Le 4 février 2022 | Mis à jour le 6 février 2022

Vente d’atelier à Lyon : des dessins de François Guiguet, l’un des plus grands portraitistes du XIXe siècle

par Interencheres

François Guiguet sera à l’honneur le 10 février à Lyon, à l’occasion de la vente aux enchères d’une centaine de dessins provenant de son atelier. Aussi touchants que brillamment exécutés, ces dessins témoignent des talents de ce portraitiste renommé de la fin du XIXe siècle.

 

A la fin du XIXe siècle, le Tout Paris courtise François Guiguet (1860-1937) pour être portraituré par ses soins : ministres, industriels, femmes puissantes, banquiers et même le président du Sénat font appel à lui. Ses œuvres sont même envoyées à l’étranger, dans le cadre d’expositions en Europe et aux États-Unis. Aujourd’hui, elles parent les cimaises du musée d’Orsay, du Louvre ou encore du Musée des Beaux-Arts de Lyon, témoignant de la maîtrise technique de ce brillant portraitiste, parvenu à traduire la vitalité et l’âme de ses modèles.

 

Un artiste indépendant, ami de Degas et Puvis de Chavanne

À Montmartre, où il habite depuis la fin des années 1880 dans l’immeuble qui accueillera la future résidence d’artistes du « Bateau-Lavoir », beaucoup de peintres viennent le voir, à l’image de ses amis Puvis de Chavanne, Gauguin et Maurice Denis… Mais François Guiguet ne fréquente pas les cafés ni les lieux à la mode. « Il ne fait jamais parler de lui. Il s’acharne au travail, dessine avec passion, recherche la forme, les belles lignes […] et c’est beau », lit-on dans la revue Essais d’art libre en 1894. Il reste « tout entier à son art, ajoute Hubert Thiolier dans son ouvrage sur les Peintres lyonnais intimistes. Ce qui l’a toujours caractérisé, c’est une indépendance farouche et le souci d’une vérité profonde. » Profondément libre, Guiguet ne s’attache à aucun mouvement, école ou groupe. Formé par le peintre Ravier, il fréquentera aussi bien les modernes, comme Degas avec qui il partageait d’ailleurs les mêmes pastels, que les peintres académiques à l’image de Cabanel. 

 

François Joseph Guiguet (1860-1937), Portrait de Joséphine Guiguet (nièce du peintre) à sa lecture. Huile sur toile, peinture au dégraissé. Double cachet collection Maison natale F. Guiguet, Corbelin sur la toile et le châssis. 55×46 cm. Estimée entre 2 000 et 3 000 euros.

 

Un maître du dessin

François Guiguet travaillait d’abord « pour lui et non pour satisfaire des clients ou plaire aux critiques ». Son but était de retranscrire sur le papier la personnalité du modèle. « Ses portraits d’enfants sont particulièrement captivants et sont sa grande spécialité », note Agnès Savart, ajoutant que ces représentations sont toujours particulièrement recherchées par les amateurs et les collectionneurs. « Il excelle dans l’art de représenter la jeunesse en saisissant la spontanéité de ses modèles. On est instinctivement attiré par leur regard, magnifiquement exprimé. » Au catalogue de la vente du 10 février figurent plusieurs portraits d’enfants, souvent des croquis de ses futurs tableaux. 

Le dessin s’avère être un médium particulièrement apprécié par l’artiste. Les critiques de son temps ne s’y sont pas trompés, faisant souvent fait référence à Clouet et Chardin en évoquant son talent de dessinateur. L’ensemble d’œuvres sur papier présenté lors de la vacation en témoigne. En plus de la mine de plomb, l’emploi de la sanguine permet de rehausser la carnation de la peau. Par une multitude de traits et de hachures, il ajoute une véritable vibration à l’œuvre. « Le sujet prend vie sur le papier, c’est un régal pour les amateurs de dessin », observe Agnès Savart. La commissaire-priseur poursuit la présentation des dessins de la vacation en évoquant ceux réalisés à la pointe d’argent, une technique datant de la Renaissance, qui consiste à employer des papiers préparés, recouverts d’une pellicule blanche, et d’utiliser ensuite un stylet en argent particulièrement fin. « Le trait doit être d’une grande précision, aucun repentir n’est permis. Guiguet maîtrise cet art rare à la perfection. »

 

François Joseph Guiguet (1860-1937), Agnès Fiard. 12 août 1932. Dessin aux deux crayons sur papier tramé, daté en haut à droite et porte le cachet Collection Maison natale F. Guiguet, Corbelin. 30,8×24,6 cm. Estimé entre 300 et 500 euros.

 

Un peintre de l’intime

La première source d’inspiration du peintre a été sa propre famille. Depuis sa jeunesse passée dans une bourgade de l’Isère, jusqu’à la fin de sa vie, il ne cessera de représenter ses proches. « J’ai passé toute mon enfance à Corbelin, exerçant le métier de menuisier chez mon père. On travaillait en famille, comme au Moyen-Age, chacun s’appliquant à sa tâche, en artisan honnête. Le soir sous la lampe, les assiettes enlevées, je dessinais avec ardeur. Le fait de fixer des lignes, d’exprimer des attitudes, me donnait une ivresse. » La vacation du 10 février témoigne de cette intimité, révélant des portraits et scènes de vie touchantes de son quotidien familial.

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