean K . » suivi mais illisible de « fabriqueur à Solingen » (signature habituelle de Jean Knecht). Longueur totale 101 cm, lame de 88,5 cm, largeur au talon 40 mm, flèche 55 mm, SF. Estimation : 3 800 – 5 000 euros.

 

Un pistolet de la Gendarmerie de France

A la vente également, un pistolet de la Gendarmerie de France estimé entre 6 000 et 8 000 euros. Sous Louis XV, la Gendarmerie de France vient immédiatement après la Maison du Roi et a rang de premier corps de cavalerie. Elle compte dix compagnies de gendarmes et six compagnies de chevau-légers. En 1763, les compagnies de chevau-légers sont fondues dans celles des gendarmes. La Gendarmerie de France était armée d’un mousqueton ou d’une carabine et d’une paire de pistolets comme armes à feu. Les pistolets proviennent de Peyron et des frères Penel, arquebusiers à Saint-Etienne. L’exemplaire proposé à Roanne est marqué sur le pan supérieur du canon de la 2ème Brigade des chevau-légers d’Orléans et possède une contre-platine très découpée évoquant un élégant dauphin dont la bouche semble jouer avec la vis de platine. On trouve là tout le raffinement des armes du XVIIIe siècle.

Enchérir | Suivez la vente d’armes et objets de l’ancienne monarchie le 2 décembre en live sur interencheres.com

 

Pistolet de la Gendarmerie de France. Monté en fer, contre-platine en forme de dauphin, toutes pièces gravées, platine gravée « Les frères Penel » et SE sous couronne avec gravure sur le canon « 2Be.DES.CHx.LGrs.DORLEANS ». Métal gris avec belle patine. Baguette, serre-pierre et sa vis modernes. Longueur totale 48,5 cm, longueur canon 31 cm, calibre 17mm. Estimation : 6 000 – 8 000 euros.

 

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