Le 22 juin 2018 | Mis à jour le 3 juillet 2018

Une centaine d’œuvres de René Gruau aux enchères à Antibes

par Diane Zorzi

Samedi 30 juin 2018 à Antibes et sur le Live d’Interencheres, Maître Philippe Conseil dispersera aux enchères plus de 120 œuvres de René Gruau, provenant de la collection de l’un de ses amis. Estimées de 20 à 8 000 euros, elles retracent le riche travail de cet artiste à la fois peintre, dessinateur de mode et affichiste publicitaire.

 

Du dessin de mode à l’affiche publicitaire

Au détour d’une rue, devant un cinéma ou un théâtre, au fil des pages d’un magazine de mode, les créations de René Gruau (1909-2004) parlent au badaud comme au plus éclairé. Il faut dire que pendant plus de cinquante ans, ses affiches publicitaires annonçant la sortie d’un film ou les dates d’une pièce de théâtre ont inondé l’espace public, de même que ses illustrations de mode ont fait la couverture des plus grands magazines tels Femina, L’Officiel, Vogue, ou Harper’s. « Ses amis Jacques Fath, Lucien Lelong, Christian Dior, lui ont permis d’exercer ses talents aux services de la Publicité en lui confiant le lancement de leurs parfums (Miss Dior, Rouge Baiser, Diorama,etc). Puis, très vite, l’élégance, la liberté, la souplesse et la force de son dessin ont séduit d’autres publicitaires qui lui ont commandé des créations pour Le Lido, Le Moulin Rouge, Air-France, Perrier, ou encore Chocolat Lindt », détaille Maître Philippe Conseil qui dispersera aux enchères samedi 30 juin 2018 à Antibes et sur le Live d’Interencheres plus de 120 œuvres de l’artiste, provenant de la collection de l’un de ses amis intimes.

 

Des œuvres estimées de 20 à 8 000 euros

Estimées de 20 à 8 000 euros, les lithographies, affiches, dessins, aquarelles et toiles mises en vente retracent le parcours diversifié de cet artiste passionné de dessins et d’architecture depuis son plus jeune âge. « Il a eu plusieurs périodes. Il a réalisé des affiches pour des films tels que La Dolce Vita de Federico Fellini (estimée entre 30 et 50 euros), des projets pour de grands décorateurs parisiens, des dessins de mode et même des costumes pour des ballets de Roland Petit. »

D’un geste vif et assuré, Gruau dépeint ainsi des danseurs, des acteurs, des personnages de théâtre japonais, des samouraïs. Des élégantes, mystérieuses et raffinées à l’image du mannequin Kouka Denis, égérie de Dior et d’Yves-Saint-Laurent, lui inspirent aussi une esquisse au feutre de 1957 (estimée entre 1 200 et 1 500 euros) et une encre noir et aquarelle sur papier de 1964 (estimée entre 2 000 et 3 000 euros).

 

 

Dans le sillage de Toulouse-Lautrec et Hiroshige

Cette œuvre graphique, Gruau la décline aussi en peinture, à travers des compositions abstraites et décoratives, telles que l’Élégante au manteau de 1992 (estimée entre 5 000 et 7 000 euros) ou la Composition en noir et rouge (estimée entre 2 000 et 3 000 euros). « Ces toiles reprennent le dessin synthétique et les coloris vifs employés au sein de ses projets publicitaires. »

René Gruau est un héritier des affichistes du début du XXe siècle. Ses figures féminines évoquent celles qui peuplent les cabarets et cafés montmartrois au sein des lithographies de Toulouse-Lautrec ou Jules Chéret. « Mais comme ses illustres prédécesseurs, Gruau est surtout redevable de la simplification qui caractérise les estampes japonaises du XIXe siècle. » Sur les traces d’Hiroshige, René Gruau use de contrastes, applique ses couleurs en larges aplats, joue de la planéité de son support, dans des œuvres originales où quelques lignes nettes suffisent à suggérer le mouvement d’une hanche et à saisir la spontanéité d’une expression.

 

 

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