Le 16 décembre 2013 | Mis à jour le 17 décembre 2013

Pellicules d’un voyage en Orient

par Interencheres

Le vendredi 20 décembre 2013 à Paris, Maître Vincent Wapler propose aux enchères l’œuvre d’un des plus grands photographes itinérants du XIXe siècle : Louis De Clercq. 

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Issu d’une famille aisée du nord de la France, Louis De Clercq (1836-1901) futur député du Pas-de-Calais manifeste dès son plus jeune âge un vif intérêt pour l’archéologie et la photographie. A 23 ans, le jeune apprenti obtient l’occasion d’allier ces deux vocations grâce à son beau-frère qui lui présente l’archéologue Emmanuel-Guillaume Rey (1837-1916). Conscient de la qualité que peut apporter la photographie aux études archéologiques, ce dernier l’engage en tant qu’assistant pour une expédition gouvernementale dédiée à l’étude des traces des croisades en Syrie. Les deux hommes quittent Paris en août 1859 pour débarquer dans la ville de Lattakié où débute une épopée de cinq mois. Après avoir étudié les plus grandes cités avoisinantes telles que Tripoli ou Jérusalem, De Clercq quitte son aîné en janvier 1860, la mission accomplie.

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Mais le jeune aventurier, ayant pris goût à la photographie itinérante, décide de prolonger son expédition afin d’immortaliser de son propre point de vue la ville sainte, l’Egypte et pour finir l’Espagne. Touché par le virus des prises de vue à la fois archéologiques et documentaires, le jeune Pas-de-Calaisien rentre sur le territoire français les bagages remplis de négatifs qu’il décide d’exploiter à son propre compte. C’est un ensemble monumental de six tomes comprenant 222 tirages qui est publié la même année à compte d’auteur, bannissant toute collaboration avec l’archéologue Guillaume Rey.

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Un de ces ensembles de six albums reliés en cinq tomes du photographe publié à cinquante exemplaires connus est proposé aux enchères par Maître Vincent Wapler à Paris le vendredi 20 décembre 2013. Le Voyage en Orient, villes et monuments, relié de plats en percaline rouge, dévoile successivement photographies et panoramas de vues pittoresques de la Syrie, croisades, vues de Jérusalem et lieux saints, monuments égyptiens et paysages ibériques. Parmi les sites visités par Louis De Clercq, la ville de Tripoli, fief des croisées francs de 1109 à 1289, fait l’objet de plusieurs clichés. Un des panoramas effectué par le photographe révèle l’activité portuaire de la cité médiévale. Ces épreuves, à l’image des prises de vue des toits de Séville, soulignent le grand sens de composition des paysages du photographe. Les clichés contrecollés sur carton nous permettent de voyager parmi les plus grandes contrées orientales, à la découverte de traces de peuples anciens, telles que des prises de vue du temple d’Horus situé à Edfou, l’un des plus importants temples égyptien après Karnak. Louis De Clercq a également retranscrit en photographie les étapes du chemin de croix, un travail sans précédent mis en situation par la présence de légendes à l’image du cliché de la sixième station décrite comme le moment où « Sainte Véronique essuie la face sanglante de Jésus ».

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Du travail de l’homme, il reste ces albums, preuves d’un voyage itinérant sur les traces de la religion estimées de 150 000 à 200 000 euros. La passion de Louis De Clercq pour ces contrées lointaines se concrétisera également par la constitution d’une collection archéologique léguée à l’Etat en 1968, selon ses propres vœux, et conservée au département d’Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre.

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Lien vers l’annonce de la vente

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