La maison Rouillac investira, le temps d’une vente aux enchères, le site de l’ancienne imprimerie Mame à Tours. Le 27 novembre, elle organisera la sixième édition de sa vente Arts+Design, avant de disperser le lendemain l’atelier d’une figure emblématique de l’art singulier, Raymond Reynaud. Décryptage.
Au cœur des Alpilles, à Sénas, une maison-atelier conserve en mémoire les inventions et songes d’une figure tutélaire de l’art singulier, Raymond Reynaud (1920-2007). Le « Maître de Sénas », décédé en 2007, y a façonné l’essentiel de son œuvre – des centaines de peintures et sculptures qui, demeurées jusqu’alors en place, emprunteront pour la première fois le chemin des enchères le 28 novembre, avec pour « passeur » Aymeric Rouillac. « A l’heure où il faut disperser pour la première fois 100 peintures et sculptures de ce maître provençal, l’émotion me prend et je pense en particulier à ceux qui ont été et sont encore les passeurs de ces artistes inclassables », confie le commissaire-priseur à l’approche de « cette vente à nulle autre pareille ». Pour cette dispersion, Aymeric Rouillac investira la Cité de la création et de l’innovation, le site de l’ancienne imprimerie Mame à Tours, où il organisera, la veille, la sixième édition de sa vente Arts+Design, comptant des chefs-d’œuvre de Carlo Bugatti, Georges Jouve, Albert Marquet ou encore Olivier Debré.
Le choc de l’Art brut
Issu d’une famille de petits commerçants en grains et fourrages établie à Salon-de-Provence, Raymond Reynaud devient, dès l’âge de 14 ans, apprenti peintre en bâtiment, une activité qu’il mène de concert avec sa pratique du saxophone et des cours, le soir, à l’Ecole des beaux-arts de Salon. A mesure qu’il se familiarise avec la peinture artistique, au contact notamment des œuvres de Picasso, le jeune homme, épris de liberté, songe à prendre ses distances avec la voie artistique traditionnelle qui, à ses yeux, « ferme les portes de l’imaginaire ». Sa rencontre avec l’Art brut, par l’entremise de Gaston Chaissac, marque alors un tournant décisif. Les audaces de ce « peintre rustique moderne » le confortent dans sa quête d’une nouvelle forme artistique libérée des contraintes académiques. « Sa peinture devient singulière, empreinte de poésie, de géométrie divagatrice, de graphisme électrique et d’imaginaire onirique, explorant les mystères du monde et les grands thèmes populaires », détaille Aymeric Rouillac.
Alors qu’il travaille par séries, Raymond Reynaud explore des thèmes universels, à l’instar des Quatre saisons ou des Sept péchés capitaux, aborde l’imagerie populaire avec le cirque, le bal ou les orchestres de jazz, puise son inspiration dans les romans, tels Jean de Florette ou Don Quichotte, reprend l’iconographie biblique, avec ses Suzanne au bain, ou livre encore des Portraits mandalas invitant à la contemplation. Autant de sujets à partir desquels il laisse libre cours à son imagination. « La construction est nécessaire pour bâtir le tableau, mais ensuite cette architecture disparaît au profit du mystère », écrit-il, alors qu’il fragmente ses figures et use d’entrelacs, au sein de compositions labyrinthiques et foisonnantes.
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
L’homme derrière les rideaux verts, 1998
Série des gens aux fenêtres
Gouache sur papier marouflé sur bois. Signée.
Haut. 100 Larg. 75 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Cirque Grivoli
Gouache et encre de Chine sur papier. Signée.
Haut. 115 Larg. 52 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
L’Homme des H.L.M., 2006
Série des grandes figures
Gouache sur papier marouflé sur bois. Signée.
Haut. 70 Larg. 90 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Casanova, 1991
Série des grandes figures
Gouache sur papier marouflé sur bois. Signée.
Haut. 109 Larg. 86 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
La Colère n°1, 1972
Série des péchés capitaux
Gouache et encre de Chine sur papier.
Haut. 110 Larg. 75 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Valentino, 1978
Série des grandes figures
Gouache sur papier. Signée.
Haut. 45 Larg. 57 cm.
Provenance : succession de l’artiste Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Philo, le prestidigitateur, 1978
Série les gens du Cirque
Gouache sur papier marouflé sur bois. Signée.
Haut. 101 Larg. 80 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Sphère violet et rouge, La Treille, 1976
Gouache et encre de Chine sur papier.
Haut. 75 Larg. 75 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Paresse n°1, 1972
Série des péchés capitaux
Gouache et encre de Chine sur papier.
Haut. 51 Larg. 110 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Luxure, 1973
Série des péchés capitaux
Encre de Chine sur papier.
Haut. 50 Larg. 63 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
La Danse des sept péchés capitaux n°04, 1989
Encre de Chine sur papier.
Haut. 50 Larg. 60 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Le Printemps n°2, 1968
Série des saisons
Encre de Chine sur papier.
Haut. 46 Larg. 64 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
L’Envie, 1970
Série des péchés capitaux
Encre de Chine sur papier.
Haut. 65 Larg. 50 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
L’Homme au regard jaune, 1996
Série des grandes figures
Gouache sur papier marouflé sur bois. Signée.
Haut. 77 Larg. 67 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Masque rouge n°1, 1999
Sculpture. Gouache huilée sur bois.
Haut. 39 Larg. 16 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Grand Masque Vert
Gouache huilée sur bois.
Haut. 78 Larg. 38 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
Le Toro, 1982
Sculpture, gouache huilée sur bois. Signée.
Haut. 68 Larg. 65 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 28/11/2022 : Raymond Reynaud (Français, 1920-2007)
La Demoiselle, 1978
Sculpture, matériaux composites et gouache huilée.
Haut. 115 Larg. 45 cm.
Provenance : succession de l’artiste. Voir le lot
Un « Don Quichotte des temps modernes »
Installé avec son épouse à Sénas, Raymond Reynaud ouvre en 1977 un atelier d’art pour adulte, le « Quinconce vert » qui se structurera, en 1990, en « Mouvement d’Art Singulier Raymond Reynaud ». Jean Dubuffet l’encourage dans cette démarche : « Dans cette période où l’art est en crise, victime semble-t-il de la sclérose d’un système centralisé, élitaire et hermétique, le milieu d’artistes populaires constitué par Raymond Reynaud apparaît comme une alternative vivante et comme le prototype d’une nouvelle forme féconde de création », écrit ainsi l’artiste et théoricien de l’Art brut.
Fort du soutien des tenants de l’Art brut, Raymond Reynaud a bénéficié de nombreuses expositions, de la Neuve Invention à Lausanne au Salon Outsider Art Fair de New York à la fin des années 1990. Plus récemment, une rétrospective organisée en 2013 à l’Espace culturel Robert de Lamanon de Salon-de-Provence a donné lieu à la publication d’une première monographie éditée aux Presses du réel, dans laquelle la directrice du musée de La Halle Saint Pierre, Martine Lusardy, célébrait « un Don Quichotte des temps modernes […] une figure emblématique de l’art singulier, comme le furent avant lui Chaissac, le Facteur cheval ou Chomo.»
Découvrez aussi les lots de la vente Arts+Design du 27 novembre
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Olivier Debré (Français, 1920-1999)
Sans titre, c. 1973
Toile.
Haut. 100 Larg. 100 cm.
(restauration)
Provenance : collection tourangelle.
Certificat d’authenticité n° C.22.395 des Archives Olivier Debré et avis d’inclusion au catalogue raisonné par Sylvie Debré-Huerre, en date du 17 septembre 2022.
« Il (ma peinture) ne s’agit pas du tout d’un impressionnisme abstrait. Intellectuellement le problème se pose différemment. Il faut avoir une sorte de besoin de s’exprimer et surtout, il faut que la chose vous soit imposée. Il ne faut pas avoir le désir conscient, concerté, volontaire des impressions. Ce qui m’intéresse, c’est que la part de moi qui peint soit une part d’un individu sensible et ému, que la chose, en quelque sorte, passe à travers moi et que je la domine intellectuellement, que je guide son développement, mais qu’elle marche seule. C’est ainsi que je deviens un élément de la nature, je deviens quelque chose qui est manié. Quand je suis comme le vent, comme la pluie, comme l’eau qui passe, je participe à la nature et la nature passe à travers moi. Je pourrais le faire les yeux fermés. Au fond, je ne suis pas sûr que la peinture soit intéressante en soi, ni la musique, ni l architecture, ni rien. C est intéressant pour autre chose que soi-même. Sans cela, on se pose une question de peintre. ( ) Je ne m’intéresse à la peinture que comme à quelque chose qui participe du monde, qui participe de la pensée. »
Olivier Debré, entretien avec Daniel Abadie, 1974 Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : André Valensi (Français, 1947-1999)
Pliage, 1989
Toile sans châssis épinglée, signée et datée.
Haut. 117 Larg. 114 cm.
Provenance : acquis par l’actuel propriétaire auprès de la galerie Marie-Hélène Grinfeder, Paris. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Albert Marquet (Français, 1875-1947)
Samois, été, 1917
Toile signée en bas à droite.
Haut. 65,3 Larg. 81,5 cm.
Avis d’inclusion dans le catalogue raisonné digital en préparation par Wildenstein Plattner Institute Inc.
Bibliographie :
– Collectif, « Albert Marquet, Peintre du temps suspendu », Paris Musée, 2016, uvre à mettre en
rapport : L Ile aux Cygnes, l été, Herblay, 1919, reproduite p. 117.
– Collectif, « Marquet, Vues de Paris et de l Ile-de-France », Paris Musée, 2004, uvre à mettre en
rapport : Samois, l île, 1917, reproduite p. 66.
Peintre de la marine, Marquet ne cesse de voyager au cours de sa vie, parcourant la France, les rives de la Méditerranée, l Europe et le reste du monde. Mais c est avant tout Paris et les rives de la Seine qui remportent son affection. Il a ici posé son chevalet en amont de la capitale française, à Samois-sur-Seine, en bordure de la forêt de Fontainebleau. Elève de Gustave Moreau et grand ami d Henri Matisse, l artiste développe un art unique, aux compositions élégantes et poétiques.
Marquet s affranchit de toute convention théorique, livrant des paysages qui synthétisent la nature. Le peintre se démarque des grands courants artistiques, bien qu’il leur doive tout. En 1875, date de sa naissance, la peinture de paysage jouit d un engouement sans précédent. Comme pour tant d autres à cette époque, l eau est un sujet obsessionnel. Le reflet des arbres, comme pour Monet, inspire à Marquet de puissantes compositions doublement inversées.
Suivant une sensibilité différente des impressionnistes, il ne s intéresse pas à la diffraction de la lumière sous l effet du clapotis de l eau et préfère atténuer les altérations de la lumière pour que la couleur envahisse la toile, créant ainsi une vision énigmatique, parfois à la limite de l abstraction. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Carlo Bugatti (Italien, 1856-1940)
Paire de fauteuils, c. 1902
garnis de parchemin sur le dossier et l’assise, à décor de feuilles et d’oiseaux stylisés. Le dossier droit est évidé en partie basse et les accotoirs sont pleins, à la façon d’une bergère. Les joues reçoivent un disque en laiton repoussé et ajouré, ceint d’un décor discoïdal géométrique marqueté de laiton, étain, bois clair et bois sombre qui se poursuit sur la ceinture. Le piétement tubulaire est orné d’un ruban de laiton estampé ; les pieds sont cubiques. L’entretoise latérale galbée est recouverte de parchemin ; sur sa face supérieure, une feuille de laiton estampée de dents de loup rappelle le décor de la partie supérieure des accotoirs.
Haut. 99, Larg. 55, Prof. 53,5 cm.
Haut. 99, Larg. 54, Prof. 54 cm.
(accidents et restaurations)
Provenance : vente au château d’Artigny, Me Rouillac, 16 juin 2019, n°90, collection particulière, Tours.
Bibliographie :
– « Catalogue commercial de la maison Bugatti « , Milan, modèle référencé sous le n°360.
– Philippe Dejean, » Carlo Rembrandt Ettore Jean Bugatti « , éd. du Regard, Paris, 1981, modèle référencé et reproduit p. 82
BUGATTI ET LE STYLE MAURESQUE
« Né à Milan en 1856, mort à Molsheim, en Alsace, en 1940, Bugatti fut célèbre au point d’oser répliquer à la reine d’Italie, venue le féliciter pour ses meubles de style « mauresque » à l’exposition de Turin de 1902 : « Vous vous trompez, Majesté, ce style est à moi ! ». Il eut trois enfants, dont deux fils qui éclipsèrent, de son vivant et jusqu’à nos jours, sa propre gloire : Rembrandt Bugatti, le sculpteur animalier, et Ettore Bugatti, le constructeur d’automobiles. »
Présentation de Carlo Bugatti sur le site internet du Musée d’Orsay.
Carlo Bugatti se distingue par la richesse de ses créations, dont l’inspiration lui vient notamment de l’observation de l’artisanat islamique, s’inscrivant en cela dans le mouvement de l’orientalisme et la lignée de l’Aesthetic movement anglais. Empruntant au vocabulaire ornemental du Proche-Orient ses fines colonnettes en cuivre et ses incrustations de nacre sur fond de bois sombre, il développe dès les années 1880 une gamme de mobilier particulièrement originale. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Louis Majorelle (Français, 1859-1926)
Bibliothèque aux pins, c. 1904
en placage de courbaril et acajou massif sculpté, mouluré et nervuré. La façade, ouvrant par trois portes vitrées dans la partie supérieure, est marquetée d’un décor d’hortensias en bois précieux dans la partie inférieure. Les portes sont séparées par des chapiteaux finement sculptés en haut-relief de cônes de pin. Les montants latéraux, légèrement curvilignes, se terminent par des motifs de pommes de pin et reprennent ce décor à la réception. La base mouvementée repose sur des pieds d’angle dit « Eléphant ».
Deux clés naturalistes en bronze d’origine (l’une accidentée).
Epoque Art Nouveau, c. 1904.
Haut. 203 Long. 194 Prof. 41,5 cm.
Provenance :
– vente à Grenoble, Me Sadde, 17 juin 2012, n°9,
– collection tourangelle.
Bibliographie : Alastair Duncan, « Louis Majorelle, Master of Art Nouveau design », Thames et Hudson, London, 1991, Bibliothèque reproduite page 182, n° 59, 60 et 61.
« Majorelle, acteur de l’art moderne, pour cette bibliothèque conjugue talent et virtuosité, créant ce superbe meuble tout en dynamisme, souplesse et modernité. Elle allie fonctionnalité et raffinement, élégance et solidité. Elle s’embellit de courbaril, un bois dur tropical venant d’Amérique du Sud, recherché pour son veinage marqué. »
Chantal Humbert, Gazette Drouot, juin 2012. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Travail des années 1920-1930
Lampe dôme
en métal et verre moulé incolore. Verre en dôme renversé figurant des oiseaux dans les nuages. Montant en gaine orné de trophées de fleurs. Ombilic orné de feuilles et de fleurs. Piétement circulaire.
Haut. 50 Diam. 36 cm. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Pierre Chapo (Français, 1927-1987)
Banquette à coulisse L07, modèle créé en 1963
en orme massif, composée de deux bancs de lattes à claire voie coulissant l’un dans l’autre. Leur matelas à charnière s’ouvre comme un livre.
Haut. 23 Long. 196 Larg. fermée 76, ouverte 140 cm.
Provenance :
– meuble acheté 5.136 francs à la galerie Chapo, pour un appartement de la région parisienne,1984
– par descendance, collection particulière, Tours.
Le bois anime tout le travail de Pierre Chapo. Ce matériau, traditionnel par essence, est employé par l’artiste dans des formes contemporaines s’adaptant au goût de la modernité. « A la manière d un équilibriste, le créateur tente de combiner le fonctionnalisme de la vie domestique moderne avec l importance capitale qu il accorde au travail sur les proportions » (in Yannick del Papa, « Pierre Chapo un artisan moderne », Magen H Gallery, 2017, p. 17). Chapo partage ainsi avec des personnalités comme Isamu Nogushi ou Charlotte Perriand une affection pour les formes organiques et sculpturales. Par sa double rangée de lattes à claire voie, la banquette L07 joue sur les ombres portées. Les commodes R03 et R14 avec leur montage apparent traduisent quant à elles l’intérêt du créateur pour les notions de solidité et de sincérité. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Jacques Adnet (Français, 1900-1984) pour la Compagnie des Arts Français
Bar roulant, années 1930
en métal chromé, plexiglas, aluminium et placage de palissandre. Il ouvre en partie supérieure par un abattant foncé d’un miroir sur un bac à glaçons en métal laqué beige. Deux portes fermant à clé ouvrent sur le côté du caisson du bar. Deux plateaux foncés d’un miroir reposent de l’autre côté. Il repose sur quatre roulettes.
Haut. 81,5 Long. 90 Prof. 53 cm.
(état d’usage, petits accidents et manques, une poignée du plateau médian accidentée)
Bibliographie:
– Catalogue de la Compagnie des Arts français, n°131
– Alain René Hardy Gaëlle Millet, « Jacques Adnet », L Amateur, Paris, 2009, modèle référencé et reproduit p. 227.
« La collaboration entre Süe et Mare au sein de la Compagie des Arts Français, initiée en 1919, cesse en 1927. L affaire est reprise par le principal actionnaire des Galeries Lafayette qui souhaite adjoindre à l atelier de la Maîtrise une filiale prestigieuse. Jacques Adnet est alors nommé par Maurice Dufrêne directeur artistique de la maison à laquelle il donne une nouvelle orientation tournée vers l avant-garde avec des collaborateurs comme Charlotte Perriand, Djo-Bourgeois, Francis Jourdain et René Herbst. La galerie entièrement rénovée est inaugurée le 10 octobre 1928. »
Cartel du Musée des Arts Décoratifs, Paris.
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Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Pierre Guariche (Français, 1926-1995)
Lampadaire « cerf-volant », G30, modèle créé vers 1954
en métal laqué et laiton.
Edition Pierre Disderot.
Haut. 148,5 cm.
(manque la tirette d’interrupteur)
Provenance : acquise dans les années 1950 par un ingénieur tourangeau ; par descendance.
Bibliographie : Delphine Jacob, Lionel Blaise, Aurélien Jeauneau, « Pierre Guariche », Paris, Norma, 2020, pp. 60 et 75.
Si l applique G25 est présentée pour la première fois à l occasion de l exposition urbaine de Saint-Dizier en 1954, c est au cinéma, dans le film « Votre dévoué Blake » de Jean Laviron, qu elle est véritablement mise en lumière. Le lampadaire G30 est exposé la même année au Salon des Artistes Décorateurs. Jouant avec les rayons lumineux, la voile en métal perforé créée la surprise, valant à cette série le nom, attribué a posteriori, de « cerf-volant ». Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Jacques Adnet (Français, 1900-1984)
Buffet en enfilade géométrique
en placage de merisier. Il ouvre en façade par trois vantaux à décor de pointe de diamant dont le centre est encadré de quatre rangs de moulures concentriques. Il repose sur deux pieds ornés de huit stries sur une base à pans coupés.
Haut. 120 Larg. 220,5 Prof. 45,2 cm.
(rayure en partie supérieure)
Provenance : collection d’un château de la vallée de l’Indre. Voir le lot
Par ROUILLAC à Tours
le 27/11/2022 : Travail art-déco des années 1940
Meuble de milieu en confident
en placage d’ébène de Macassar et loupe. La structure géométrisante est ornée d’un plateau bilobé et de trois niveaux d’étagères, à décor de carrés de loupe dans les angles.
Haut. 69,5 Larg. 80 Prof. 80 cm.
(taches, éclats)
Provenance : collection d’un château de la vallée de l’Indre. Voir le lot