Le 30 septembre 2021 | Mis à jour le 7 octobre 2021

Une rare gravure de Foujita aux enchères à Cannes

par Renaud Hebert

Le 8 octobre à Cannes, Nicolas Debussy présentera aux enchères une sélection de lithographies et photographies de grands maîtres. Parmi elles, une rare gravure de l’artiste japonais Foujita met en scène sa muse Youki accompagnée de Mado Anspach.

 

Premier artiste asiatique à avoir participé à l’Ecole de Paris, Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968) a passé trente-cinq années de sa vie en France. En 1913, à l’âge de vingt-sept ans, il quitte son Japon natal pour rejoindre Paris, où il s’installe à l’Hôtel Odessa, au cœur du quartier Montparnasse. Au détour des cafés et ateliers, il rencontre de nombreux artistes exilés, de Soutine à Modigliani, et découvre, dans l’appartement de Picasso, le travail du Douanier Rousseau qui aura un impact dans l’élaboration des premières œuvres de sa carrière parisienne. Bientôt, l’artiste se distingue par ses talents de dessinateur et sa maîtrise d’une ligne pure. Un trait noir lui suffit pour transmettre ses émotions, au sein d’œuvres sobres et poétiques. 

 

Un nu estimé à plus de 10 000 euros

Cette finesse d’exécution, Foujita la déploie dans une série de nus représentant tour à tour Kiki de Montparnasse, sa compagne Youki ou encore Mado Anspach, la maîtresse d’André Derain. Ici, Youki se prélasse lascivement, la main gauche placée derrière la tête, tandis qu’elle pose sa main droite sur le genou de Mado Anspach. Les deux femmes entretenaient des liens étroits, organisant fréquemment des bals pour rassembler les personnalités qui composaient, durant l’entre-deux-guerres, le Paris mondain et artistique. 

Si Foujita perpétue une tradition initiée par d’illustres prédécesseurs, de Titien à Manet et Toulouse-Lautrec, il renouvelle le genre du nu par l’habileté de son fin trait noir se détachant sur des fonds blancs épais, dont le rendu laiteux est obtenu par l’usage de céruse. Avec ces silhouettes féminines voluptueuses, représentées le plus souvent en groupe, Foujita dépeint la complicité d’un peintre et de ses muses, instaurant un dialogue entre les regards et les corps. Cette rare eau-forte, numérotée 98/100 et datée autour de 1927, est estimée entre 10 000 et 15 000 euros. Elle sera accompagnée, le 8 octobre, de deux autres gravures signées du maître japonais et figurant un Enfant suçant son doigt (estimée entre 1 500 et 2 000 euros) et un Bouquet (400-500 euros). 

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Léonard Foujita (1886-1968). Les deux amies, vers 1927. Eau-forte et aquatinte en couleur sur papier de Chine appliqué sur Japon impérial. Édité par la Galerie Mantelet, Collette Veil aux éditions artistiques Apollo. Signé en japonais pour le prénom et en français pour le nom en bas à droite. Numéroté 98/100 en bas à gauche. 57 x 74 cm. Estimation : 10 000 – 15 000 euros.

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