Le 2 décembre à Roanne, Véronique Ingels dispersera une partie de la collection de souvenirs militaires d’un amateur éclairé, restée jusqu’alors en dépôt au château de Plassenburg en Bavière, où les collections du musée Friedrich der Grosse illustrent l’histoire militaire prussienne du XVIIIe siècle. Au programme, un rare sabre des Volontaires de Clermont-Prince et un pistolet de la Gendarmerie de France expertisés par Michel Fradin.
C’est une collection exceptionnelle d’armes et objets de l’ancienne monarchie que dispersera aux enchères Véronique Ingels le 2 décembre à Roanne. Propriété d’un amateur éclairé, elle demeurait jusqu’alors en dépôt au château de Plassenburg en Bavière où les collections du musée Friedrich der Grosse illustrent l’histoire militaire prussienne du XVIIIe siècle. Cet ensemble est centré sur la guerre de sept ans et met en perspective certains des ennemis d’alors : France, Autriche, Prusse et Russie. Les objets sont majoritairement français : tableaux, miniatures, ordonnances du roi, pièces d’uniformes, gibernes et cuirs, mors de cavalerie, poires à poudre… Une large place est réservée aux armes blanches françaises avec souvent un marquage régimentaire et provenant de collections prestigieuses ou ayant fait l’objet d’articles et d’illustrations dans des ouvrages ou magazines spécialisés.
Un rare sabre des Volontaires de Clermont-Prince
L’une des pièces maîtresses de la vente n’est autre qu’un sabre des Volontaires de Clermont-Prince, estimé entre 3 800 et 5 000 euros. Ce régiment fut créé par Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont en 1758. C’est un corps mixte, recruté à l’étranger et composé d’hommes d’infanterie, de cavaliers et de deux pièces d’artillerie. A la différence des cavaliers et des dragons des régiments permanents qui sont armés d’un modèle de sabre réglementé en 1750, les cavaliers des Volontaires Etrangers de Clermont-Prince sont dotés d’un sabre particulier. Notre arme, d’allure très germanique, est impressionnante de par sa monture « à la hongroise » avec une palmette massive destinée à protéger efficacement la main du cavalier. La lame courbe de notre exemplaire est gravée du nom du régiment sous un cheval cabrant, ainsi que de celui du responsable de la fabrication des sabres, le Sieur Knecht à Solingen. Les exemplaires survivants de cette belle arme, fabriquée en petit nombre pour une troupe éphémère, sont évidemment très rares.

Un pistolet de la Gendarmerie de France
A la vente également, un pistolet de la Gendarmerie de France estimé entre 6 000 et 8 000 euros. Sous Louis XV, la Gendarmerie de France vient immédiatement après la Maison du Roi et a rang de premier corps de cavalerie. Elle compte dix compagnies de gendarmes et six compagnies de chevau-légers. En 1763, les compagnies de chevau-légers sont fondues dans celles des gendarmes. La Gendarmerie de France était armée d’un mousqueton ou d’une carabine et d’une paire de pistolets comme armes à feu. Les pistolets proviennent de Peyron et des frères Penel, arquebusiers à Saint-Etienne. L’exemplaire proposé à Roanne est marqué sur le pan supérieur du canon de la 2ème Brigade des chevau-légers d’Orléans et possède une contre-platine très découpée évoquant un élégant dauphin dont la bouche semble jouer avec la vis de platine. On trouve là tout le raffinement des armes du XVIIIe siècle.
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