Le 11 février 2022 | Mis à jour le 11 février 2022

Une toile de Zao Wou-Ki aux enchères près d’Orléans

par Diane Zorzi

Une toile peinte en 1974 par le maître franco-chinois Zao Wou-Ki sera vendue aux enchères le 19 février à Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans. Estimée à plus de 80 000 euros, cette composition au format modeste sommeillait dans une demeure du Loiret.

 

Non loin du château de Gaudigny, à Egry où Zao Wou-Ki (1921-2013) aimait se retirer, Matthieu Semont a découvert un chef-d’œuvre de l’artiste franco-chinois, estimé entre 80 000 et 120 000 euros. Issue de la collection Giraud, cette toile sommeillait dans la résidence secondaire orléanaise d’un couple de Parisiens qui, pour orner leurs différentes demeures, fréquentaient assidument dans les années 1960-1970 les galeries de la capitale. Pièce maîtresse de la vente « Le Beau du monde » organisée le 19 février prochain, cette composition de 1974, dont l’authenticité a été confirmée par le comité Zao Wou-Ki, sera répertoriée dans le tome II du Catalogue raisonné actuellement en préparation.

 

Une composition peinte en 1974

En 1974, Zao Wou-Ki a depuis deux décennies pris ses distances avec la figuration, délaissant les références au monde environnant pour façonner un espace imaginaire sur lequel le regard peut glisser et se perdre à loisir – « Je veux peindre ce qui ne se voit pas, le souffle, la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs et leur fusion », expliquait l’artiste. Pour traduire cet élan vital, Zao Wou-Ki use d’une gestuelle ample, d’empâtements et d’éclaboussures, confronte les masses colorées et ménage des transitions vibratoires, jouant des vides et des pleins. Au sein de notre toile, des tons bruns et rosés s’affrontent et fusionnent – « ils se disputent la place du vide ». Au tumulte chromatique succède alors le silence du blanc qui irradie un tiers de la surface peinte. A cette époque, Zao Wou-Ki, encouragé par l’écrivain Henri Michaux, emprunte le chemin aérien de l’encre de Chine, une technique ancestrale qu’il avait jusqu’alors délaissée, préférant l’huile occidentale. Sans doute cette pratique l’incite-t-il à livrer en peinture des toiles de dimensions plus modestes, à l’instar de notre composition (27 x 22 cm) qui, succédant aux pièces monumentales des années 1960, parvient tout autant à traduire l’immensité du monde.

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Zao Wou-Ki (1921-2013). Composition, 2/2/74. Huile sur toile. Signé en bas à droite, contresigné Zao Wou-Ki et daté au dos, 27 x 22 cm. Estimation : 80 000 – 120 000 euros.

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