Le 30 mai 2022 | Mis à jour le 30 mai 2022

5 choses à savoir sur Aristide Maillol

par Magazine des enchères

Alors que le musée d’Orsay célèbre « la quête de l’harmonie » à laquelle s’adonna, sa vie durant, Aristide Maillol, à travers une grande exposition rétrospective dévoilant l’ensemble de sa production, des premières peintures aux sculptures féminines intemporelles, une Baigneuse estimée à plus de 90 000 euros sera vendue aux enchères par Crait + Müller le 3 juin à Paris. L’occasion de revenir sur le parcours d’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle.

 

1. Il débute sa carrière en tant que peintre

Originaire de Banyuls-sur-Mer, Aristide Maillol (1861-1944) grandit dans le sud de la France, élevé par sa tante qui l’encourage à suivre des études d’art. A l’aube de ses vingt ans, il s’installe à Paris où il s’intéresse exclusivement à la peinture et se forme à l’Ecole des Beaux Arts auprès de Jean-Paul Laurens, Jean-Léon Gérôme et Alexandre Cabanel. En 1890, il rejoint le groupe des Nabis et se lie d’amitié avec des artistes tels que Pierre Bonnard, Edouard Vuillard ou encore Maurice Denis. Ces derniers l’encouragent à réduire sa palette de couleurs, simplifier ses formes et jouer de la planéité du support. Ses premières peintures s’inscrivent dans la lignée de Paul Gauguin et du maître de la peinture murale, Puvis de Chavannes.

 

Aristide Maillol (1861-1944), Baigneuse blonde assise, 1920-1930, huile sur carton, 28 x 28 cm. Adjugée 57 344 euros par Ader le 19 novembre 2021 à Paris.

 

2. Il multiplie les médiums avant de se tourner vers la sculpture

Sur les conseils de son ami Paul Gauguin, Maillol délaisse la peinture pour se tourner vers la tapisserie, la broderie et finalement la sculpture. Après de petits formats réalisés en terre cuite, pierre ou bois, il découvre sa véritable vocation. « Mes statues, ce sont les poèmes de ma vie. Au lieu de m’expliquer en vers, je m’explique par la sculpture ». En 1900, il réalise ses premiers bronzes qui témoignent déjà d’un goût pour la forme pure, préfigurant son œuvre à venir. Il s’attire les faveurs d’Auguste Rodin qui proclame en tenant entre ses mains l’un de ses bronzes : « Si le mot génie, improprement appliqué à tant de gens, aujourd’hui, a encore un sens, c’est bien ici… »

 

3. Il rompt avec la tradition narrative pour atteindre une pureté formelle

Fervent admirateur de l’art antique, Maillol s’inspire de l’art égyptien, ainsi que de la sculpture grecque archaïque et classique, mais entend façonner une œuvre ex-nihilo. « Je travaille comme si rien n’existait, comme si je n’avais rien appris. Je suis le premier homme qui fait de la sculpture », écrit-il. En quête de formes simples, le sculpteur s’éloigne du sujet pour atteindre une harmonie formelle pure et dénuée de détails superflus. Ainsi, au Salon d’automne de 1905, il recourt à un titre impersonnel pour présenter sa dernière création, Femme, inspirant une critique élogieuse à André Gide : « Elle est belle ; elle ne signifie rien ; c’est une œuvre silencieuse. Je crois qu’il faut remonter loin en arrière pour trouver une aussi complète négligence de toute préoccupation étrangère à la simple manifestation de la beauté. » Cette sculpture, renommée plus tard Méditerranée, compte parmi ses œuvres les plus emblématiques.

 

Aristide Maillol (1861-1944), Baigneuse debout, 1900, épreuve en bronze à patine brune nuancée, fonte au sable Edition par Ambroise Vollard à partir de 1902 Signé  » Aristide Maillol  » sur la droite de la terrasse, 63 cm. Estimée entre 90 000 et 120 000 euros.

 

4. Il a fait du corps féminin son thème de prédilection

Dès 1895, Maillol commence à s’intéresser au nu féminin. Il peine néanmoins à trouver des modèles. A Paris, les modèles sont coûteux, tandis que les jeunes femmes du sud se soucient de l’impact qu’une telle activité pourrait avoir sur leur réputation. Son épouse, Clotilde Narcisse, devient alors sa muse. Elle lui inspire ses premiers chefs-d’œuvre, à l’instar de Méditerranée, La Nuit et L’Action enchaînée. En 1904, le comte Kessel l’interroge sur l’absence de figure masculine dans ses sculptures. Au mécène allemand, Maillol répond : « Parce que je n’ai pas de modèle. Rodin, lui, peut se payer autant de modèles qu’il veut, mais nous autres artistes nous devons ordinairement nous servir de nos femmes. » Kessel lui présente alors Gaston Colin, qui pose pour Le Désir et le Cycliste. Mais Maillol préfère résolument sculpter les courbes féminines : « C’est bien plus facile. Chez un homme, il y a toujours quelque chose, un muscle, où se rattraper. Chez les femmes, il n’y a rien, pas de formes, il faut tout inventer. » Jusqu’à la fin de sa carrière, il se consacre aux femmes, à leurs corps qu’il aime plantureux, en harmonie avec ce qu’il considère comme le « type méditerranéen généreux et structuré ».

 

5. Il comptabilise une vingtaine d’enchères millionnaires

Dina Vierny, dernière muse de Maillol a, depuis la mort de l’artiste, entrepris de diffuser son œuvre par l’intermédiaire d’une fondation éponyme. En 1994, elle lui offre un premier écrin à Banyuls-sur-Mer, avant d’inaugurer au 61 de la rue de Grenelle, dans le 7e arrondissement parisien, le Musée Maillol, dont l’aménagement intérieur est confié à l’architecte Pierre Devinoy. Autant de cadres prestigieux qui ont contribué à hisser Maillol au rang des plus grands sculpteurs du XXe siècle et parmi les plus cotés sur le marché. L’artiste comptabilise ainsi une vingtaine d’enchères millionnaires, avec un record établi en 2013 à 6,1 millions d’euros pour La Rivière, une fonte de 1970 portant le cachet de Georges Rudier.

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