Le 2 juillet 2020 | Mis à jour le 8 juillet 2020

Une toile de l’artiste polonais Eugène Zak adjugée à plus de 200 000 €

par Alexandra Flory

Alors que des œuvres signées de grands noms de l’art moderne, tels Signac, Vuillard ou Dalí, étaient proposées à la vente par la maison Rossini le 17 juin à Paris, la plus haute adjudication a été remportée par l’artiste polonais Eugène Zak, avec un portrait adjugé à plus de plus de 200 000 euros. Acquis par un collectionneur polonais, le tableau établit un nouveau record de vente pour le peintre en France

 

Eugène Zak, artiste de l’Ecole de Paris

Après une formation à Varsovie, Eugène (Eugeniusz) Zak (1884-1926) entre à l’Académie des Beaux-arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, où il côtoie l’avant-garde artistique. Il commence par emprunter le style des Nabis, succombe aux charmes de la Bretagne et s’essaye au paysage.  Ce n’est que dans les années 1920 que l’artiste se découvre un talent pour le portrait à travers la représentation de personnages aux traits réalistes, sur fond abstrait. « Le sujet de l’Homme avec une pipe (1925) est emblématique du travail d’Eugène Zak, explique Raphaël Maket, expert en peinture XIXe-XXe siècle. L’artiste choisit non pas de portraiturer les bourgeois, mais les classes populaires et personnages solitaires dont il se sent plus proche. Zak a su faire ressortir la douceur, la poésie mais aussi la mélancolie de ce fumeur de pipe, cette toile est la quintessence de son travail« .

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Eugène Zak (1884-1926). Homme avec une pipe, 1925. Huile sur toile signée en bas à droite. 92×65 cm. Adjugée à 248 820 euros par Rossini le 17 juin 2020 à Paris.

 

Une toile de la collection du Docteur Charles Grupper

Provenant de la collection du Docteur Charles Grupper, dédiée à l’Ecole de Paris et à l’art d’après-guerre, l’adjudication de l’Homme avec une pipe traduit l’engouement actuel pour les artistes polonais dits de l’Ecole de Paris parce qu’actifs en France au début du XXe siècle, à l’image de nombreux étrangers venus de toute l’Europe pour rejoindre la capitale de l’art. « A l’heure actuelle, beaucoup de collectionneurs étrangers achètent les toiles d’artistes de leur pays partis travailler en France, poursuit Raphaël Maket. C’est pour eux un moyen de reconstituer leur patrimoine national. Nous avions d’ailleurs été contactés par le ministère de la Culture polonais à propos de la toile. Il ne s’est finalement pas porté acquéreur, mais il arrive parfois que les collectionneurs achètent des tableaux pour ensuite en faire don à des institutions. LHomme avec une pipe réapparaîtra peut-être un jour dans un musée polonais. »

 

Un record de vente en France

L’accès à la salle lors de la vente se faisait sur réservation, les enchérisseurs étaient donc nombreux au téléphone et se sont longuement battus jusqu’à l’enchère finale remportée à 248 820 euros (frais compris) par un collectionneur polonais. L’adjudication établit un nouveau record de vente pour l’artiste en France, dépassant L’Ondine et le pifferaro (1924-25) adjugée à 200 000 euros à Paris en octobre 2019. Il faut dire que la toile était dans un excellent état de conservation et très bien documentée. En effet, le tableau est visible sur une photographie ancienne de l’exposition du Salon des Indépendants de 1926.

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