Des tableaux de maîtres flamands aux enchères à Monaco
par Clémentine Pomeau-Peyre
L’Hôtel des Ventes de Monte-Carlo ouvre sa saison estivale avec une sélection de tableaux anciens et du XIXe siècle, le 28 juin à Monaco. Focus sur trois peintures flamandes de styles et d’époques différentes.
Les primitifs flamands sont les peintres actifs aux Pays-Bas, et plus précisément dans les villes de Bruges, Gand, Tournai, Bruxelles ou Anvers entre le XVe et le XVIIe siècles. Dans cette période d’activité artistique très intense, ces peintres vont introduire deux innovations majeures pour l’histoire de l’art : la peinture à l’huile, qui permet d’obtenir une luminosité et un rendu des détails inédits, et le réalisme des représentations, des visages humains aux intérieurs et décors.
Parmi les grands noms de cette époque, Pieter Brueghel l’Ancien qui est également le chef de la dynastie familiale Brueghel. Dans la vente de l‘Hôtel des ventes de Monte-Carlo du 28 juin, la représentation du Massacre des innocents (scène biblique au cours de laquelle le roi Hérode ordonne le meurtre de tous les enfants de moins de 2 ans) « est une réinterprétation par Abel Grimmer de la peinture autour du même thème de Pieter Brueghel l’Ancien. Il a repris l’essentiel de la composition mais en réduisant le format de moitié et en ajoutant quelques variantes », analyse le cabinet Turquin chargé de l’expertise du tableau (estimé 60 000 à 80 000 euros). Artiste anversois, Abel Grimmer est classé dans les peintres flamands baroques, il a beaucoup représenté la vie quotidienne, le passage des saisons, avec souvent une note d’humour. Le sujet de ce tableau ne s’y prête pas, « il est souvent interprété comme une dénonciation des pillages que l’armée espagnole menait à l’époque dans les Flandres, et de la politique répressive des Habsbourg », indique le cabinet Turquin.
Flamands baroques ou gothiques
Le second tableau est une représentation du Golgotha par un artiste de l’entourage de Jan Provost : « Ce tableau appartient aux derniers feux de l’école de Bruges à la fin du XVI siècle, on peut y percevoir l’influence de la grande tradition flamande gothique, mais aussi une inflexion alors en cours sous l’influence grandissante de la Renaissance italienne, et qui se sent sur les premières œuvres de Gérard David ou Hans Memling », analyse le cabinet Turquin (qui a estimé le tableau entre 60 000 et 80 000 euros). Pour exemple, les armures des trois soldats situés à droite du tableau sont inspirées de l’Antique, ornées de spirales et d’épaulettes dorées : autant de détails qui se retrouvent chez les « maniéristes anversois », au moment où leur ville prend l’ascendant d’un point de vue artistique sur Bruges.
Terminons avec un panneau plus tardif, daté du XVIIe siècle, par un suiveur de Marcellus Coffermans, artiste du XVIe siècle actif à Anvers. Ce tableau religieux comme la majorité des sujets de Coffermans représentent une Vierge à l’Enfant veillée par les anges (1 500 à 2 000 euros).
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