Le 9 avril 2014 | Mis à jour le 10 avril 2014

Thiollier, un œil de peintre derrière l’objectif

par Interencheres

Peintre et photographe, Félix Thiollier (1842-1914) n’a jamais considéré la photographie comme un art à part entière, à l’égale de la « divine » peinture. Pourtant, il est l’un des précurseurs de la photographie de paysage. De 1870 à 1914, frustré de ne pas être l’artiste-peintre qu’il rêvait de devenir, Thiollier se met à la photographie et multiplie les clichés. 

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L’homme, qui ne se considérait nullement comme un artiste photographe, laisse derrière lui un fonds de 27 000 clichés dont certains seront exposés dans le monde entier : de New-York, à Tokyo en passant par le musée d’Orsay de Paris qui lui a consacré une grande rétrospective en 2012.

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Jeudi 17 avril 2014, cent ans après la mort de Thiollier, ses descendants et successeurs décident de confier une partie de son fonds photographique à Maîtres Agnès Carlier et Dominique Imbert. La vente aux enchères se tiendra à Saint-Etienne et en direct sur le Live d’Interencheres.

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Félix Thiollier aimait photographier les paysages et la nature. Son œil de peintre et sa relation amicale très forte avec Auguste Ravier se ressentent dans son travail. Dans « Bord de rivière » (estimation 1 000 à 1 500 euros, photo 1) le cadrage, auquel il apporte une importance particulière, donnent aux arbres une grande force graphique, aux airs de tracés contemporains. La rivière, quant à elle, apparaît comme une sorte de plaque de métal sur laquelle on pourrait marcher sans difficulté. « Enfants se promenant sur un chemin » (estimation 1 000 à 1 500 euros, photo 2) nous montre par ailleurs la facilité avec laquelle il intègre l’homme au paysage, comme s’il faisait partie de la nature sauvage.

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La commissaire-priseur Agnès Carlier a eu un coup de cœur pour « Chemin enneigé » (estimation 1 200 à 1 800 euros, photo 3) : « Je trouve ses paysages enneigés exceptionnels. Félix Thiollier pose un œil neuf sur la photo, un œil de peintre. Je suis heureuse de pouvoir mettre en lumière, à travers cette vacation, l’homme érudit, l’ami des peintres et la figure stéphanoise hors du commun qu’était Félix Thiollier ».

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L’amitié du photographe avec Auguste Ravier l’emmène jusqu’en Italie, où il prend de nombreux clichés, présentés lors de l’exposition du musée d’Orsay pour beaucoup et aujourd’hui mis aux enchères. Avec les photographies « Le Mont Palatin » (estimation 400 à 600 euros, photo 4) ou « Temple de Saturne » (estimation 300 à 500 euros, photo 5), il propose des visions romantiques de Rome. Il tire également le portrait de son fidèle ami avec « Le peintre Ravier à Optevoz » et « Le peintre Ravier au bord d’un étang près de Morestel » (estimation de 1 200 à 1 800 euros chacune, photo 6 et photo 7), mais aussi de sa fille : « Portrait d’Emma Thiollier », estimé de 1 000 à 1 500 euros (photo 8).

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Passionné d’architecture, Thiollier s’intéresse à Saint-Etienne, sa ville natale. Il capte notamment ses ruines de façon froide, sans beauté, mais néanmoins très réaliste. Le spectateur découvre le vrai visage du berceau de la première révolution industrielle par son objectif (« Saint-Etienne » tirage estimé de 800 à 1 000 euros, photo 9).

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Polyvalent et curieux, Félix Thiollier n’est reconnu que depuis peu. La quasi-totalité de ses œuvres appartenant à ses descendants, il est extrêmement rare de le trouver sur le marché de la photographie. Les estimations des clichés s’étalent de 150 à 2 000 euros.

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Lien vers l’annonce de vente

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